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Des nouvelles de : ITW SAMMY MEJIA, LES SOUVENIRS D'UN MVP

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Les années ont passé mais les images restent bien ancrées dans les mémoires des supporters choletais, qui se souviennent avec nostalgie de l'artiste Samuel MEJIA (1,98 m), de ses numéros de funambule et de son élégance inégalée dans la Pro A de l'époque. Et pourtant, le Dominicain de New York aurait facilement pu être oublié, aussi rapidement qu'il n'était arrivé, de façon anonyme fin septembre. Débarqué dans les Mauges afin de repeupler une ligne arrière orpheline du duo Rodrigue BEAUBOIS - Nando DE COLO, son CV n'avait rien de très enthousiasmant. Il y avait bien une sélection à la draft 2007, en 57e position par les Pistons, mais aucune apparition en NBA et deux premières saisons professionnelles partagées entre la D-League, dont le niveau n'avait rien à voir avec celui d'aujourd'hui, la petite équipe italienne de Capo d'Orlando, le club grec de Larissa où il n'était pas payé et une pige estivale en République dominicaine. D'ailleurs, ses premiers pas en Pro A avaient été très poussifs (5,7 points à 27% et 1,4 d'évaluation en octobre) mais Erman KUNTER avait su se montrer patient et lui avait toujours renouvelé sa confiance. L'entraîneur franco-turc n'a jamais eu à le regretter. Dès que l'enfant du Bronx a trouvé son rythme de croisière, plus personne n'a su l'arrêter.

Désormais, Sammy MEJIA symbolise les plus belles années de l'histoire de Cholet Basket. Avec lui, CB découvrit les joies d'un titre de champion de France, remporta le Match des Champions 2010, participa à l'EuroLeague pour la seule fois de son existence et termina à deux reprises en tête de la saison régulière. Individuellement, il récita une partition parfaite lors de la finale de Pro A remportée 81-65 contre Le Mans (12 points à 3/8, 6 rebonds, 7 passes décisives et 5 interceptions pour 21 d'évaluation), fut performant lors de la campagne d'EuroLeague (15,1 points) avec notamment un festival lors d'un exploit contre le Fenerbahçe Istanbul (82-78) qui lui valut le trophée de MVP de la journée (29 points à 10/15, 5 rebonds et 3 passes décisives pour 35 d'évaluation) et décrocha surtout la distinction très convoitée de meilleur joueur étranger du championnat en 2010/11 grâce à des performances de haute volée (18 points à 51%, 5,1 rebonds et 4 passes décisives pour 18,6 d'évaluation). Un trophée à la valeur quelque peu atténuée par la défaite au buzzer en finale de Pro A contre le SLUC Nancy (74-76), avec une prestation individuelle en demi-teinte (15 points à 4/15). La dernière image que le public français a pu avoir de l'ailier dominicain, avant de le voir s'envoler vers des cieux plus rémunérateurs, la Russie et la Turquie.

Six ans et demi plus tard, nous avons retrouvé Sammy MEJIA le mardi 19 décembre, dans un hôtel de la banlieue lyonnaise, à Caluire-et-Cuire, avant de défier l'ASVEL en EuroCup. Son deuxième retour en France après un quart de finale d'EuroCup, déjà, contre le Paris-Levallois en 2015. L'homme n'a pas changé. Il avait une réputation de gentleman à Cholet. Il est toujours aussi agréable, affable et bavard.

Il en va de même pour le joueur, toujours aussi fluide, élégant et (surtout) performant. À bientôt 35 ans, l'ancien Choletais est actuellement le troisième à l'évaluation du championnat turc (19,1, simplement devancé par Vladimir Stimac et Caleb Green), avec le leader ex-aequo de la BSL, le Tofas Bursa. Depuis qu'il a quitté les Mauges en 2011, il a échoué à se faire une place au CSKA Moscou, tout en perdant la finale de l'EuroLeague 2012 au buzzer (après avoir compté 19 points d'avance en seconde mi-temps, contre l'Olympiakos, sur ce fameux tir de Georgios PRINTEZIS), avant de nouer une idylle avec la Turquie. Vainqueur du championnat russe et de la VTB League dans un rôle anecdotique avec le CSKA de KIRILENKO et TEODOSIC, il trouva refuge à Bandirma. Sous le maillot de Banvit, il retrouva rapidement des couleurs, créa la surprise en 2013 en atteignant la finale de BSL, fut élu MVP du championnat en 2014 (par les entraîneurs et GM) et il s'offrit une place dans le meilleur cinq de l'EuroCup en 2015. De quoi retrouver le gratin européen ? Oui, il reçut plusieurs offres émanant de clubs d'EuroLeague. Mais l'ex-étudiant de DePaul University opta finalement pour la... seconde division turque, convaincu par le projet exposé par le Tofas Bursa ainsi que par la possibilité de retrouver son ancien entraîneur, Orhun ENE. La suite des évènements lui a donné raison. Après une saison 2015/16 d'intense domination en TB2L, conclue par le titre de champion, Bursa a bouclé son retour en BSL avec un bilan équilibré, ce qui lui a permis de rejoindre l'EuroCup pour cet exercice 2017/18. En position de force après six journées dans la première phase (4-2), l'équipe turque a vu le Top 16 lui filer sous le nez en perdant ses quatre dernières rencontres, dont le déplacement à Villeurbanne le 20 décembre (74-84). En Turquie, Tofas Bursa brille encore plus et est le club surprise de cet automne 2017. Habitué des excellentes saisons régulières (28-2 en 2013/14 avec Banvit !), le New-Yorkais vit un nouveau parcours idyllique avec un fauteuil de leader à la trêve (11-2), partagé avec le champion d'Europe, le Fenerbahçe Istanbul. Il a fallu attendre le 17 décembre et la 11e journée, avec la réception de la troupe de Zeljko OBRADOVIC pour voir Bursa chuter. Et comme dit, tout se déroule à la perfection d'un point de vue individuel pour Sammy MEJIA, auteur de 14,8 points à 57%, 5,1 rebonds et 3,4 passes décisives de moyenne. Inoxydable, malgré le poids des ans. De quoi se créer de nouveaux souvenirs. Tout en conservant "les jours heureux de Cholet" dans un coin de la tête.

Sammy, si je vous dis Cholet, qu'est ce que vous évoque ?

Des souvenirs ! Cela représente vraiment des jours heureux pour moi. Ma fille est née à Cholet donc cela me fait aussi penser à elle. Cholet, c'est égalemet les bonnes relations avec mes coéquipiers, mes entraîneurs et le public. J'ai vraiment apprécié mon passage là-bas, je suis très fier d'y avoir passé deux années. Ma femme et moi avons adoré la France : l'histoire, la culture, la nourriture, tout... En dehors de la Turquie, c'est le pays auquel je me sens le plus lié.

Vous appartenez à l'histoire du Cholet Basket mais pourtant, vos premiers pas n'ont pas été facile du tout... Votre départ a longtemps été murmuré au début.

Avoir des difficultés est un peu inévitable lorsque vous arrivez dans un nouvel endroit. Avant Cholet, j'étais en Grèce et le style de jeu est extrêmement différent. Je suis arrivé tard dans la présaison, le groupe se connaissait déjà et il m'a fallu un mois pour être à l'aise dans cette équipe. L'entraîneur (Erman KUNTER) a été super avec moi, il est resté patient et m'a beaucoup aidé. Je me sens chanceux et fier de pouvoir appartenir à l'histoire du Cholet Basket.

Oui, de voir que les supporters vous considèrent comme l'un des meilleurs joueurs de l'histoire du club, j'imagine que c'est une fierté ?

C'est quelque chose de grand ! J'aime ces supporters, je me suis très bien entendu avec beaucoup d'entre eux. Je me rappelle de la naissance de ma fille où tellement de fans sont venus à l'hôpital pour nous apporter des cadeaux, nous féliciter ou passer un peu de temps avec nous. J'ai apprécié toutes les journées passées à Cholet, les bonnes comme les mauvaises au final. Ce sont des moments dont je me souviendrai pour le reste de ma vie.

[Nous lui montrons la photo d'équipe de Cholet Basket avec le trophée de champion de France 2010]

(Grand sourire) Oooh, cette photo est vraiment belle. Je me rappelle qu'ils l'avaient affiché sur des grands panneaux publicitaires en pleine ville. À l'époque, j'étais plus jeune, je me rends mieux compte maintenant de ce que nous avons fait et je savoure encore plus. Et regarde moi ces gars (il sourit). Je me suis fait de bons amis là-bas. Je parle toujours fréquemment avec Randal (FALKER). J'ai aussi gardé contact avec Fab (CAUSEUR), Christophe (LÉONARD), Antywane (ROBINSON), Marcellus (SOMMERVILLE), Kevin (SÉRAPHIN), John (LINEHAN) évidemment. Erman (KUNTER) est en Turquie (entraîneur du Galatasaray Istanbul, ndlr et on se voit assez souvent, la dernière fois il y a deux semaines. J'ai vraiment tissé des liens solides. C'est bon de voir cette photo, avec tous les supporters derrière. Ils étaient géniaux. C'était vraiment une belle année. Il y a Mickaël (GÉLABALE) aussi ! C'est une légende ici. Il joue où maintenant ?

La saison suivante, il y avait un adolescent nommé Rudy GOBERT qui commençait à s'entraîner avec vous. Vous étiez à ses côtés lors de son premier match professionnel, contre Pau, à l'occasion de la Semaine des As 2011...

(Il coupe avec un grand sourire) Et regardez où il en est maintenant ! C'est marrant car quand j'étais à Cholet, il était vraiment le plus jeune. Il venait aux entraînements avec nous mais ne jouait pratiquement jamais en match (deux en 2010/11, ndlr). Mais tout le monde s'est rendu compte de son potentiel ! Il est grand, son envergure est immense, il court et saute facilement, il est dissuasif en défense. Après, est-ce que je pensais qu'il pourrait se transformer en ce Rudy GOBERT là ? Honnêtement, je ne crois pas. Je savais qu'il était très prometteur mais c'est incroyable de voir ce qu'il est devenu, il est vraiment un grand joueur. J'ai pu discuter avec lui à quelques reprises sur Twitter ou Facebook. Je suis fier de lui, content pour lui, il le mérite. C'est bien, il y a beaucoup de grands joueurs qui viennent de Cholet (il sourit).

Par exemple, il y a Fabien CAUSEUR qui est arrivé à Cholet en même temps que vous, en provenance du Havre. Il joue maintenant au Real Madrid et peu sont ceux qui auraient pu le prédire. Vous saviez qu'il pourrait devenir un si bon joueur ?

Oui (il le répète cinq fois). Je me rappelle que l'on était toujours l'un face à l'autre lors des entraînements et il avait toujours à cœur d'être le meilleur possible face à moi. Je le respecte pour cela. Je crois que mon départ lui a donné une belle opportunité et un grand champ d'expression. Il a su saisir sa chance (en terminant MVP Français de Pro A, ndlr). Maintenant, quand je le regarde jouer à la télé, cela me rend heureux. Je suis vraiment content de ce qu'il est devenu.

On peut aussi citer Kevin SÉRAPHIN, qui a connu une belle trajectoire depuis Cholet...

Son potentiel NBA sautait aux yeux. Le voir drafté n'était vraiment pas une surprise. C'est un big man costaud, puissant, qui peut courir et sauter : il avait tout en magasin. Je ne sais plus combien de temps il est resté en NBA, six ou sept saisons (sept, ndlr), mais c'est remarquable. Et maintenant, il est à Barcelone... Il le mérite, je suis heureux pour lui. Je n'y avait jamais songé mais il est vrai que presque tous les joueurs de cette équipe ont ensuite connu beaucoup de réussite. (Il désigne les joueurs sur la photo). Randal (FALKER) a été MVP de Pro A, John (LINEHAN) est le roi de France, Marcellus (SOMMERVILLE) joue encore très bien et j'espère qu'il remontera en Pro A, Antywane (ROBINSON) a été performant dans plusieurs championnats, Christophe (LÉONARD) est en Pro B, tout le monde connait la carrière de Mickaël (GÉLABALE)... [Que sont devenus tous les champions en 2010 ? À lire ci-dessous, ndlr.] Erman KUNTER est reconnu pour cela. Il a le nez pour repérer les joueurs talentueux, ou ceux avec du potentiel. Tous ceux qui passent entre ses mains tournent bien ensuite. Ça en dit beaucoup sur ses qualités et comment il sait tirer le maximum de ses joueurs.

Vous dites que vous discutez encore souvent avec lui ?

Tout le temps ! Erman est devenu un ami maintenant.

Et êtes-vous toujours en contact avec John LINEHAN ?

Oui ! Il est maintenant dans le Connecticut, à Hartford. Il est l'assistant-coach des Hartford Hawks en NCAA.

La saison suivante, c'est lui qui vous fait perdre la finale sur un lay-up au buzzer...

Je n'ai jamais aimé le format de la finale sèche en France. Bon, je crois savoir qu'ils l'ont changé depuis mais même une équipe qui joue mal toute la saison pouvait gagner la finale. Certes, après, il y a eu Nanterre mais au moins, avec une série en trois manches gagnants, tu peux accepter leur victoire. En une rencontre, c'est plus dur. Ce match de 2011 nous a fait mal. Je n'ai pas joué à mon meilleur niveau, d'autres gars de l'équipe aussi. Nous avons perdu au buzzer donc c'était douloureux bien sûr. Mais revenir en finale fut aussi un accomplissement, les supporters avaient de quoi être fiers de nous.

2010/11, c'est également la saison où vous avez été élu MVP de Pro A.

C'était super pour moi ! J'étais très différent de maintenant à l'époque. Mais j'avais des coéquipiers géniaux. On jouait l'un pour l'autre, on se soutenait et on adorait passer du temps ensemble. Ce sont des choses qui pouvaient se voir lorsque l'on était sur le terrain. Cette saison-là, j'ai eu la chance de trouver un bon rythme de croisière. J'avais une relation spéciale avec le coach et j'ai essayé de faire de mon mieux car il m'avait donné de grandes responsabilités. C'est lui qui m'a ouvert cette fenêtre de possibilité, j'ai simplement voulu répondre du mieux possible à ses attentes.

En quoi n'êtes-vous plus le même joueur maintenant ?

J'ai beaucoup plus d'expérience. Je vois le basket différemment, avec plus de maturité, sous tous ses aspects : ce n'est plus seulement un jeu pour moi, mais aussi des relations humaines avec les coéquipiers, le temps passé dans le vestiaire, plein de petits détails comme cela. J'estime mieux la valeur de ces choses. J'essaye de profiter un maximum de ma situation et d'aider les jeunes à progresser le plus rapidement possible

C'est à Cholet que votre carrière a véritablement décollé non ? Avant, vous aviez évolué en D-League, en Italie puis en Grèce, mais jamais dans un grand club.

Évidemment ! Ce fut un premier pas pour en arriver où je suis maintenant. Je dois dire que mes deux années en France représentent la première fois où j'ai vraiment accepté le fait de jouer en Europe. Vous savez, tout basketteur rêve d'évoluer en NBA. Mais c'est à Cholet où je me suis résolu à l'idée de ne pas y être, où je me suis investi dans mon métier de basketteur, immergé dans la culture locale et vraiment décidé d'apprécier ce que je faisais. Je crois que cela s'est vu sur le terrain. Surtout, cela nous a rendu beaucoup plus heureux avec ma famille. J'ai démarré tout en bas et j'ai réussi à atteindre les sommets, c'est génial. Je suis heureux de toujours pouvoir jouer à un bon niveau actuellement. J'en profite vraiment et je n'oublie pas que tout a démarré à Cholet. C'étaient les jours heureux ! Il n'y avait pas tant de pression que cela, comparé à ce que j'ai pu connaitre lors des saisons suivantes. On jouait, on prenait du plaisir et on essayait de gagner, c'était bien (il sourit).

Après Cholet, vous avez rejoint les rangs de l'un des plus grands clubs d'Europe, le CSKA Moscou. Mais cela ne s'est pas déroulé comme vous l'espériez... Vous n'avez eu que très peu de temps de jeu.

Le basket est un jeu, un sport mais c'est aussi un business ! Parfois, il faut faire ce qui est le mieux pour soi. C'était une belle année pour moi, j'ai tellement appris à Moscou. Pensez-y : j'arrivais de Cholet et je me retrouvais à jouer dans l'une des meilleures équipes d'Europe. Le management, la culture de club : tout était si différent. Cela m'a permis de découvrir une autre facette du basket européen, de savoir ce qu'il faut faire pour jouer à ce niveau. J'ai mieux compris comment marchent les choses et ce qu'il faut pour être un bon club. Je ne regrette rien de ma période au CSKA, j'ai vraiment adoré. Je suis resté en contact avec certaines personnes, dont le président avec qui j'ai une très bonne relation.

Et maintenant, cela fait cinq ans et demi que vous êtes en Turquie. C'est devenu votre seconde maison ?

Voilà, je suis chez moi en Turquie maintenant. Cela fait longtemps que j'y vis et j'y ai connu beaucoup de succès. Ma deuxième fille est née en Turquie. C'est marrant : Erman est l'un de mes entraîneurs préférés et il est Turc. Idem pour mon coach actuel, Orhun ENE, avec qui je vis ma quatrième saison. On dirait que je m'entends bien avec les entraîneurs turcs (il sourit). Je suis heureux en Turquie, mes filles y sont scolarisées, ma vie est là-bas maintenant. Cela n'aurait aucun intérêt pour moi de changer de pays.

Que pensez-vous du basket turc ? De l'extérieur, on a l'impression que c'est la nouvelle place forte du basket européen.

Tout à fait. C'est très, très fort. C'est un vrai défi de jouer en Turquie. Il n'y a aucun match facile. Si vous ne jouez pas sérieusement, vous allez perdre contre n'importe quelle équipe. La Liga ACB a longtemps été le meilleur championnat en Europe mais je crois que nous avons désormais un niveau plus élevé en Turquie. La BSL progresse chaque saison : de gros CV arrivent chaque été, de grands noms du coaching aussi. C'est vraiment bien pour moi de pouvoir jouer ici.

Vous avez même joué une saison en seconde division turque, un an après avoir été désigné MVP de BSL. Vu de France, cela parait insensé...

Je comprends mais j'y suis allé pour le projet de Tofas. J'avais des offres en EuroLeague, cela a pu rendre mon choix assez incompréhensible aux yeux de certains. Mais mon ancien coach de Banvit m'a appelé, m'a décrit le projet, comment il envisageait ma présence au sein de celui-ci et j'ai accepté le challenge. Cela faisait trois ans que j'étais en Turquie et je ne voulais pas partir. C'était la première raison. La deuxième était que je voulais travailler avec quelqu'un qui me connaissait déjà, en qui j'avais confiance. Il y avait cette possibilité de bâtir quelque chose ensemble. Et regardez-nous maintenant : nous sommes premiers en Turquie, avec une seule défaite le week-end dernier contre le Fenerbahçe.

En effet, tout semble se déroule parfaitement pour vous cette saison ? Individuellement, vous êtes le troisième meilleur joueur à l'évaluation du championnat turc et votre équipe est leader de BSL.

Merci, on essaye, on essaye (il sourit). Je joue pour un excellent club, il y a tout pour réussir ici. Ils font tout pour nous mettre dans les meilleures dispositions. Venir à Bursa fut l'une des meilleures décisions de ma carrière et je suis ravi que les résultats sportifs suivent. J'espère que l'on pourra tirer le maximum de notre potentiel cette saison.

Lors de vos saisons choletaises, vous n'arrêtiez pas de répéter que votre objectif était de rejoindre la NBA, vous qui avez été drafté par Detroit sans jamais pouvoir y jouer. Ce but n'a pas été atteint, mais êtes-vous satisfait de ce que vous avez accompli dans votre carrière ?

Je suis extrêmement satisfait. Je crois que mon parcours m'a aidé en grandir en tant qu'individu, en tant que père. Quand vous passez autant de temps loin de chez vous, vous apprenez à vous adapter à toute situation, à apprécier des choses que vous négligez lorsque vous êtes près de vos proches. Ma famille est très soudée maintenant, je suis devenu très proche de mes filles. Je ne pourrais pas imaginer un meilleur scénario. Toute ma famille aime la vie en Turquie et nous sommes tous en bonne santé, nous profitons de notre temps ici.

Combien de temps pensez-vous encore pouvoir jouer ?

Je ne pense pas à ça. Comme d'habitude, la seule vision d'avenir qui occupe mes pensées est celle du prochain match. Je me sens bien physiquement, toujours en bonne santé. Je pense que c'est mon corps qui décidera de l'arrêt de ma carrière. Je ne sais pas quand. Peut-être dans un an, peut-être deux, peut-être plus. Si je suis chanceux, je peux même encore jouer quatre ou cinq saisons (il sourit). Pour tout vous dire, je n'ai même pas encore pensé à mon après-carrière car si vous réfléchissez à votre reconversion, cela veut dire qu'elle est toute proche.

Continuez-vous à suivre les résultats de Cholet ?

Je ne parle plus à personne au sein du club mais je continue à regarder occasionnellement ce qu'ils font. Maintenant, tout est différent, même Fano (l'intendant) est parti. Je les suis mais je ne suis pas en relation avec eux. Thierry (CHEVRIER, le directeur de CB) est-il toujours-là ?

De l'extérieur, on a l'impression que le lay-up de John Linehan en finale en 2011 a cassé la dynamique du club. CB n'a plus connu de bilan positif depuis 2012, navigue autour de la quatorzième place depuis quatre saisons. Il y a certes du mieux cette année mais les supporters sont un peu désabusés et regrettent la perte de l'identité du club, avec un fort turnover de joueurs chaque saison.

Vraiment ? Je ne le savais pas... Énoncé comme ça, cela en dit beaucoup sur les supporters de Cholet qui sont de vrais connaisseurs de basket. Ils aiment leur club. Je me suis senti chanceux de pouvoir jouer devant eux toutes les semaines. La Meilleraie était pleine lors de chaque match.

Et même en ce moment, malgré les résultats décevants, elle est loin d'être vide...

Ah, toujours (il sourit) ! C'est bien. C'est un super endroit pour jouer au basket. Pour un joueur, c'est idéal de jouer devant une salle remplie, de pouvoir donner aux supporters ce qu'ils méritent. Je suis sûr que Cholet saura retrouver le chemin du succès prochainement.

Que sont-ils devenus ? Les champions de France 2010

  • #5 Fabien CAUSEUR (22 ans lors du titre) : En voilà un qui a dépassé toutes les attentes ! Sacré lors de sa première saison avec Cholet, il a ensuite été MVP Français de Pro A en 2011/12, capitaine d'une équipe qualifiée pour le Final Four de l'EuroLeague (Vitoria 2015/16), champion d'Allemagne en 2017 et défend désormais les couleurs du Real Madrid, lui qui s'était initialement fixé un horizon en Pro B.
  • #6 Mickaël GELABALE (27 ans) : Si sa carrière en club est digne d'un cadre du guide du Routard depuis son départ de Cholet, il est devenu une légende de l'équipe de France entre temps. Multimédaillé et champion d'Europe avec les Bleus, le Guadeloupéen est revenu en France depuis 2014 où il est désormais engagé dans une mission sauvetage du champion, l'Élan Chalon.
  • #7 Thomas LARROUQUIS (25 ans) : Très performant avec Vichy lors de la saison suivant celle du titre choletais, il n'a ensuite jamais pu confirmer à ce niveau, la faute à une succession de blessures. Il évolue depuis 2016 en NM2, avec Garonne.
  • #8 Arvydas EITUTAVICIUS (27 ans) : Champion de France pour sa seule saison en Pro A, ce qui reste le seul trophée de sa carrière professionnelle. Il a ensuite évolué en Grèce, en République tchèque, en Ukraine, en Pologne et en Lituanie. Toujours présent en deuxième division lituanienne la saison dernière, il a désormais stoppé sa carrière professionnelle et joue désormais, avec Lavango Group, dans le championnat amateur de la ville de Klaipeda.
  • #12 Christophe LÉONARD(20 ans) : Grand espoir à l'époque, le Guyanais n'a malheureusement jamais réussi à percer, victime de nombreuses blessures. La poisse ne l'a toujours pas quitté puisqu'il n'a pas encore joué de la saison, en Pro B, avec Poitiers.
  • #13 Kevin SERAPHIN (20 ans) : Blessé pour la finale mais drafté en 17e position dans la foulée par Chicago, il a passé sept saisons en NBA et disputé 433 matchs avec Washington, New York et Indiana malgré un temps de jeu fluctuant. Il semble avoir repris le fil de sa carrière en 2017, retrouvant l'équipe de France après cinq ans d'absence et des minutes au FC Barcelone, où il "kiffe sa vie", de son propre aveu.
  • #14 Randal FALKER (24 ans) : Défenseur dévoué de cette équipe choletaise, il fit un MVP surprenant de Pro A en 2014 avec Nancy. Vu en Grèce et Roumanie depuis son départ du SLLUC en 2016, il a joué un mois en Argentine en novembre dernier avant d'être coupé par Salta Basket.
  • #15 Maxime CHUPIN (20 ans) : Choletais d'origine et aperçu à cinq reprises cette saison-là, il a réussi à faire carrière en Nationale 1, d'abord avec Angers puis Saint-Chamond. Champion avec le SCB en 2015, il est parti à Brissac en NM2 et il vient de retrouver la troisième division cette saison avec le BAB.
  • #16 John LINEHAN (32 ans) : Au sommet de sa carrière cette saison-là, "Le Virus" remportera le premier de ses deux titres consécutifs, le second en 2011 suite à un buzzer beater en finale contre... Cholet. Retraité depuis décembre 2013, il s'est reconverti dans le coaching avec des postes dans les universités de Temple, de Brown et, depuis l'été dernier, de Hartford.
  • #18 Antywane ROBINSON (26 ans) : Resté un cadre du championnat de France avec six saisons en Pro A aux alentours des 13 d'évaluation, il postule actuellement pour le deuxième titre de sa carrière, au Portugal, avec le Benfica Lisbonne, leader presque invaincu (une seule défaite) de LPB.
  • #20 Marcellus SOMMERVILLE (28 ans) : Le joueur étranger le plus fidèle à la France ? Professionnel depuis 2006, il vit actuellement sa dixième saison en LNB. Relégué en Pro B avec Orléans, il est resté l'un des leaders de l'OLB, bien parti pour retrouver l'élite du basket français.
  • Entraîneur : Erman KUNTER (53 ans) : Libéré par Le Mans en février 2017, "Le Malin du Bosphore" a repris le Galatasaray Istanbul l'été dernier. Le début de saison n'est pas conforme aux attentes avec une décevante onzième place en Turquie. La qualification pour le Top 16 de l'EuroCup rehausse le bilan.

Source : BeBasket

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