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ITW Jonathan Rousselle : « Si je suis resté, c’est que j’y crois »

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Jonathan Rousselle, le meneur de Cholet Basket (Pro A) revient sur les raisons qui l'ont fait rempiler à CB. Et sur la saison écoulée où il a pris une nouvelle envergure. Entretien.

Jonathan, votre décision de rempiler ou non a pris du temps. Pourquoi ?

J'applique souvent un conseil qu'un ancien de mes coaches m'a toujours dit. C'est que pendant la saison, tu penses équipe et qu'à l'intersaison, tu penses un peu plus à toi. À ce qui est le mieux pour toi et ta famille. J'avais des envies. Celle d'un autre challenge, de playoffs… Il fallait peser le pour et le contre, et prendre le temps de ce qu'il était possible de faire ou pas. Au final, le plus logique était de revenir ici.

Alors même qu'en fin de saison, la probabilité d'un départ était devenue envisageable…

Je ne cache pas que j'avais clairement le souhait de jouer le haut de tableau, une Coupe d'Europe. Surtout les playoffs… Après, entre ce que tu souhaites et la réalité des choses, c'est souvent différent. Je m'en suis rendu compte. Très honnêtement, regarder les playoffs à la télé, ça me fatigue ! J'avais vraiment envie d'y participer. Là, ça fait trois ans que ça se passe super bien à Cholet. J'adore ce club mais c'est vrai, j'avais envie en tant que sportif de vivre d'autres moments de pression que ceux d'un match pour le maintien. C'était de la mauvaise pression. J'avais envie de frissons ! Quitte à réduire mon rôle.

Et qu'est-ce qui vous a convaincu dans le fait que Cholet était encore le club le mieux placé pour ce que ce soit le cas ?

Je n'ai aucune garantie, je ne suis pas fou. Mais après, si je suis resté, c'est que j'y crois. Que c'est faisable, que le travail qui est fait ici est de qualité. Il y a aussi une dimension familiale qui a joué, et une dimension sportive. Parce que le challenge qui m'est proposé n'est pas neutre. J'aurai des responsabilités. En pesant le pour et le contre, je me suis dit qu'il y avait une certaine logique à rester ici, pour un an.

Vous parlez de responsabilités. Vous avez l'assurance d'être le meneur titulaire ?

Je n'aime pas ce côté « avoir l'assurance de ». Mais l'équipe doit être constituée avec moi en tant que numéro un. C'était le souhait du coach. Il m'a dit que pour lui, j'avais mérité ça au vu de la deuxième partie de saison. C'est le projet sportif qu'il me propose. Après, il y a les plans, ce que tu mérites, et ce que tu fais. Le coach peut très bien avoir une idée en tête au début de l'année, et changer au bout d'un mois parce que ça ne répond pas aux attentes. J'aurai l'opportunité d'avoir les rênes, mais il faudra être à la hauteur, et c'est le plus gros défi.

Parmi les clubs où vous auriez pu atterrir, on a beaucoup parlé de Nanterre et de Limoges. Voire d'un retour à Gravelines…

(Il coupe). Je n'ai pas forcément envie de balancer. C'est le passé. J'ai resigné avec Cholet. Comme tout le monde le sait, je donnerai tout pour ce club-là. Mon envie, d'abord, de partir, n'a rien changé en termes de motivation pour le projet qu'il y a ici, bien au contraire. Si j'ai fait le choix de revenir, c'est que c'est un choix fort. J'avais envie de jouer des matches autres que le maintien, comme depuis trois ans. D'où cette situation-là, d'attente. Mais je repars boosté…

Vous avez explosé en 2ème partie de saison. C'est une affaire de confiance ou, à 27 ans, de maturité ?

Je pense qu'il y a un mélange. Il y a l'âge. Quand je suis arrivé ici, il y a trois ans, j'étais à mon avis beaucoup trop hésitant et trop respectueux des coéquipiers, du collectif. J'étais trop lisse. Je ne voulais pas prendre de risques par peur de mal faire. Mais je me suis rendu compte que ce n'est pas pour ça qu'on m'avait recruté. Donc, ça a été un processus, avec les différents coaches que j'ai pu avoir ici. Ça a été beaucoup de remises en question. Et cette année, quand l'opportunité s'est présentée, quand le coach a eu besoin de moi pour assumer des responsabilités, j'ai pu répondre présent. C'était un mix de confiance, de maturité, d'expériences malheureuses où j'ai appris. Et aussi d'apport du coach, en termes de qualité de jeu.

Cette relation avec Philippe Hervé a joué les boosters, vraiment ?

De Laurent Buffard à Jérôme Navier, et ce n'est pas un discours de façade, tous ont su m'apporter quelque chose. Mais avec Philippe, j'ai une relation qui est tout aussi particulière, parce qu'il me donne beaucoup de confiance. J'essaie de lui rendre au mieux. Mais je sens qu'il a confiance en moi. Et ça, pour un joueur, c'est un truc inestimable. C'est aussi pour cela que je suis de retour.

Vous avez resigné un an, alors qu'on vous en proposait deux. C'était aussi pour se caler avec la fin de contrat de Philippe Hervé ?

Bien sûr, ça ne peut pas être une coïncidence. Malgré toute l'affection que j'ai pour le club, resigner deux ans en sachant que le coach ne sera pas là la 2ème année, c'est une vraie prise de risque pour moi. Qui n'est pas légitime. Parce que tu as envie de bosser avec des gens qui sont contents de toi. Si un jour Philippe n'est plus à Cholet et que moi j'y suis, un nouveau coach peut arriver en étant obligé de faire avec moi. Et ce n'est pas un truc dont tu as envie en tant que joueur. Tu as envie que ton coach te choisisse. Mon contrat, c'est donc pour coller au coach (sic). Et si le coach reste, alors on discutera de bosser derrière. Mais je ne me voyais pas rester deux ans, alors que financièrement, ça aurait été très intéressant. Mais je ferai toujours des choix sportifs avant de faire des choix financiers.

Votre image en Pro A a aussi beaucoup évolué. De bon « back-up », vous êtes devenu un meneur titulaire qui assume et s'assume. Le vrai progrès, il est là ?

Clairement. Ça n'est plus un défi insurmontable, pour moi, que de mener l'équipe à bon port, pour l'année prochaine. J'ai réussi à le faire la saison dernière. Le but est de le faire sur une saison entière, en étant sans doute aussi plus attendu. C'est un défi, et c'est pour cela que je suis revenu. Pour confirmer, et changer définitivement de statut en Pro A. Être un peu plus respecté, aussi…

En avril, Vincent Collet a officialisé une présélection de 37 noms (le Team France Basket), pour les échéances de la Coupe du Monde et des Jeux Olympiques 2020. On y retrouve un garçon comme Axel Julien (Dijon), que vous devancez en termes de statistiques et d'impact, cette saison. Ne pas y être, c'est une déception ?

Je ne vais vous mentir… Forcément, cela en est une. C'est que je n'ai pas dû faire le nécessaire. Il doit manquer quelque chose à mon jeu. Je vais m'atteler à prouver, prouver, et prouver. Parce qu'il n'y a que ça à faire. Ce n'est pas en parlant qu'on prouve des choses, c'est en bossant qu'on les acquiert. Mais j'ai pris acte.

Pour revenir à cette saison, on a le sentiment que cette équipe de CB était difficile à cerner. Qu'elle était capable de coups d'éclats aussi impressionnants que les trous d'air qu'elle a pu connaître. Vous avez le sentiment d'un gâchis ?

Je pense vraiment que ce groupe-là méritait mieux, mais qu'il avait aussi ses limites physiques et mentales. Ça a fait qu'il y avait beaucoup d'aléas. Mais je vais le répéter : je n'ai jamais vécu dans un groupe qui vivait aussi bien. Et à mon avis, c'est cela qui nous a permis de faire face à des moments difficiles. Ce groupe me manquera, à travers son entente. J'espère qu'on referra quelque chose de similaire. Parce que quand on a moins d'argent, moins de talent, il faut compenser avec ce genre de choses. Des valeurs… Le plus bel exemple en date, c'est Le Portel ! C'est à cela qu'il faut s'identifier. Parce qu'à Cholet Basket, on n'a pas les moyens pour faire venir des joueurs incroyables. Mais il ne va pas falloir se lamenter, mais avancer.

(Source : Ouest-France)

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