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Championnat

Les Espoirs si près, si loin

Auteurs d'une magnifique série au début de l'hiver, les Espoirs choletais ont finalement signé un exercice honnête, marqué par une 3e place finale. Pour CB, c'est aussi la fin d'un cycle. Car au terme de la saison, il fallut laisser s'envoler Maginot ou Chevrier...

Et la jeune garde, comment va-t'elle ? Bien, merci pour elle. Avec la formation et les Espoirs, CB se plaît à faire dans l'éternel recommencement, et dans le renouvellement continuel des générations porteuses. Celle qui amena CB jusqu'au 3e rang du championnat n'aura pas trahi ses aînés. Et dire que tout avait pourtant mal commencé ! Sans doute pas rodée, la bande à Régis Boissié trébucha d'abord sur le seuil de sa saison.

Monaco, le déclic

Avec trois revers de suite en apéritif de saison, Maginot et consorts apprirent par eux-mêmes à grandir dans la difficulté. Mais une saison est aussi affaire de déclic. Celui qui vit CB écraser Monaco (108-44 ; 23 points, 11 rebonds et 36 d'eval' pour Léo Maginot), lors de la 4e journée, en fut assurément un des plus éloquents. De fait, il contribua à littéralement désinhiber CB, qui dans la foulée accoucha d'une série qui eut le mérite d'expliciter les mérites choletais. Jusqu'à décembre, et portée par une vague de huit succès de rang, Cholet s'arrima ainsi, et comme il fallut, au peloton de tête. En apothéose, cette victoire devant Le Havre, dans une Meilleraie conquise par un Antoine Chevrier de gala, ce soir-là (21 points à 70%).

Car si l’œuvre se doit d'abord d'être collective, elle est aussi synonyme de confirmations et de révélations individuelles. Et confirmations, il y eut. Dans ce registre, il faudra saluer le tableau de celui qui disputera là sa 16e et dernière saison avec le club qui l'avait vu grandir. Retenu pour prendre part au camp LNB en fin d'exercice, Antoine Chevrier clôturera l'année en qualité de maître-artilleur de l'escadron choletais (43 % à trois points sur la saison, soit la meilleure adresse du championnat) et apte, ponctuellement, à sortir le très grand jeu (4/6 devant Nanterre ; 6/9 devant Paris-Levallois derrière l'arc). Il inscrira même son 1 000ème point avec les Espoirs de CB lors de la rencontre face à Limoges le 19 mars 2016, un record peu égalé dans le championnat U21.

Smock is back !

Quid des révélations ? Rassurons donc : Cholet en eut également son lot. Ce fut tantôt Youri Morose, habile à élever son niveau de jeu, dans la continuité du titre de Champion de France Cadets de 2015, pour lequel il fut l'un des artisans (11 points, 6 rebonds et 9 passes contre Dijon). Ce fut également un Rigo Edzata dont les errements s'effacèrent de plus en plus au fil de la saison, pour laisser la place à une très belle densité dans la peinture (18 points et 11 rebonds, à titre d'exemple, devant Limoges). Assurément, le Congolais est un solide rencard pour l'avenir. Ce fut aussi un Ywen Smock dont la fracture de la malléole, contractée en début de saison 2014-15, laissa des traces tenaces, jusqu'à ce que des feuilles de stats bien remplies, lors des succès devant Strasbourg (79-62) et Le Mans (69-52), jouent là aussi les déclics (15 points et 11 rebonds, puis 14 points et 11 rebonds ; MVP de la 26e journée), au point de faire du Choletais un atout de taille pour la fin de saison. Ce fut enfin un Abdoulaye N'Doye pour qui l'avenir s'inscrit sans aucun doute à proximité des cimes. Si et seulement si l'ascension est humble et régulière...

Bref, ce CB-là, très inspiré balle en main en deuxième phase (au point de terminer 2e attaque du championnat) aura longtemps endossé le parfait habit de l'outsider potentiel, avant de laisser quelques miettes en fin de parcours (dont une défaite d'un tout petit point au Havre), qui hélas annihilèrent ces chances, il est vrai fort minces, d'inquiéter d'intraitables Palois, finalement sacrés Champions de France. Sans doute déçu, assurément usé, CB n'eut pas les jambes nécessaires pour s'offrir une fin en apothéose. Clairement, le Trophée du Futur ne fut le symbole le mieux choisi d'une saison globalement réussie (défaite dès les quarts de finale devant Chalon). Mais encore une fois, avec les départs annoncés de Chevrier (vers La Rochelle, N2), Maginot (Gries-Oberhoffen, N1) et Smock (Denain, Pro B), Cholet a vu pousser les siens. Puissent-ils partir pour grandir encore.

TROPHÉE DU FUTUR

La saison fut belle, le Trophée du Futur aurait pu en être le cerise sur le gâteau. Mais, face à un adversaire les ayant battu deux fois (l'Elan Châlon), CB ne parvint pas à prendre sa revanche. Cholet prit pourtant le match par le bon bout, en s'échappant dès le premier quart-temps (21-13, 10e). Mais, lors du deuxième quart-temps, un grand Assane N'Doye permet aux Bourguignons de refaire leur retard, en en revenant à -1 (32-31, 20e). Au retour des vestiaires, l'Elan accélère et prend les devants, malgré un très bon Antoine Chevrier (41-49, 30e). Dans l'ultime période, les Maugeois sont dans les cordes, bien que Corentin Lopez et Antoine Chevrier trouvent la mire à 3pts. L'abattage intérieur des Châlonnais, avec 45 rebonds, fait finalement très mal à CB qui s'incline de quatorze longueurs (55-69).

TROPHÉE COUPE DE FRANCE

Cholet entre en lice en seizièmes de finale, mais dans un derby du Maine-et-Loire à suspense, il est éliminé par l'EOSL Angers. Le vécu et l'expérience des coéquipiers de Johan Rathieuville et Ahmed Fellah, anciens du centre de formation de CB, aura fait la différence. Cholet avait pourtant bien démarré ce match, avant de se faire dépasser et d'être mené en fin de premier quart-temps (20-22, 10e). Bien porté par ses intérieurs, notamment Rigo Edzata, Darel Poirier et Ywen Smock, Cholet s'accroche, avant de laisser filer les Léonards (32-41, 20e). Ces derniers parviennent à faire un break, comptant une quinzaine de longueurs d'avance au coeur du troisième quart-temps, mais, bien portés par leurs shooteurs, les Maugeois réduisent petit à petit l'écart (50-62, 30e). La fin de match est accrochée, avec le retour du suspense. La réussite primée permet aux hommes de Régis Boissié de refaire leur retard, avec un retour à une possession dans l'ultime minute, mais deux lancers permettent finalement à l'EOSL de crucifier CB dans les derniers instants (75-80).