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1975/1976 (Championnat Régionale des Réserves)

1er rang : Jacques PORCHER, Thierry ABELARDLaurent BITEAU, Denis VIVION, Jean-Claude PIONNEAU.

2ème rang : Michel LEGER (Président), Jean-Luc LELAURE, Guy BARUZIE, Jacques BODET, Laurent GRIMAUD, Yves OGER (Entraîneur).

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saison_75-76_photos_dequipes.jpg, par a3web

 

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Championnat

Une compétition et un club face à l’inconnu sportif

CB entame sa toute première saison sportive en championnat des réserves au niveau national.

L’équipe joue un match de préparation face aux Long Beach All Stars, une équipe américaine. Une défaite honorable 121-103 mais l'entrée en matière est plus que satisfaisante.
Pendant cette saison, les joueurs affrontent les réserves des clubs nantais de l'ABC, de l'Hermine et de l'ASPTT, des équipes mancelles du SCM Le Mans 2 et 3, de St-Pavin et de la JALT, des vendéens de la Roche s/Yon et enfin de la JF Cholet.

Le championnat est très disputé et les résultats sont positifs pour les hommes d'Yves Oger. Ils termineront deuxième derrière les intouchables du SCM Le Mans. Au passage, CB a étrillé par deux fois la Jeune France 2 : 66-27 puis 70-31 dans un affrontement particulier au vu des évènements de l’intersaison.

Le club organise une superbe soirée de fin de saison avec comme marraine Annie Cordy. Le Président Michel Léger s’active pour disposer d’un foyer pour recevoir l’ensemble des équipes et créer une vraie dynamique de club. Un terrain est trouvé à la Choletière au 16 rue de la Rochefoucault, reste maintenant à monter les murs. En coulisse une vraie bagarre administrative avec les différentes instances du basket-ball se déroule pour pouvoir être intégré dans un championnat en réelle valeur avec son potentiel sportif mais le combat semble perdu d’avance.

Globalement pour le club, la saison s'est déroulée comme espérée et laisse entrevoir de beaux jours. Pourtant la déception est grande lorsque les dirigeants apprennent que leur équipe fanion va devoir débuter son premier vrai championnat en division départementale Promotion Excellence.

Mais peu importe finalement, l'objectif final reste le même : l'accession en Nationale 1, l'élite de l'élite.

Extrait du livre "Cholet Basket : 25 ans au sommet" de Michel Gourichon

Le contexte de l'époque

Nous sommes dans les années 70. La Jeune France de Cholet évolue en Nationale II. La section basket créée en 1927 et présidée par Michel Léger depuis quelques années est la locomotive de ce patronage fondé en 1906.

Le basket en France, à Cholet…

Le basket, amateur, suit progressivement la mutation du sport de haut niveau ; Il se professionnalise. Les premiers joueurs américains font leur apparition dans l’hexagone à partir de 1954. Ils sont quatre en 67/68 puis quinze en 68/69 après que Robert Busnel, président de la FFBB a autorisé les clubs à engager deux étrangers. L’ASVEL, Antibes, Le Mans, Caen, Vichy, Berck … franchissent le pas.

La Nationale II n’est pas en reste. Le PUC, la JF, Orthez engagent à leur tour des joueurs d’outre atlantique. Gallagher, Terrell font équipe avec Joël et Alain Baudry, H.Hervy, JL.Allard, A.Barré,… En 74/75, l’équipe de NII est composée de : J.Baudry, B.Chailloux, W.Terrell, A.Baudry, Y.Lesur, R.James, H.Hervy, A.Barré, L.Biteau, L.Grimaud, B.Moreau, J.Lesur. Elle est entraînée par Dragos Niosévici.

Dans la salle Darmaillacq, 2000spectateurs accourent régulièrement pour soutenir les différentes équipes entraînées par Yves Oger. Les confrontations sont âpres ; Orthez, le CEP Lorient, les JSA Bordeaux, le Paris Université Club viennent mordre la poussière à Cholet. Plusieurs années, la JF est aux portes de la N I mais bute sur la seconde marche. En 1972, elle échoue face au PUC. En 1973, Orthez et son déjà bouillant président (Pierre Seillant) accèdent au haut niveau pour une saison, puis à nouveau en 1975 pour ne plus le quitter.

Les juniors choletais dominent leur catégorie, remportant le titre de Champion de France.

Des idées qui peu à peu s’opposent et s’affrontent.

C’est l’époque ou les patronages se débattent dans un amateurisme flou qui vire souvent au semi-professionnalisme. La folle épopée de Berck prend fin en 1975. A cheval entre amateurisme et professionnalisme, le célèbre club des frères Galle implose en vol après un titre de champion de France en 1973. A Limoges, messieurs Popelier et Biojout entament la structuration professionnelle du Cercle Saint-Pierre.

La Jeune France ne fait pas exception. Un désaccord profond oppose depuis plusieurs mois certains dirigeants de la section basket à ceux du patronage. « Il y avait un conflit à la JF. D’un coté, ceux qui voulaient y instituer le professionnalisme et se donner les moyens de monter un jour en nationale I. De l’autre, les fidèles à l’esprit patronage qui estimaient que les 2700 licenciés de la JF pouvaient être gênés du fait de l’expansion d’une section » se souvient Michel Léger. A la fin de la saison 73/74, des remous agitent le Comité Directeur de la JF. Les «fauteurs de trouble » sont plus ou moins officiellement écartés. Certains partent d’eux mêmes, se mettent en réserve. La section basket est montrée du doigt dans le patronage. Dans ce climat, la saison 74/75 est difficile, sportivement et humainement. Au mois de juin 75, c’est l’escalade. A quelques jours de l’assemblée générale, les joueurs rompent le silence. Par voie de presse, ils expriment leur crainte de l’avenir, leur volonté de ne pas participer à la dégringolade sans gloire. Ils appellent de leur vœu le retour de Michel Léger et de l’équipe dirigeante qui a conduit le club en nationale II. Le lendemain, la réponse du Comité Directeur fuse. Un communiqué de presse fait état de la situation incohérente dans laquelle est mise la section. La jeune France se refuse à confier la responsabilité de celle-ci à des gens qui n’en respectent pas le cadre d’existence et les objectifs…

Au matin du 18 juin 75, les joueurs sont avisés que le Comité Directeur ne donnera pas de suite favorable à leur requête. Ils donnent leur démission. Le soir, l’assemblée générale se tient salle Darmaillacq en présence de Michel Léger et de ses amis. Ni rapport moral ni rapport financier. Les élections se déroulent dans la plus grande confusion. Aux abords de 22h30,quarante-huit des soixante-dix-huit participants quittent la salle. « On s’est concerté trente secondes puis on s’est levé et on est parti », raconte Michel Léger. « Pas de gaieté de cœur. On était triste. D’autres beaucoup plus que moi qui n’était pas un ancien de la JF ». Cette fin de saison très houleuse marquera également la fin de l’aventure en nationale II de la JF. Des tentatives de médiation de la Commission des sports de la ville, désireuse de trouver un terrain d’entente et de réconcilier les parties auront lieu. En vain.

Et l’avenir ?

Une fois dehors, il faut réagir. Ceux qui sont sortis ont-ils une idée en tête ? Yves Oger se souvient de ce jour, difficile. « J’étais entré à la JF à 7 ans et toute ma carrière de basketteur était là. Nous n’avions pas d’idée précise, à part continuer à faire du basket. Sans Michel Léger, nous n’aurions jamais franchi le pas. Il fallait une foi à déplacer les montagnes pour oser ce pari et il nous l’a communiquée ». Dans l’immédiat, il leur faut trouver un endroit pour discuter calmement de la situation et envisager sereinement l’avenir.

L’appel du 18 juin

La naissance

Dans la semi-obscurité de la rue Darmaillacq, les «dissidents » partent à pied en direction de la gare et entrent dans l’hôtel Hervé (aujourd’hui hôtel de l’Europe). « On est entré, on s’est installé dans une arrière salle de l’hôtel et c’est alors qu’on a mis devant moi une feuille blanche. J’ai eu un moment de panique. J’ai cru que j’allais me sauver. Tout à coup, je me rendais compte du chemin parcouru à la JF et de l’ampleur de la tâche qui nous attendait » se rappelle Michel Léger. Très vite, les uns et les autres regardent vers le futur et évoquent la possibilité de créer un nouveau club de basket à Cholet. Cette idée avait bien effleuré les pensées face à l’impasse dans laquelle on se trouvait ; Mais assurément sans plaisir particulier.

Le défi

Pour ceux, dirigeants et joueurs, qui ont refermé derrière eux la porte de la JF, les arguments de Michel Léger et de quelques autres sont vite convaincants : il faut créer quelque chose de nouveau. L’idée de Cholet-Basket-club prend corps Mais le CBC (Caen-Basket-Club) existe déjà. Et bien, ce sera Cholet-Basket. Yves Oger pensait déjà aux supporters : «Pour scander un nom, il faut deux syllabes. Cé-Bé sonnait mieux que Cé-Bé-Cé. En plus, j’aimais bien le club de foot allemand Schalk 04. Alors, CB 49… ».
Monsieur Jean Abélard, responsable fédéral, avait auparavant souligné les difficultés d’une telle entreprise. Elles ne furent pas un frein à l’ardeur des initiateurs.
« Dans 10 ans, Cholet-Basket jouera en nationale I ! .. » Cette phrase que Michel Léger lança –et se lança à lui-même était-elle un défi ou de la pure folie…. Yves Oger ne se souvient pas avoir entendu cette phrase ce soir là. Lorsque quelqu’un la lui a rapporté quelques jours plus tard, il a eu cette réponse : « Avant qu’on joue en N I, on se prendra les pieds dans notre barbe ». D’ailleurs, les deux hommes ne portent toujours pas la barbe. L’encadrement technique et administratif fut tout trouvé, entre l’expérience fédérale des uns et les responsabilités au niveau départemental des autres. Rendez-vous était donné au mercredi suivant pour la première assemblée générale de Cholet-Basket. Mais cette chaude soirée du 18 juin 1975 restera longtemps dans la mémoire sportive de la ville.

Cholet-Basket, Premiers jours…

C’est officiellement le mercredi 25 juin 1975 que Cholet-Basket voit le jour, lors de son assemblée générale constitutive. C’est dans une salle de l’OMS, asile Lebœuf, que le nouveau club procède à sa première assemblée ; La plus importante, puisqu’il s’agit de définir des statuts et de former un bureau. Le dimanche précédent, au domicile de Michel Léger, Elie Baranger, futur président du comité départemental, avait élaboré les statuts.

Un grand nombre de joueurs sont présent à cette réunion, des seniors aux minimes. L’ensemble de l’ex-équipe première de la JF est là, de même que Willy Terrell et Ronald James, venus là comme sympathisants de Cholet-Basket ; un Willy Terrell qui prendra la route d’Orthez quelques semaines plus tard.
D’entrée, M Léger, en prenant la parole, retrace brièvement les événements qui ont conduit à la création de Cholet-Basket. Il rappelle surtout que le but de Cholet-Basket est la pratique exclusive de ce sport et que les jeunes joueurs en constitueront la base.
En présence de Monsieur Germain, président du Comité départemental, les statuts sont lus et approuvés par les membres présents. Il est procédé ensuite à l’élection et à la formation du bureau. Celui-ci est ainsi composé : président. M Léger ; vice-présidents. Y Oger(seniors) J Abélard(jeunes) ; secrétaire. E Baranger ; trésorier. J Courtin...
En l’absence de siège social, les premières inscriptions se feront chez Monsieur Bonenfant, garage Simca, rue du Paradis.
Il reste à choisir les couleurs. Mais le choix est rapide. Cholet-Basket portera les couleurs rouge et blanc du mouchoir de Cholet.

Quant à la salle, une demande va être faite pour pouvoir utiliser la salle de sports Joachim Du Bellay. Qui aurait pensé que cette salle deviendrait l’antre de CB et que les clameurs de ses supporters conduiraient les joueurs jusqu’aux sommets avant que la Meilleraie ne prenne le relais…

Les pionniers se souviennent…

Les premières installations

L’été sera riche en évènements. Un local est loué par les dirigeants de CB. Ce premier siège social est situé rue saint Bonnaventure, a coté du lycée Sainte Marie. On y accède par la rue de Livet.

CB prépare sa première saison

A l’aube de sa première saison, CB peut déjà compter sur 120 licenciés masculins qui se répartissent sur 12 équipes. Il reste maintenant à les engager dans les divers championnats. Pour les seniors 1, ce n’est pas si simple que cela : « On souhaitait ne pas recommencer au bas de l’échelle, avoir des dérogations pour jouer à un niveau correspondant à celui des joueurs que nous avions » se rappelle Y Oger.
Après maints retournements, la réponse officielle arrive : l’équipe première disputera le championnat des réserves nationales. « Ce qui nous a fait plaisir » rajoute t’il. Cela promet déjà des confrontations avec des formations particulièrement étoffées, puisqu’elles représentent l’antichambre des équipes premières appelées à pratiquer en Nationale I et II.

La saison 75/76 : entre doutes et espoirs

Sous les ordres de Yves Oger, l’équipe 1 de l’an 1 est composée de JL Lelaure, G Baruzié, J Bodet, L Grimaud, J Porcher, Th Abélard, L Biteau, D Vivion et JC Pionneau. Joueurs issus de la JF et nouvelles têtes vont lancer CB sur les terrains.

Cette première saison est d’abord à placer sous le signe des étoiles. Comme si les dirigeants voulaient qu’une bonne fée se penche sur le berceau de leur nouveau-né.
Pour son match inaugural, Cholet Basket est opposé aux Long Beach All Stars. Cette équipe américaine (célèbre à cette époque pour ses matchs exhibitions spectaculaires) entend bien faire le spectacle à Du Bellay. C’est dans cette formation que Michel Léger avait découvert Willy Terrell
Face aux qualités d’une telle équipe, Cholet Basket s’est renforcé. A leurs cotés, nous retrouvons les visages connus de Ronald James, Joël Baudry, Hubert Hervy, Yves Lesur, Bertrand Chaillou ainsi que deux joueurs des All Stars.
A l’issue d’un match palpitant et spectaculaire, les All Stars l’emportent 121 à 103. Mais quelle belle entrée en matière…
La seconde étoile s’appelle Annie Cordy. C’est à l’occasion d’un spectacle et de la remise de maillots aux jeunes joueurs du club que la chanteuse a été nommée Marraine de Cholet Basket.

Sur un plan sportif, cette première saison doit permettre de juger le niveau de ce club pour la saison prochaine. Les dirigeants espèrent ainsi pouvoir démarrer la saison 76/77 à un niveau régional pour le moins correct ; Le niveau national serait prétentieux.

Ce championnat n’est pas de tout repos pour les hommes d’Yves Oger. Les réserves de l’ABC Nantes, du SCM Le Mans, St Pavin, l’Hermine de Nantes, l’ASPTT Nantes et la JF Cholet vont affronter CB et permettre d’évaluer son niveau. Le championnat est rude, intense mais les résultats sont là. L’équipe termine seconde derrière l’intouchable réserve du SCM Le Mans.
Est ce un hasard ou le symbole d’un passage de flambeau ? Toujours est-il que CB domine par deux fois la JF, 66-27 à l’aller mais également 70-31 salle Darmaillacq. Biteau, Porcher, Bodet et Baruzié sont les principaux artisans de ce succès.
Fort de ces résultats, les dirigeants peuvent espérer figurer à un rang correct pour le championnat 76/77.
Lors de sa première assemblée générale, Michel Léger avait insisté sur la formation des jeunes, source et vitrine du sérieux, de la force et de l’ambition d’un club. Ses vœux seront exaucés puisque les Poussins rapportent le premier trophée du club en devenant champions du Maine et Loire. Ils ont pour nom : D.Blanchard, M.Loiseau, B.Oger, JM.Biteau, P.Girard et L.Fessel.

Ce premier titre décroché par une équipe de jeunes allait-il être le symbole d’une politique qui portera bien d’autres fruits ? L’avenir nous le dira mais la voie était ouverte…
Le haut niveau reste toujours présent dans l’esprit des dirigeants. Cet «appel du 18 juin » flotte comme un leitmotiv ; Alors, autant conclure la saison avec du beau spectacle. Ce 27 avril 1976, l’équipe yougoslave du Beko Belgrade donne la réplique à une équipe de CB, renforcée pour l’occasion par Willy Terrell, Willy Watson, Joël Baudry, et Yves Lesur. Sur le parquet, les adversaires de CB totalisent 307 sélections en équipe nationale. Cela en dit long sur la qualité de ces joueurs qui, avec les Russes, dominent, à cette époque le basket européen. Mais qu’importe…CB veut déjà côtoyer le niveau international et en donner un avant-goût à ses supporters.

A l’issue de cette première saison, le bilan est globalement positif. Chez les jeunes, la progression est intéressante ; Les efforts engagés pour la formation et l’encadrement apportent leurs premiers résultats. L’équipe 1 a montré de quoi elle était capable face à des formations de bon niveau. Pour les dirigeants, l’examen de passage est réussi ; Cela est de bonne augure pour la suite…Mais la déception est grande lorsque dirigeants et joueurs apprennent qu’il leur faudra partir du niveau départemental (promotion d’excellence) et ainsi gravir tous les échelons. « On nous avait trompé et fait perdre une année » se souviennent-ils. Déception d’autant plus grande que l’équipe réserve qui est championne de promotion d’excellence n’est pas autorisée à monter…
Qu’importe ! La volonté semble telle au sein de ce club que chacun va retrousser ses manches pour réaliser le rêve de tous : la Nationale I.

1976 sera la base du lancement de la fusée Cholet Basket. Après une année de mise en place et de tâtonnements, les choses semblent claires dans la tête des dirigeants. Ils vont doter CB des structures nécessaires à son décollage.

Un club house et une section féminine

La réalisation du siège social, rue de la Rochefoucaud (à deux pas de la salle Du Bellay), représente à lui seul cet esprit d’équipe et ce désir d’entreprendre qui anime les gens du club. Plus que le siège, ce lieu doit devenir, dans l’esprit de ses promoteurs, le foyer du club où se retrouveront joueurs, parents, dirigeants, mais également tous les passionnés et supporters de Cholet Basket.
Il n’aura fallu qu’un été pour que sorte de terre un bâtiment, construit par l’ensemble des membres du club ; Des travaux de fondation à la finition, de l’électricité à la moquette, chacun a mis la main à la pâte entre soirée et week-end.