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1981/1982 (Nationale 3)

 

1er rang : Laurent BITEAU (13), Éric LEVEUGLE (4), Yves LESUR (6), Alain CHEVRIER (7), Thierry ABELARD (5).

2ème rang : Jacques LESUR (9), Alain BAUDRY (14), James SARNO (12), Benoît MORILLON (8), Thierry CHEVRIER (10), Jean-Jacques KERIQUEL  (Entraîneur).

Championnat

À la découverte de la N III

Arrivés en Nationale 3, les Choletais vont connaître une saison pleine de rebondissements. La plupart des joueurs de la saison passée (à l’exception d’Yves Lesur) restent au club. Arrivent à CB un nouveau coach Jean-Jacques Kériquel, un ancien joueur expérimenté de Nationale 1 James Sarno et Alain Chevrier, jeune frère de Thierry Chevrier. Les dirigeants, bien qu'ambitieux et désireux de monter en Nationale 2, restent prudents et mesurent le niveau de la poule, qui compte de grosses cylindrées telles que la Similienne de Nantes ou les Aubrais.

Pour leur premier match, Cholet Basket affronte d'ailleurs les Nantais, relégués de Nationale 1. Plus de 1000 personnes sont présentes dans la salle Du Bellay, et au coup de sifflet final, personne n'ose croire que CB a bien battu son adversaire 83-79. Thierry Chevrier (31 points) et James Sarno (24 points) étaient les grands artisans de la victoire. CB remporte même ses quatre matches suivants et vire en tête du classement après cinq journées. Seule une défaite face à l’ABC Nantes permettait aux Aubrais de prendre la tête du classement avant un duel plein de promesses entre les deux premiers.

1200 personnes venaient s'entasser à Du Bellay (un record) pour voir leur équipe tenir tête aux Aubrais avec le retour de l’excellent défenseur et expérimenté Yves Lesur. Le début de match était à l'avantage des locaux qui tenaient l'écart tant bien que mal et, malgré un retour des visiteurs à 4 petits points, Thierry Abélard gérait parfaitement la fin de match pour finalement voir CB s'imposer 76-71 avec 47 points du duo Thierry Chevrier (28 pts), le meilleur marqueur du championnat, et James Sarno (19 pts). Cholet Basket en profitait par la même occasion pour récupérer la première place du classement devant leur victime du jour.

La suite du parcours était exemplaire, mis à part une défaite à la Similienne de Nantes qui redonnait la première place aux Aubrais. A deux journées de la fin, seul un match nul séparait CB du premier du classement, et ce avant leur affrontement qui prenait des allures de finale de championnat. Et cette finale, sans Jacques Lesur suspendu lors d’un match de Coupe de France (disqualifiante), s'avérait plus que tendue. A deux minutes du terme de la rencontre, les deux équipes sont au coude à coude 76-76. Ces 120 dernières secondes furent fatales aux Choletais, les Aubrais profitant de deux fautes et un panier pour prendre la large. Le dernier panier d’Alain Baudry était pour l'honneur : CB s'incline 82-79 et voit ses rêves de montée au niveau supérieur s'envoler.

C'est la première fois dans la courte, mais riche, histoire du club que l'équipe fanion ne gravit pas un nouvel échelon. Le choc était peut-être trop grand, puisque quelques jours plus tard, en Coupe de France à Lorient, seuls cinq joueurs pouvaient participer à la rencontre, le reste des licences ayant été oubliées !

Cholet Basket finit une belle année en affrontant l'équipe nationale d'Egypte, lors d’un match de gala.

Coupe de France

Après avoir battu Saint Hélier et Tours, les choletais se sont inclinés en 32ème de finale à Lorient (75-84).

Extrait du livre "Cholet Basket : 25 ans au sommet" de Michel Gourichon

81/82 : À la découverte de la N3

CB arrive en Nationale 3 avec la ferme intention de ne pas y rester longtemps. Les ambitions sont toujours là chez les dirigeants de la première heure. Abélard et biteau, joueurs fidèles au club depuis ses débuts, veulent eux aussi continuer l'aventure. Les Chevrier, Baudry, Lesur, Morillon, Blanchard et Leveugle qui ont pris le train en marche ont visiblement bien accroché à ce challenge et leur emboitent le pas. L'ossature de l'équipe est déjà bien solide mais les dirigeants veulent encore étoffer le groupe. Deux hommes arrivent : Jean Jacques Kériquel et James Sarno.

Tout d'abord, au niveau de l'encadrement technique, Michel Léger est allé carrément chercher un entraîneur, rompu aux joutes de la Nationale en la personne de Jean Jacques Kériquel. Le vendéen a passé onze ans à Challans, emmenant le club de la Régionale à la Nationale 1, avant de propulser en quelques quatre années la Vendéenne de la Roche/Yon en Nationale II. En faisant appel à lui, le club a misé sur l'expérience et les qualités de stratège, de technicien de JJ Kériquel. A l'aube de cette saison, l'intéressé avoue lui-même être enchanté par le challenge : «Plusieurs facteurs m'ont décidé à tenter l'aventure choletaise : le dynamisme et l'ambition d'un président que je connaissais de longue date, des structures bien articulées autour d'hommes compétents et bien au fait des choses du basket et la possibilité de puiser dans un réservoir des jeunes pousses qu'il s'agira d'amener progressivement en équipe fanion ».

Le second renfort se retrouvera sur le terrain. Là aussi, les dirigeants ont fait appel à un habitué de la N1. D’origine américaine, J Sarno est arrivé en France en 1972 (après un passage à Milwaukee en NBA). Il a évolué successivement à Lyon, Nice et Avignon. Ce gaillard de 2,04m vient, comme l’espèrent les dirigeants, renforcer le secteur intérieur choletais tout en restant un joueur polyvalent .

Si, secrètement, les ambitions de montée en N2 sont là, M Léger reste prudent : «CB se retrouve dans un groupe très relevé où la Similienne de Nantes, le CJF les Aubrais font figure de favoris. Seul le premier accèdera à la Nationale II. Manquer l’accession ne sera pas un échec. Gardons les pieds sur terre. L’essentiel est de faire de Cholet à travers notre club et le basket…Dans ce groupe, tout est possible. Si d’aventure, nous nous trouvions en bonne position, nous ferons tout pour parvenir en N2 ».

Le niveau de la Nationale 2, CB va le découvrir avec la venue, pour la première journée, de la Similienne de Nantes. Bien que reléguée, cette équipe est très solide. Près de 1000 spectateurs se sont entassés dans la salle Du Bellay. Au coup de sifflet final, certains doivent se pincer en regardant le panneau d’affichage. Non, ce n’est pas un rêve ; CB vient de battre Nantes 83.79. Les Nantais n’ont rien pu faire face à l’adresse de Chevrier (31 pts), aux assauts de Sarno (24 pts) et au culot de J Lesur (12 pts après la sortie de Sarno). Washington, l’Américain de la Sim, habitué à marquer 40 ou 50 points en N II, était resté coincé dans la «boite choletaise ». Il terminait le match avec 27 unités (seulement, dirons-nous). Dans le même temps, les Aubrais arrachait un match nul à Tulle.

Une victoire à Pornic 87.76 (Morillon 26 pts), puis face aux JSA Bordeaux 96.61 (Sarno 33 pts), à la Rochelle 77.62 (Sarno 23 pts) et enfin à Orléans 79.58 (Chevrier 28 pts) permettait à CB, contre toute attente, de virer en tête au bout de 5 journées, juste devant les Aubrais et l’ABC Nantes.

Justement, l’ABC Nantes se déplace à Cholet pour cette 6ème journée. D’entrée de jeu, avec un J Lesur diminué par une blessure, le secteur intérieur choletais a bien du mal à se saisir de la balle. Les Nantais Sneed et Maleyrand exploitent au mieux ces pertes de balle que l’adresse de Chevrier (24 pts) et Sarno (27 pts) ne compensent pas. Et c’est quelque peu logiquement que le leader s’incline dans sa salle 71.76 sous le regard médusé du millier de supporters encore présent ce soir, laissant du même coup la première place aux Aubrais.

La victoire à Tulle 70.66 (Baudry 16 pts) ne modifiait pas le classement avant la venue des Aubrais pour l’avant dernière journée aller. Ce match au sommet allait être l’occasion de se rendre compte de l’engouement, toujours grandissant, du public pour le basket de haut niveau. En effet, 1200 spectateurs ont poussé la porte de Du Bellay. Mais cet engouement soulève déjà des questions. Ne va t’il pas falloir bientôt pousser les murs de Du Bellay pour y loger tous ces supporters ? En recevant les Aubrais, CB savait qu’il n’avait pas droit à l’erreur devant une équipe invaincue dont l’ambition est la montée à l’échelon supérieur. En faisant tomber le
leader, CB se redonnerait du même coup des chances pour accéder lui-même à la N2.

Le début de match était excellent pour les Choletais qui pointaient aux avants postes dès la 6ème minute (16.8) et maintenant leur avance jusqu'à la mi-temps (45.32), malgré un James Sarno bien en dessous. Les visiteurs revenaient sur le terrain avec la ferme intention de remonter leur handicap. Sans rompre, les équipiers de Chevrier souffraient terriblement. A 4’ de la fin, l’écart n’était plus que de 4 points (74.70). Abélard gérait de façon intelligente la fin de rencontre et CB s’imposait finalement 76.71. Les supporters pouvaient laisser exploser leur joie, les nerfs ayant été mis à rude épreuve pendant la rencontre. Cette joie était d’ailleurs double puisque CB venait de reprendre la première place devant les Aubrais et l’ABC Nantes.

Le champion d’automne allait connaître une fin de parcours presque idéale, s’imposant à Chantonnay 66.54 (Sarno 30 pts), face à Pornic 91.60 (Chevrier 28 pts), à Bordeaux 83.64 (Morillon 25 pts), face à la Rochelle 85.68 (Sarno 27 pts), face à Orléans 101.78 (Sarno 35 pts), à Nantes 94.70 (Abélard 20 pts) et enfin face à Tulle 83.49 (Chevrier 24 pts). Seule une défaite à la Similienne de Nantes 84.79 était venue perturber ce beau parcours. Il ne restait plus que deux journées et le classement avait peu évolué : les Aubrais, en tête (14 V. 1 N. 1 D) devançaient CB d’un point (14 V. 2 D). La Similienne, troisième, ne pouvait plus espérer rejoindre ces deux équipes. Ce petit match nul de la 1er journée était toujours là entre eux.

L’avant dernière journée, justement avec le déplacement de CB aux Aubrais, devenait du coup d’un enjeu simple mais ô combien important. Le vainqueur empochait tout simplement son billet pour l’étage supérieur. Qui aurait pu croire cela en début de saison au sein du club ? A mesure que l’échéance approchait, nul doute que, dans la tête des dirigeants de la première heure, l’histoire de CB devait défiler devant leurs yeux depuis cette soirée du 18 juin 75 ou ils avaient quitté la JF, alors en N 2. À la veille de ce 6 mars 82, le challenge qu’ils s’étaient fixé sept ans plus tôt n’était plus tout à fait un rêve…mais pas encore une réalité.

Plus on s’approchait de l’échéance, plus la tension était palpable ; Chez les dirigeants d’abord, pour les raisons évoquées plus haut, chez les joueurs également qui ressentaient bien cette pression ambiante jusqu’au sein de l’équipe, même si l’entraîneur la modérait dans ses propos. JJ Kériquel avouait, dans les jours précédents, que ce match était dans les têtes depuis trois semaines. Mais il était également réaliste et déclarait : « Ce match, il faut le prendre comme un match habituel, nous devons le jouer à fond. Comme ça, nous aurons la conscience tranquille. Si on doit passer, on passera. Dans le cas contraire, il faudra se dire qu’ils sont meilleurs que nous et l’accepter ». Les supporters, également, voyaient dans ce match un bout de paradis. C’est dans deux cars qu’ils prenaient la route des Aubrais vers 13h30, ce 6 mars, le cœur plein d’espoir et la tête emplie de rêves.

Bien sur, les Aubrais ne l’entendait pas de la sorte. L’an passé, ils avaient été coiffés sur le poteau pour l’accession. Ils ne souhaitent pas que l’histoire se reproduise.
C’est une équipe choletaise presque au complet qui se déplace aux Aubrais. Seul J Lesur, suspendu, est manquant et c’est son frère Yves qui prend la place vacante. Tous les ingrédients sont donc là pour un combat intense et exceptionnel. Il le fut, avec cette pincée d’indécision qui fait les belles rencontres.

Imaginez… À 2’ de la fin, les deux équipes étaient au coude à coude. Qui allait lâcher prise ? C’était la 19ème fois de la rencontre qu’ils se retrouvaient à égalité. Morillon, comme un vieux briscard dans cette bagarre où la moindre erreur était fatale, venait de remettre les équipes dos à dos. Balle aux Aubrais, faute d’Abélard et deux lancers réussis : 78.76. Sur l’attaque choletaise, passage en force sifflé à Sarno. Deux nouveaux lancer pour les Aubrais : 80.76. Les Choletais remontent la balle, faute sur Chevrier à 26’’ de la fin ; Temps mort choletais. Th Chevrier ne réussit qu’un de ses deux lancers 80.77. Le rêve s’éloigne, d’autant que sur la remise en jeu, un joueur des Aubrais est accroché. Sur les lancers, son bras ne tremble pas 82.77.

Le dernier panier de Baudry sera pour l’honneur car la sirène retentit : 82.79. La déception est immense, les Choletais sont passés tout près de l’exploit. Les 21 points de Chevrier, 16 de Sarno, 13 de Morillon, 12 d’Y Lesur, 11 de Baudry et 6 d’Abélard n’auront pas suffi. Et le président de conclure : « Rien à dire… Si les joueurs des Aubrais se sont affirmés, c’est qu’ils le méritaient. Ils ont réussi un panier de plus et nous un de pas assez. C’est tout ! Nous avions gagné de cinq points chez nous, nous avons perdu de trois points chez eux. Ce n’est donc pas lors de cette double confrontation que nous avons manqué l’accession. En début de saison, nous avions fixé notre objectif sur un bon classement, dans les quatre ou cinq premiers… Puis l’appétit est venu en mangeant. Nous avons échoué de peu. Nous tâcherons de faire mieux la saison prochaine ».

En effet, pour la première fois de sa courte mais riche histoire, CB ne gravira pas un nouvel échelon. Un coup passé la déception, il faut bien le reconnaître :CB a eu une superbe saison et a montré qu’il avait les moyens de ses ambitions. La dernière journée ne changeait rien ; CB finissait sur une victoire en demi-teinte face à Chantonnay. Les Aubrais, pour leur part, terminaient la saison comme ils l’avaient commencé, par un match nul. A égalité de victoires, ce sont ces deux matchs nuls qui faisaient la différence. Quelque peu rageant, non !…

Signe de la décompression qui suivit, cette mésaventure qui arriva aux joueurs de CB huit jours plus tard, lors d’un match de Coupe de France à Lorient face au CEP. Seulement cinq joueurs ont pu participer à la rencontre ; les licences étaient restées à Cholet et certains joueurs n’avaient pas de pièce d’identité. Seuls Abélard, Morillon, Sarno, Chevrier et Baudry ont eu le droit de fouler le parquet lorientais.

Au niveau départemental, les jeunes continuaient à faire des progrès. En cette fin de saison 81/82, les benjamines deviennent championnes de Maine et Loire.

En apothéose de cette saison pleine de rebondissements, les dirigeants ont concocté un match de gala inédit. L’équipe nationale d’Egypte est opposée à CB qui a fait appel, pour l’occasion, au renfort de Willy Terrell qui vient d’accéder à la N II avec son club du Vésinet.

Alain Baudry a été la grande époque de la JF. Aujourd'hui encore, il se souvient des montées ratées en N1 face au PUC et des matchs contre Orthez : « Les duels Léger-Seillant étaient déjà impressionnants ».

« J'étais là le 18 juin. Je me souviens de cette réunion dans l'arrière salle de l'hôtel ou Michel Léger a lancé ce pari osé. À la plupart des joueurs qui l'avaient suivi, il a dit que nous allions nous embêter en redémarrant à un niveau aussi bas.
Nous les frères Baudry ainsi que les frères Lesur, nous sommes partis à droite, à gauche, moi à Jallais comme entraîneur joueur. Mais nous avions tous promis de venir un jour pour filer un coup de main ».

Après deux ans à Jallais, Alain Baudry vient donc à CB.

« J'y retrouve J.Lesur et découvre Thierry Chevrier qui venait aux entraînements en mobylette de Trémont. Pour ma première saison, je gagne la Coupe de l'Anjou ».
Il restera ainsi six saisons à CB, prenant rapidement le brassard de capitaine.

« Les Derbys resteront de grands souvenirs. Bégrolles, la Jubaudière, Jallais ou je vois les progrès d'Eric Girard qui était encore cadet, mais que j'avais pu voir entre 75 et 77. Les Derbys, c'étaient des vrais coupe-gorge. On était l'équipe à abattre. Notre ambition faisait des jaloux pour les clubs qui s'accrochaient à leur niveau avec leurs moyens. Aujourd'hui c'est de l'histoire ancienne.
CB c'est vraiment M.Léger. Sans lui, le club n'aurait jamais été aussi haut. Ce club, il l'a porté à bout de bras. Il était proche de nous, un père en quelque sorte ».
Cette ambition et ce pari ?... « On a toujours cru à ce qu'il disait d'autant qu'il avait l'expérience de dirigeant à la JF ».

Le premier Ricain sur le terrain :

« James Sarno était cassé de partout. Avant chaque match, il s'allongeait sur le banc et il fallait que je lui remette de dos en place. Ca craquait un grand coup et il y allait. Nicky White, c'était un monsieur, j'ai joué un an avec lui, il s'est fondu au groupe en apportant son expérience et son sérieux. Avec J.J.Kériquel, ils resteront les deux grands messieurs que j'ai côtoyés à CB ».