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Championnat

La Séguinière sur la route de CB

Yves Lesur, James Sarno et Benoît Morillon partis, l'été est animé. Cholet Basket engage Nicky White, un américain de 28 ans, qui possède surtout l'expérience du niveau de Nationale 2. C'est finalement une très bonne « pioche » puisque dès le début de saison, Nicky White s’impose dans la raquette et participe activement aux trois premières victoires en championnat. Le jeune Dominique Blanchard issu du club complète l’équipe.

Le premier derby arrive dès la quatrième journée pour les joueurs, qui affrontent la Séguinière. Plus de 1500 personnes sont présentes et l'ambiance est chaude. Le match est tendu, les joueurs se rendent coup pour coup. A cinq minutes du terme, la Séguinière est toujours devant mais le duo Thierry Chevrier (23 pts) et Nicky White (21 pts) se multiplie pour revenir sur les talons de la Séguinière. C'est sur l'ultime attaque Choletaise que Thierry Abélard (9 pts) inscrivait le panier victorieux pour son club (69-68). Dès lors, CB enchaîne les victoires pour finir invaincu de la phase aller avec Nicky White (26 pts de moyenne) soutenu par Thierry Chevrier (22 pts).

Pourtant la reprise du championnat s'avére compliquée pour les coéquipiers du capitaine Alain Baudry.
En perdant deux matches sur les trois premiers (dont un à Franconville, deuxième), les Choletais perdaient par la même occasion leur confortable avance au classement. D'autant plus que le match retour du derby face à la Séguinière s'annonce tendu et chaud. Du suspense dans ce match, il n'y en aura aucun : CB s'impose largement 88-73, grâce à White (37 pts) et Chevrier (25 pts) dans une ambiance de feu. Par la suite, Cholet Basket remporte ses quatre matches suivants. À trois journées de la fin, CB accueille Tulle pour le match qui peut leur assurer déjà la montée. Les joueurs prennent parfaitement la mesure de la rencontre puisqu'ils font exploser Tulle 81-59 avec le culot du jeune Dominique Blanchard (18 pts) et voient leur rêve se réaliser.

Play-offs

La saison n'est pas terminée pour autant, car il reste encore la possibilité pour Cholet Baket de remporter le titre de Champion de France de Nationale 3 en affrontant en quart de finale Doazit, où figurent le géant Roger Duquesnoy (2m14) et Jean-Noel Perpère, anciens joueurs d'Orthez. Au match aller, CB s'incline 74-67 mais préserve l'essentiel pour le match retour, que les Choletais remportent de 9 points, tout juste suffisant pour se qualifier pour la poule finale.

Poule qui compte Hyères, Charenton et St Julien les Villas. CB finit finalement quatrième, après s'être notamment incliné face à Hyères, futur champion.

Coupe de France

Après avoir battu Bressuire et Chantonnay, les choletais se sont inclinés en 32ème de finale contre Cabourg (64-68).

Extrait du livre "Cholet Basket : 25 ans au sommet" de Michel Gourichon

82/83 : La Séguinière sur la route de CB


Voilà CB reparti pour une seconde saison en N III. Les dirigeants ont eu tout l’été pour analyser les raisons et les causes du petit rien qui a manqué à CB pour passer. Selon eux il faut jouer plus vite, moins statique. James Sarno, à son grand regret, ne fera pas partie de cette nouvelle campagne. Benoît Morillon non plus, mais pour des raisons professionnelles.

Et les dirigeants vont encore une fois, du côté de la N II pour chercher le joueur qui, ils l’espèrent, va apporter ce petit plus nécessaire à la montée. Celui qui arrive en ce mois d’août 82 est un américain de 28 ans, du nom de Nicky White. Il a fait parler ses 2,05m deux ans aux JSA Bordeaux (N II) et trois ans à l’ALM Evreux (NII). Si son arrivée ne déchaîna pas les passions, personne n’imaginait qu’il signait là un bail de 5 années avec CB. Cette saison, CB s’offre une préparation exotique en participant au tournoi d’Alexandrie en Egypte. Ce court intermède doit servir à souder le groupe en vue d’un objectif : la montée en N II. Et Cholet-Basket peut y arriver car les adversaires sont à sa portée. Celui que les dirigeants redoute le plus en ce début de saison, c’est la Séguinière. Tiens, tiens encore un derby… Mais il faudra attendre la 4ème journée.

Il faut d’abord penser à démarrer correctement et c’est ce que CB fait en s’imposant face à Pornic 94.77 (White 36 pts), à Orléans 92.83 (White 28 pts) et face à Franconville 69.58 (White 24 pts).

Et le premier derby arrive. Pour CB, il s’agit de se rendre à la Séguinière. Le déplacement est court mais il permet aux supporters de s’y rendre. Du coup 1500 personnes s’entassent dans la salle de la St Louis Sports. Ils eurent tous les ingrédients d’un derby : tension, émotion, indécision. En effet, aucune des deux équipes ne voulait céder sur le terrain. Aux paniers de J. Biotteau, A. maginot, C. Bodin répondaient ceux de Th. Chevrier, N. White et D. Blanchard.

De la sorte, on arrivait au terme du match et la Séguinière n’avait qu’un point d’avance à 35'’ de la fin. CB, relégué à 10 points à la 33ème minute, avait tout donné pour refaire son handicap en cadenassant sa raquette. La Séguinière ne passait plus. Sur l’ultime attaque, Th. Abélard inscrivait le panier victorieux de CB. Score final 69/68. L’occasion était passée pour la Séguinière. Les Choletais l’ont prise au passage et en ont profité. La déception et la joie pouvaient se lire sur les visages. Mais que ce derby était beau.

Sur sa lancée, CB allait s’imposer à Orly 88.69 (White 26 pts). L’Hermine de Nantes huit jours plus tard repartait de Du Bellay avec une défaite : 94.80 pour CB (White 35 pts). Sur leur lancée, les joueurs de Kériquel vont s’imposer à la Roche sur Yon 93.90 (chevrier 22 pts), face à Tours 85.59(Chevrier 32 pts), à Tulle 73.52 (White 34 pts), à Chatou 72.67 (Chevrier 25 pts) et face à Limoges 82.61 (Baudry 18 pts)

CB terminait ses matchs aller sans avoir connu la défaite. La trêve venait à point car le groupe était fatigué. Cela tempérait un peu les espoirs du président Léger. Il s’attendait à une phase retour plus difficile. Côté chiffre, Nicky White avait déjà inscrit 285 points. Th Chevrier 238. A. Baudry 98. J. Lesur 87. Th. Abelard 81. D. Blanchard 56. Leveugle 48. Biteau 8.

Le redémarrage fut difficile, CB se fait cueillir à Pornic qui lui inflige sa première défaite 77.76. Cette défaite n’est toutefois pas inquiétante car l’avance sur Franconville, le second, est de 3 matchs. Mais il faut se reprendre. C’est Orléans qui en fait les frais en venant à Du Bellay. CB s’impose 111.81 (Baudry 25 pts). Huit jours plus tard, CB se prend les pieds dans le tapis à Franconville, sans J. Lesur et Th. Chevrier. La défaite 71.50 n’est pas catastrophique mais c’est un «nouvel avertissement sans frais » d’autant que se profile le derby retour contre la Séguinière. Les joueurs, bien décidés à réagir vont se reprendre et l’emporter 88.73
dans une salle Du Bellay archi comble. Les joueurs de la Séguinière ne pourront rien face aux assauts de N. White (37 pts) et de Th. Chevrier (25 pts).

CB allait, dès lors, finir tambour battant, s’imposant à Orly 87.82 (Lesur 16 pts), à Nantes 65.63 (Chevrier 20 pts), à La Roche sur Yon 98.84 (White 35 pts) et à Tours 94.90 (Lesur 22 pts).

Face à Tulle, l’enjeu devenait de taille. Il ne restait plus que trois journées et une victoire lors de ce match était synonyme pour les Choletais du titre mais surtout de la montée en N II. Le bonheur était à portée de main. Ce 26 avril 1983 allait-il être la date d’une nouvelle marche vers le sommet. Réponse dans 40 minutes.

De suspense il n’y en eut pas. A. Baudry et consorts eurent vite main mise sur le match et c’est sur le score de 81 à 59 que retentissait le coup de sifflet final.
Les 700 spectateurs pouvaient exulter. CB venait de décrocher le titre mais surtout l’accession en nationale II.

Les dirigeants, sachant que cela arriverait à un moment ou à un autre, avaient déjà pris les devants. La Ville annonçait à l’issue du match, par la voie de son maire M. Ligot, l’agrandissement de la salle Du Bellay jusqu’à une capacité de 2000 places. Le championnat n’était cependant pas fini. La réception de Chatou 91.73
(Biteau 14 pts) et une victoire sur Limoges 102.86 (Chevrier 34 pts) donnaient des allures de feu d’artifice à une saison exceptionnelle : 20 victoires et 2 défaites.

Franconville avec 15 victoires terminait second. La Séguinière (5ème) voyait partir son voisin pour d’autres aventures.

Mais la saison n’était pas pour autant terminée. Il restait à attribuer le titre de champion de France de NIII.

En quart de finale, CB se voyait opposé à l’ALUS Doazit. Le club landais, possède parmi ses 852 habitants deux hommes exceptionnels : Roger Duquesnoy et Jean Noël Perpère. Duquesnoy, 2,14m, pivot, ex-international et Perpère, allier ont en commun le fait d’avoir tous deux évolués à Orthez jusqu’en 1981. Au match aller, CB privé de Chevrier sauvegardait l’essentiel ne concédant que 7 points (74.67 pour Doazit). L’enjeu du match retour était simple : Gagner de 8 points pour une demi-finale. C’est à l’arraché que CB décrochait sa qualification, l’emportant de 9 points sur Doazit 85.76. C’est à Troyes que la saison allait s’achever. La poule finale de ce championnat de France N III réunissait l’OS Hyères, le SC Charenton, St Julien les Villas et Cholet Basket. Les joueurs de Kériquel termineront 4ème de ce tournoi (les varois de Hyères étant sacrés champion de France N III). La saison avait été magnifique. Avant cette place de 4ème, CB avait survolé sa poule. La marche en avant pourrait continuer, un nouveau palier venait d’être franchi.

Jacques Lesur jette un regard assez sévère sur un sport qu’il a pratiqué en tant qu’amateur et où il a vu progressivement arriver le professionnalisme. Mais les bons souvenirs ne sont pas loin :

"Après ma "retraite" je vois à la télévision Alain Thinet entraîneur de Dijon qui joue à la Meilleraie contre CB. J'ai fais mon armée avec lui et je vais le saluer à la fin du match. Dès qu'il me voit (après plus de 10 ans) il s'esclaffe "Le smatcheur fou.

Il est vrai qu'à mon époque le smatch des deux mètres était assez rare et je me faisais toujours un grand plaisir à les écraser dans tous les sens pour le plaisir des jeunes spectateurs, et du mien, lors des échauffements des matchs de démonstrations.

Lors d'un match de Gala, Willy Tennel (détente prodigieuse) jouait avec nous. Yves lui demande pourquoi il ne smatchait plus ... il lui répond qu'il était émerveillé à me voir smatcher (fierté devant mon "idole" de jeunesse).

Souvenir aussi d’un match à la Roche/Yon : égalité quelques instants avant la fin, je tente en shoot devant "Couillamy" qui vient au centre, ... je passe main gauche = 2 points (Michel Léger... Blanc, Vert, cheveux qui tombent,... heureux !)

Jim Sarno faisait un régime "végétarien". On avance chez lui un soir après l'entraînement... il s'enfilait tout seul un poulet !!! Ce n'est pas de la viande ! Il a le droit à la viande blanche. Jim Sarno après avoir été chérif aux USA est actuellement en Belgique, il y a suivit sa femme, américaine, qui travaille chez Total.

J'ai toujours un billet d'un dollar dédicacé par Nicky White qu'il a offert à ses coéquipiers à la fin de la saison 82/83".

Il accède avec CB à la NII mais n’y goûtera pas : 

" Les joueurs commencent à toucher. Je ne peux pas être artisan et faire les quatre entraînements par semaine. Je demande à recevoir autant que Baudry ou Chevrier ou j'arrête. La Séguinière me demande, Michel veut m'échanger contre Maginot pour ne pas l'acheter. Je refuse et vais jouer avec l'équipe III. Champion d'Anjou avec Bernard, Yves, Paupol, Jean-François, René... une très belle année. Mais pas facile de jouer à un niveau inférieur, les contres sont au niveau des genoux !

Dur pour le moral, quand vous pensez avoir été important dans la vie d'un club et qu'on vous "jette" comme une vieille chaussette ! Mais je n'ai pas de rancœur envers Michel Léger qui a eu, à son niveau aussi, de grosses déceptions, mais contre le système où l'argent pourri tout !

J'ai suivi 2/3 années après la fin de ma carrière et laissé, dégoûté par le manque de professionnalisme de certains... contrairement à un bon professionnel qui s'est toujours défoncé sur le terrain : Warner.
Mais je reste fier pour Antoine et maintenant David que je n'ai pas encore vu jouer, mais c'est peut-être lui qui me réconciliera avec ce sport qui m'a donné beaucoup de plaisir et avec lequel j'ai marqué les spectateurs qui me disent les avoir bien fait rire."