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1983/1984 (Nationale 2)

1er rang : Éric GIRARD  (9), Laurent BITEAU (13), Dominique BLANCHARD (12), Thierry CHEVRIER (10), Thierry ABELARD (14).

2ème rang : Jean-Jacques KERIQUEL (Entraîneur), Alain BAUDRY (Entraîneur Assistant), Nicky WHITE (6), Maurice BRANGEON (15), Alain MAGINOT(5), Rudy JACKSON (4), Benoît MORILLON (11), Joël BAUDRY (Dirigeant).

Championnat

N II, la découverte

Après 9 années de montées et de belles performances à tous les niveaux, CB ne parle pas tout de suite de montée en Nationale 1. Il faut tout d'abord s'installer parmi les ténors de N2. Pour ce faire, le recrutement est actif : Maurice Brangeon, Eric Girard, Thierry Liaud, Benoît Morillon, de retour, et Alain Maginot rejoignent les rangs choletais. Cholet Basket recrute aussi un certain Rudy Jackson.

Le club ne savait pas qu'il tenait là un drôle d'oiseau, peut être même le joueur le plus extravagant de la ligue. Rudy Jackson n'hésitait pas en match (et bien sûr aussi à l'entraînement) à s'arrêter juste derrière la ligne du milieu de terrain pour prendre un tir, qu'il rentrait dans le panier de temps en temps. Les joueurs ont aussi les souvenirs des footings, où plutôt que de se contenter de courir en avant comme ses coéquipiers, Rudy Jackson préférait courir en marche arrière avec les mains au-dessus de la tête. Même sa femme avait osé aller sur le banc de touche pour demander au coach de changer la composition de l’équipe. Cela n'empêchait pas le joueur d'être auteur de belles performances sur le terrain.

Cholet Basket démarre sa saison de manière correcte. Malgré une première défaite à St Brieuc, CB s'impose à domicile contre Nancy, un des favoris, 99-97 grâce à son trio Rudy Jackson (37pts) – Thierry Chevrier (26pts) - Nicky White (16pts). Suivent une nouvelle défaite puis deux victoires, ce qui permet à l'équipe des Mauges de rester dans les 8 premières places, au contact des premiers.
Rudy Jackson était d'ailleurs à ce moment-là le meilleur marqueur de N2 avec une moyenne de 37 points marqués par match.

Cholet Basket encaisse sa troisième défaite face à Graffenstaden et voit arriver Berck comme un match décisif pour s'accrocher au classement. Menés 39 minutes et 17 secondes, les Choletais arrachent la victoire dans une salle Du Bellay en feu, devant 2000 fidèles venus assister à cette nouvelle grand messe du basket dans les Mauges et qui ont littéralement communié quarante minutes durant avec leurs célébrants Rudy Jackson (29 pts), Nicky White (14 pts), Thierry Chevrier (20 pts) et Laurent Biteau (12pts) auteur d’un 6/7 aux tirs et du panier de la victoire.

La reprise après la trêve de Noël s'avére très dure pour CB. L'équipe aligne quatre défaites consécutives et se retrouve distancée, à la 9ème place du classement. Il s'agit maintenant pour Nicky White et ses coéquipiers de tout faire pour se maintenir, puisqu'une place de reléguable est encore attribuable. Le maintien se joue lors de la 20ème journée à Rennes où Cholet Basket va finalement s'imposer 97-93 après un match riche en émotions et en rebondissements, une ambiance d’enfer dans une salle rennaise rebaptisée « Papu en Mauges » tant les 300 supporters choletais donnèrent de la voix. CB termine finalement meilleur promu de Nationale 2 avec 11 victoires, 1 nul et 10 défaites.

Cette année là, les dirigeants annoncent en fin de saison qu'un Centre de Formation va être créé. La machine choletaise commence à prendre forme et à prendre de la consistance.

Coupe de France

Les choletais commencent par un déplacement à Brest pour y jouer l’Étoile de Kerbonne, équipe de N3. CB, quant à lui, est plus occupé par le maintien en N2 que le fait de jouer la Coupe de France. Les spectateurs de l’Étoile assistent à un match sans rythme ni volonté. La maladresse des locaux permet à Cholet Basket de mener par 8 points à la mi-temps. La seconde période est dans la continuité des 20 premières minutes. Cholet fini par l’emporter sur le score de 82-97.

 

Le 32ème de finale est une affiche de N2, CB jouant Villeneuve St-Laurent-de-la-Plaine. Les deux équipes jouent avec le doute : Villeneuve étant dernier de sa poule de championnat et Cholet qui part sans Thierry CHEVRIER. Les choletais commence en étant très fortement engagés, et instaure immédiatement un climat de domination. Villeneuve est débordé et sombre de 20 points à la mi-temps (57-37). La deuxième période est toujours sur l’emprise des joueurs de CB et, malgré un léger relâchement, ces derniers sortent victorieux de 17 points (108-91).

 

CB repart à Brest pour le 16ème de finale pour y rencontrer l’Étendard de Brest, formation de N3 visant la montée en N2. Ce n’est donc pas un match à prendre à la légère, mais les maugeois sont bien plus inquiets par les matches suivants pour assurer leur maintien en N2. Il aura seulement fallu 3 minutes pour que les pistoléros et le moteur des deux équipes se mettent à plein régime. L’attaque à outrance était le mot d’ordre de la rencontre. Les filets ne cessaient de bouger, offrant aux spectateurs un spectacle offensif d’une extrême intensité. À la mi-temps, Cholet est mené de 4 points : 69 à 65. La seconde période est du même tempérament que la première, sauf que CB cède de plus en plus sur les rebonds et l’adresse, laissant s’échapper les brestois. Cholet s’incline sur le score de 118 à 127 (soit un total de 245 points scorés avec une moyenne exceptionnelle de 6 points par minute).

Extrait du livre "Cholet Basket : 25 ans au sommet" de Michel Gourichon

Nationale II : sur la route du bonheur

C’est une nouvelle ère qui débute pour Cholet Basket. En effet, le basket local vient de retrouver un niveau qui était absent depuis 1975, soit celui de la Nationale II. Sur le chemin de la réalisation de leur pari, les dirigeants de CB espèrent que ce passage en N II ne s’éternisera pas. Il leur faudra trois saisons pour voir l’aboutissement de leur rêve. Retour sur ces trois saisons, émaillées de joies mais aussi de galères.

83/84 : N II, la découverte


Pour la première fois, dans son histoire, les dirigeants ne parlent pas de montée au niveau supérieur. Il y a de quoi. Cholet est arrivé dans le haut niveau. Il fait maintenant partie des 38 meilleurs clubs de France (14 en N I, 24 en N II).

Malgré tout, le succès de toutes ces années ne les a pas grisé. L’été a été utilisé à renforcer l’équipe car les joutes vont être autrement plus sérieuses. E. Leveugle. A. Baudry, L. Grimaud et J. Lesur ont raccroché les baskets. Biteau et Abélard vont entamer leur 9ème saison au club. Chevrier, Blanchard et White continuent l’aventure. B. Morillon fait son retour. Arrivent M. Brangeon (Chanzeaux), E. Girard (Jallais), T. Liaud (Nantes), A. Maginot (La Séguinière)et Rudy Jackson (2,09m ). Cet ex-pro américain (Indiana Pacers et New York Knicks) a évolué à Bagnolet (N I) et en Hollande.

Un mélange d’expérience et de jeunesse qui devraient permettre à CB d’envisager plus sereinement cette première saison en N II. L’ambition est de finir autour de la 5ème place. Comme le déclarait M. Léger à l’époque : « On parlera de nationale I dans deux ou trois ans. Pour l’instant, il faut passer sans encombre ce test de nationale II sachant que les quatre derniers (sur 12) redescendront en N III ».

Mais la N II, c’est aussi du spectacle garanti. Et pour accueillir supporters et spectateurs, qui sont de plus en plus nombreux, la salle Du Bellay a fait une cure de jouvence cet été. Les promesses de la fin de saison ont été tenues et l’agrandissement de la salle va permettre d’accueillir 2000 spectateurs à chaque rencontre, ce qui ravi les dirigeants de Cholet Basket.

Les matchs amicaux apportaient déjà un début de réponse que ce soit face à Roanne (N II), aux Aubrais (N II), aux Allemands de Giessen ou encore face aux voisins de Challans qui venaient de retrouver la nationale I et où évoluaient V. Demory, B. Constant, Chris Singleton, etc…sous la houlette de Michel Gomez.

En regardant le programme de ce championnat de N II, on se dit que la tâche ne sera pas facile pour CB. Mulhouse, St Brieuc, Denain et Nancy font figure de favoris. Le calendrier n’a pas gâté CB qui se verra opposé à trois de ces favoris lors des trois premières journées. Pour la première journée, l’expérience du CO St Brieuc va parler. Fort de ses 5 saisons de N II et de ses ambitions, il s’impose dans sa salle face à CB 109.84 (Jackson 44 pts). Dans la foulée, comme pour fêter l’inauguration de Du Bellay 2, CB s’imposait face à Nancy 99.97 (Chevrier 26pts) devant 2000 spectateurs enthousiasmés.
Une défaite à Mulhouse 102.82 (White 24 pts), une victoire face à Charenton 86.84 (Jackson 37 pts) une autre face à Montivilliers 112.97 (Liaud 28 pts), permettaient à CB de maintenir le contact dans les huit premières places du championnat.

R. Jackson avec 189 points (37,8 de moyenne) était au bout de cinq rencontres meilleur marqueur de N II. Un R. Jackson, dont l’élimination prématurée, huit jours plus tard à Graffenstaden, s’avéra fatale à CB qui concédait sa troisième défaite 112.91 (White 23 pts). La venue de Berck, surprenant leader après six journées prenait un intérêt considérable ; une défaite et CB s’éloignait des huit premiers, une victoire et il recollait au peloton.
Berck faisait parler son expérience et prenait rapidement les choses en main (27.32 à la 14ème minute). Ne relâchant pas leurs efforts, les équipiers de Thierry Chevrier suivaient sans plier : 47.57 à la pause, 69.76 à
la 31ème minute. C’est alors que L. Biteau, sur un nuage, sortait de sa boite et réussissait à ramener son équipe avec six tirs réussis sur sept tentés. Ainsi à la 38ème minute, CB était revenu à un point de Berck 87.88. C’était du délire à Du Bellay. Le public se mettait à y croire et CB se découvrait 2200 supporters qui poussaient leur équipe à tout rompre. A croire que le souffle de ce public avait porté le ballon que Thierry Chevrier venait de lancer à 43’’ de la fin pour qu’il atteigne sa cible et donne l’avantage à CB 93.92. Berck avait mené durant 37’ 17’’ mais se sont les joueurs choletais qu étaient portés en triomphe à l’issue de la rencontre. CB venait de connaître le bonheur face aux «gars du Nord », ils allaient connaître l’enfer du nord huit jours plus tard. A Denain exactement en sombrant face aux coups de poignard de Tony Parker et Ernie Signars 122.90.

Les lacunes collectives et défensives, pointées par J.J. Kériquel allaient se régler et CB enchaînait sur deux victoires, face à Rennes 97.93 (Liaud 25 pts) et face à Orléans 111.98 (Jackson 40 pts).

Pour le dernier match aller, les coéquipiers de N. White allaient découvrir le match nul en repartant d’Evreux sur le score de 97.97. Ce sera d’ailleurs le seul match nul officiel de CB jusqu’à l’abandon de ce mode de calcul en 1989. Etait ce un point de gagné ou un point de perdu ? Toujours est-il que CB terminait cette première phase à la 5ème place mais avec seulement un point de plus que le 8ème. Les matchs retours allaient être haletants mais il fallait que la dernière défense du championnat se reprenne. Rudy Jackson terminait meilleur marqueur de N II avec 33,72 pts de moyenne ; N. White 19ème avec 19,72 pts ; Thierry Chevrier 22ème avec 17,72 pts ; Thierry Liaud 26ème avec 16,81 pts. La trêve arrivant, CB avait préparé un petit cadeau de Noël à ses supporters.

L’équipe nationale de Chine venait faire une halte à Du Bellay afin de peaufiner sa préparation pour les J.O de Los Angeles. L’attraction de cette équipe était les 2,20 m de Han Pengshan. Pour l’anecdote, l’équipe de Chine s’imposera 119.84 face à CB renforcée par Chris Singleton et Bruno Constant (Challans) La reprise allait être difficile ; CB alignait quatre défaites consécutives, face à St Brieuc 87.97 (White 24 pts), à Nancy 83.98 (White 26 pts ) face à Mulhouse 73.94 (Jackson 28 pts) et à Charenton 111.93 (White 24 pts).

Le match face à Mulhouse avait ravivé les souvenirs. En effet Biteau et Abélard se retrouvaient face à Ron James ; joueur avec qui ils avaient évolué en N II à la JF. Ce match était aussi l’occasion d’une nouveauté : la retransmission vidéo sur écran géant. Avec les matchs à guichets fermés, les dirigeants avaient ainsi trouvé une solution pour les spectateurs (parfois nombreux) qui ne pouvaient avoir accès à la salle. Ils étaient 300 pour cette première. De la 5ème place, nos joueurs étaient descendus à la 9ème synonyme du premier siège éjectable.

CB venait de s’incliner face au ténor de ce championnat les rencontres face aux équipes du bas du tableau allaient-elles permettre à CB de sauver sa peau ?

Une victoire à Montivilliers 109.78 (Jackson 30 pts) face à Graffenstaden 95.76 (Jackson 34 pts) redonnait quelques couleurs à CB. Mais une défaite à Berck
101.78 (Jackson 30 pts), renvoyait les hommes de Keriquel à la 8ème place.

A quatre journées de la fin, l’espoir était toujours là mais le doute s’installait.

Une victoire face à Denain 116.104 (Jackson 55 pts ) redonnait des couleurs aux supporters qui allaient voir l’avenir de CB se jouer à Rennes. En effet, si trois places étaient déjà prises pour la relégation, il restait un siège à pourvoir. Cholet, Graffenstaden et Rennes étaient les malheureux prétendants à ce poste. Les dirigeants de CB avaient bien compris l’enjeu de cette rencontre. En offrant le voyage aux supporters CB rêvait d’évoluer à domicile à Rennes. Pari réussi puisque 300 choletais rejoignent la capitale bretonne ce 25 mars 1984.

Comme tout au long de la saison, il était dit que les joueurs de CB joueraient avec les nerfs des supporters matchs indécis, victoires sur le fil. Aujourd’hui encore : regardez plutôt l’évolution du score 37.20 pour CB à la 13ème minute, 49.47 pour CB à la pause. 77.71 pour CB à la 32ème 90.90 à la 37ème.Mais Rennes, handicapé par les fautes et les éliminations devait s’avouer vaincu ; CB s’imposait 97.93 et sauvait sa tête. Le maintien était assuré. Le public en liesse pouvait porter les joueurs en triomphe.

La défaite à d’Orléans 80.94 (Brangeon 16 pts) ne changeait rien au classement. CB était définitivement accroché à la 7ème place.

Le dernier match de la saison face à Evreux ressemblait à un feu d’artifice ce 8 avril. En pleine mi-carême Du Bellay avait revêtu ses habits de carnaval. La victoire 110.97 pouvait laisser exploser la joie des dirigeants et des supporters.

Th. Liaud (39 pts) et Chevrier (20 pts) portaient en triomphe J.J. Kériquel. Celui ci rendait hommage quelques heures plus tard à son groupe qui «hormis White, Jackson et Liaud n’avaient jamais évolué à ce niveau mais qui ont su élever leur niveau de jeu pour réussir ce challenge ».

Et même si R. Jackson a eu du mal à se mettre au diapason de l’équipe et des exigences collectives, CB termine le meilleur promu de la saison 83/84 avec 11 victoires, 1 nul et 10 défaites.

Les cadets et les benjamins en devenant champions de Maine et Loire clôturent en beauté cette saison.

La grande nouveauté pour la saison prochaine en prévision des années futures restera l’annonce de la création d’un centre de formation.
Il est l’aboutissement de la volonté des dirigeants de s’orienter vers la formation des jeunes qui pourront par ce biais profiter de l’encadrement du club pour s’épanouir et progresser et qui sait rejoindre l’équipe première. Il verra officiellement le jour lors de la saison 85/86

Dominique Blanchard a connu CB de 1981 à1985. Le virus du basket l’a conduit ensuite à Saint Laurent de la plaine où il a joué pendant plus de 10 ans en N III et NIV. Même si ses occupations l’ont quelque peu éloigné des terrains, il continue de toucher la balle orange le dimanche matin «pour garder la forme ».

« Voici les quelques souvenirs qui m'ont le plus marqués parmi tant d'autres :

En NIII, le match contre les Aubrais pour l'accession en NII perdu de 3 points. Ce fut une grande déception pour tout le monde.

La deuxième saison fut la bonne en finissant premier de la poule de NIII et la montée en NII.

Le match qui marqua cette saison fut le Derby contre la Séguinière. Un super souvenir devant 1200 spectateurs et ou l'on gagne d'un point à 7 secondes de la fin.

Pour clôturer cette saison, nous nous sommes qualifiés au dépend de Doazit, au terme d'un match à grand suspens car il fallait remonter sept points pour se qualifier pour les demi-finales du championnat de France.

L'année suivante fut une belle aventure en NII ou nous avons rencontré de grandes équipes et de très grands joueurs, dans une salle Du Bellay toujours comble avec un super public.

Pour finir, on ne peut oublier Michel Léger et Yves Oger à l'origine du club, et pleins d'autres personnes qui ont tout donné pour que CB soit ce qu'il est actuellement ».