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Championnat

« Ça passe ou ça casse »

D'entrée de jeu, l'objectif du club est annoncé : la montée. Et pour cela le recrutement est aussi ambitieux. En remplacement de Jean-Jacques Kériquel, CB engage l’américain Tom Becker comme entraineur. Côté joueurs, Jim Grady parti vers d'autres horizons est remplacé par Mickael Payne et l’effectif est complété par Lindsay Hairston et Joël Napol.

Le début de saison est conforme aux objectifs : Cholet Basket remporte trois succès consécutifs. Seule une défaite à Evreux vient confirmer que le club, favori pour la montée était attendu. CB reprend bien vite sa marche en avant et remporte à nouveau trois succès consécutifs. Pourtant, CB s'incline face à Berck et Gravelines et cède la première place à cette dernière équipe.

Dès lors, CB devient chasseur et le BCM Gravelines sa proie. La course poursuite s'engage. Les deux équipes réussissent la formidable performance de remporter 8 succès consécutifs. Une défaite du BCM à Berck et la victoire de CB face à Noyon permettent aux joueurs de Tom Becker de revenir à égalité avec leur concurrent. Berck se trouve à la troisième place à deux points. Tout va donc se jouer sur les deux matches suivants puisque CB va affronter successivement Berck puis Gravelines.

Pour le premier match, 2500 supporters s'entassent dans la salle Du Bellay dans une ambiance de liesse permanente pour voir leur équipe infliger un retentissement camouflet à sa rivale de Berck, s’imposant 96-68 grâce au collectif choletais évoluant avec 5 joueurs à plus de 10 pts : Michael Payne 24 pts – Thierry Chevrier 19 pts – Nicky White 16 pts – Lyndsay Hairston 15 pts – Patrick Zamour 12 pts.

Toujours à égalité, le duel entre CB et le BCM Gravelines s'annonce plus passionnant que jamais. Près de 3000 supporters suivent la rencontre.
Aucune des deux équipes ne parvient à dominer les débats en première mi-temps, même si à la pause, les Choletais mènent de trois petits points (44-41). CB tient la rencontre par le bon bout. Malgré un retour de Gravelines à 3 points à 2 minutes de la fin, Thierry Chevrier (24 pts), qui finira meilleur marqueur de CB cette saison, Michael Payne (19 pts) et deux lancers de Laurent Biteau donnent un coup d'accélérateur pour gagner la rencontre 89-78. Les supporters envahissent le terrain, Cholet Basket a sérieusement pris une option sur la montée. Au vue de l'engouement des choletais pour leur équipe, le maire annonce par la même occasion que le club jouera désormais à la Meilleraie.

CB confirme sa promotion en Nationale 1 sur les deux matches suivant et la fête qui s'en suivit fut mémorable.  

Après 11 années d'existence, l'objectif annoncé est atteint : Cholet Basket fait partie de l'élite.

Play-offs

Il restait encore à attribuer le titre de Champion de France de Nationale 2 disputé entre CB et Nice. Au match aller, Nicky White et les siens ne s'inclinent que de deux points et préservent l'essentiel. Pour leur dernier match à Du Bellay, CB va se simplifier les choses et l'emporter 95-85 avec 6 joueurs à plus de 10 points : la fête est totale.

Coupe de France

L’entrée de Cholet Basket dans la compétition se fit par un déplacement à Orléans (équipe de N3). Ce qui devait être un simple tour de chauffe pour CB, est devenu un match très disputé, la blessure de Michaël Payne à la 10ème minute n’arrangeant pas les histoires. Mais l’armada choletaise prit feu, à l’image d’un Thierry Chevrier à 29 points. Orléans, ne déméritant pas, laissa filler le match à la fin. 88-95 pour CB à la fin du match. Cholet part pour le prochain tour.

 

32ème de finale qui se déroulera à St-Nazaire contre la formation locale. La différence sur le papier est grande entre ces deux équipes, tant Cholet paraît dominateur. Et cet écart fut traduit par un festival offensif. CB a laissé faire son talent et prit 31 points d’avance à la mi-temps avant que les Choletais, sans leur 5 majeur mis au repos, concluent le match (123-81).

 

3ème déplacement de suite pour les Choletais dans cette Coupe de France, pour y affronter Brest en 16ème de finale. Cholet aborde ce match avec confiance mais l’équipe est toujours sur les gardes : le duel du soir fut très accroché pendant 37 minutes, avant que CB prenne le large et remporte la victoire sur le score de 82-92.

 

Le 8ème de finale se fait une nouvelle fois à l’extérieur, à la Baule. Equipe de N3 de la même poule que St Nazaire. Cholet Basket a montré tout son talent : défensivement avec une zone presse irrespirable, et offensivement à l’image du trio de la soirée Patrick Zamour, Nicky White et Maurice Brangeon respectivement à 20, 19 et 19 points. L’écart se creuse à 40 points à la 33ème avant que CB se relâche et que les Baulois réduisent le score à 30 points. 95-66 score final.

 

Enfin un match à domicile dans la compétition : un quart de finale contre Toulouse. Une équipe dangereuse et dans un bonne dynamique en championnat mais Cholet semble une nouvelle fois supérieur. CB nous montre pourtant un visage bien pâle. En berne au niveau de l’adresse et dominé aux rebonds, CB s’incline en toute logique 68-72 et ce, malgré une salle Du Bellay à 1600 spectateurs, les 28 points de Michaël Payne et les 19 de Thierry Chevrier.

Extrait du livre "Cholet Basket : 25 ans au sommet" de Michel Gourichon

85/86 : « ça passe ou ça casse ».


Cholet Basket vient de souffler ses dix bougies. Michel Léger n’a pas réussi son pari. Compte tenu des évènements de l’an passé, il n’était pas réalisable. Il faut remettre l’ouvrage sur le métier. D’entrée, les ambitions sont avouées. La Nationale I est le seul objectif. Le recrutement est donc ambitieux lui aussi.

Tout d’abord, CB a du faire face à la décision, (pour des raisons familiales) de J.J.Keriquel, d’arrêter de mener les rênes de CB.

Les dirigeants sont allés outre atlantique chercher un entraîneur réputé et qualifié de pro : Tom Becker. Côté joueur, Jim Grady est parti vers d’autres horizons.

De Challans est arrive Lindsay Hairston. Cet américain naturalisé a évolué auparavant à Valenciennes, Roanne et Orthez. Un habitué de la N I qui tournait encore, à 32 ans, à dix points de moyenne et cinq rebonds.

Et puis les dirigeants espèrent avoir trouvé la perle rare en la personne de Mickaël Payne. Tout droit sorti de l’université, cet athlète de 2, 08 fut élu meilleur joueur d’Iowa. Agé de 22 ans, il est réputé pour être adroit, rapide et collectif. Mais on l’attend surtout pour tenir le rebond choletais.

Enfin, les dirigeants choletais intégreront à l’équipe un jeune guadeloupéen qui fait son service militaire. Joël Napol sera le 3ème meneur de CB.

Les matchs amicaux face à Lorient (N I B), Caen (N I A), Nantes (N I B) permettaient de juger le bon niveau de l’équipe de CB qui laissait entrevoir de belles choses. Les observateurs, le disaient ; CB avait les moyens de ses ambitions.

Les adversaires de CB le placent même comme favori. Il va falloir supporter la pression.

CB commence la saison par 3 victoires, face à Chatou d’abord 91.76 (Girard 18 pts), puis à St Quentin 85.76 (Payne 20 pts) et face à Sceaux 108.78 (White 22 pts). Mais le favori était attendu et l’ALM Evreux se faisait un plaisir de faire chuter CB leader 78.88 (Payne 20 pts). Il fallait se reprendre et c’est ce que CB faisait en s’imposant face à Graffenstaden 107.81 (Zamour 29 pts), à Denain 101.79 (Payne 27 pts) et face à Noyon 104.74 (Payne 28 pts). Le déplacement à Berck fut une histoire d’arbitrage. En effet, Mickaël Payne fut sanctionné d’une faute disqualifiant qui pénalisa lourdement l’équipe. La défaite de CB 82.96 (Hairston 24 pts) n’aurait peut-être pas eu lieu sans ce coup de pouce du corps arbitral. Du coup CB avait perdu la première place. Il devait maintenant la partager avec Gravelines.

Gravelines… C’est là que CB devait se rendre pour la 4ème journée. Après un match intense, CB s’inclinait d’un petit point 82.83. Larry Lawrence avait été le bourreau de CB. Chevrier avec 20 points donc 4 paniers à 3 points et ses coéquipiers n’avaient pu l’arrêter. Gravelines prenait seul les commandes.

Dès lors, la course poursuite avec le BCM va s’engager. Les deux équipes vont enclencher une série de 8 victoires. Les joueurs de T. Becker vont s’imposer face à Troyes 83.65 (Chevrier 26 pts), à St. Brieuc 97.70 (Chevrier 20 pts), à Chatou 78.55 (Chevrier 21 pts), face à Quentin 107.86 (Chevrier 22 pts), à Sceaux 100.85 (Chevrier 29 pts), face à Evreux 106.84 (Chevrier 30 pts), à Graffenstaden 96.93 (Chevrier 24 pts), face à Denain 101.64 (White 25 pts). A six rencontres de la fin, les choses étaient au point mort. Berck allait jouer les troubles fête en battant Gravelines. CB victorieux à Noyon 100.79 (Chevrier 21 pts), retrouvait du même coup la place de leader ex-æquo avec le BCM. Berck était 3ème à 2 points des leaders. Les deux matchs qui allaient suivre allaient donc être déterminants. En recevant successivement Berck et Gravelines, les hommes du président Léger avaient en main les clés de la réussite. Cette dramatique en deux actes commença par la venue de Berck. Les supporters l'avaient bien compris, eux qui s’entassaient à 2500 dans la salle Du Bellay.

Après une première mi-temps équilibrée (42.37 pour CB à la pause), les joueurs de CB, sous l’impulsion de N.White passèrent un 30.12 à Berck dans une salle en liesse. Au coup de sifflet final, 28 points séparaient CB de Berck : 96.68 (Payne 22 pts). Le premier rival dans la course au titre était écarté. Pour la venue de Gravelines, 15 jours plus tard, un vent de folie souffla sur la Rochefoucaud. Les billets, fameux sésames pour entrer dans l’antre Du Bellay, s’arrachaient. Plus de 2000 personnes se présentaient le lundi précédent. Mais 1500 repartirent sans ce fameux sésame.

Ce 22 mars 86, ils étaient cependant près de 3000 dans la salle Du Bellay et 400 devant un écran géant : une popularité à faire rougir certains clubs de N I A.. Les débats, on s’en doute, étaient crispés. Aucune des deux équipes ne réussissait à prendre le large et à la mi-temps CB rejoignait les vestiaires avec un maigre avantage de 3 points (44.41). En seconde mi-temps, CB décrochait par deux fois son adversaire mais le BCM faisait plus que de la résistance. Si bien qu’à la 38ème minute, Gravelines était revenu à 3 points (79.76 pour CB). Mais les hommes de Becker n’allaient heureusement pas craqué, Chevrier et Payne se chargeant alors de creuser un écart définitif (87.78 à la 40’). Deux lancers francs de Biteau et l’affaire était dans le sac : 89.78 (Chevrier 24 pts). Mais qu’on avait eu chaud. Les supporters pouvaient envahir le terrain pour féliciter les héros du jour. CB avait un pied en N I. Il ne restait plus qu’à gagner une des deux dernières rencontres pour que les «portes du paradis » s’ouvrent.
Mais cette victoire et l’engouement du public apportaient son lot de souci au président Léger. « En N I, Du Bellay ne tiendra pas le coup, il était déjà plein comme un œuf. Les murs ont déjà été repoussés une première fois et tous les samedis le quartier est pris d’assaut par les voitures ». Heureusement, le maire, conscient des retombées médiatiques que le basket pouvait avoir pour la ville de Cholet apporta une réponse : « En aménageant une des salles du parc de la Meilleraie, CB allait pouvoir satisfaire 3 à 4000 inconditionnels. Avec le vaste parking, cela offrira un cadre plus adapté au sport de haut niveau. Cela dans l’attente de la construction d’un vrai hall des sports ». A CB, on ne pouvait rêver meilleur épilogue à un travail de 11 années pour hisser le club parmi l’élite.

CB ne voulait pas trembler plus longtemps et allait sceller sa victoire 15 jours plus tard à Troyes 88.71 (White 19). Le 19 avril 1986, pour la dernière journée de la saison, on pourrait faire la fête. A la veille de la Mi-Carême, c’est à une vraie soirée de gala que tous eurent droit. D’abord sur le terrain ou les joueurs lancèrent le premier feu d’artifice s’imposant 119.77 devant St Brieuc (Zamour 26 pts). La fête pouvait alors démarrer et c’est un vrai show à l’Américaine que joueurs et supporters eurent droit : confettis, banderoles tout y était. Tard dans la nuit, Du Bellay résonnait encore des bravos de la foule. Th. Chevrier se révélait être, encore plus cette saison, le leader de cette équipe. Avec 19, 04 points de moyenne par match, il était le 15èmè marqueur de ce championnat devant White (19ème), Payne (21ème) et Zamour (32ème). Mais il fallait encore garder des forces. Le titre de champion de France de N II restait à attribuer. Qui de CB (1er de la poule B) ou Nice (1er de la poule A) allait monter sur la plus haute marche ?

Au match aller, CB prenait une option s’inclinant de deux points 83.85 (Payne 35 pts) sur la côte d’azur.

Le retour à Du Bellay allait revêtir rapidement des allures de sacre. Pour leur dernier match dans cette salle « mythique », les mains de Girard, Zamour, White, Liaud , Chevrier, Hairston, Payne, Brangeon, Lopez et Biteau ne tremblaient pas. : 95.85 pour CB au coup de sifflet final. Les joueurs pouvaient lever à bout de bras une coupe qui venait récompenser une saison magnifique. La fête était totale.
CB venait de dire adieu de la plus belle manière à Du Bellay. Laurent Biteau était peut être le plus ému. Celui qui avait revêtu le maillot de CB en septembre 75 allait fermer la première page de l’album de Cholet-Basket. C’était son dernier match sous le maillot rouge et blanc. Il partait, non sans regrets, pour la Séguinière.

Apothéose d’une saison magnifique, les jeunes ramenaient 4 nouveaux titres à CB. Les juniors étaient sacrés champion de Maine et Loire. Idem pour les cadets, les minimes garçons et les poussines. Mieux, les cadets devenaient champions régionaux et les minimes garçons finalistes du championnat de France.

Le président Léger pouvait être fier. En 11 ans, son rêve était devenu une réalité. En 1975, Michel Léger était reparti du bas alors que l’Elan Béarnais d’Orthez de son ami Pierre Seillant accédait à la N I. Coïncidence, l’année ou Michel Léger voit son club accéder à la N I, le club de P. Seillant décroche son premier titre de champion de France. Les retrouvailles entre ces deux présidents promettent de belles soirées. Les dirigeants de la première heure avaient donc réussi leur pari : Donner à Cholet une équipe de Basket de haut niveau. Après des moments de doute, d’espoir, de galères mais également de grande joie et de bonheur, ils venaient de concrétiser ce que, le 18 juin 1975, beaucoup imaginaient comme de la pure folie. Mais, avec cette réussite, le plus dur restait peut être à faire : maintenir CB à son rang et progresser. Avec l’ambition que l’on connaît au président choletais, nul doute qu’il saura se donner les moyens pour que Cholet Basket rayonne encore plus au niveau national et, qui sait, en Europe un jour...

Tom Becker, tout comme E.Girard, aura connu CB à deux époques. C’est avec plaisir qu’il revient sur le temps où il était à la tête de l’équipe (85/87) :

-Le titre de champion de France de NII :
« J’ai sûrement eu beaucoup de chance car je disposais d'une équipe très forte. Le recrutement avait été très judicieux. Les joueurs étaient très pros et sympas. Le mélange vétérans / jeunes donna une très bonne osmose.
Je me rappelle d’un fait marquant pour le titre : le match CB-Gravelines fut très important. Thierry Chevrier a été notamment très adroit.
Une anecdote : Beaucoup de joueurs à cette époque, étant au club sont devenus coachs. C’était la marque de joueurs très intelligents ».

-Le mauvais départ en NI puis l'accession :
« Le recrutement des Américains n'est pas très bon. Les deux joueurs étaient très côtés aux États-Unis, mais n'avaient pas de vécu en Europe et la mayonnaise n'a pas pris.
Ensuite, Calvin Duncan a été coupé et dans le même moment Graylin Warner était coupé en Italie. Lui avait un vécu en Europe, ce changement "chanceux" a été primordial pour la montée. Warner s'est très bien intégré dans la ville grâce à un super état d'esprit. C’était très motivant pour ses coéquipiers ».

-Tes souvenirs personnels :
« Je suis arrivé en 1985. Pour moi l'ensemble a été très positif. Je me suis bien intégré dans la région (sport+travail).
Meilleurs souvenirs :
Avoir coaché des jeunes joueurs (Pro ou Espoir) devenus coachs aujourd'hui (Eric G., Jacky P., Jeff M., Laurent B.).
La mise en place du centre de formation qui s'est réellement professionnalisé un an après sa création. (Arrivée de Bilba Jim) ».

-Ton retour en 1996 avec Eric Girard que tu avais coaché en 1985/1987 :
« J’ai été très heureux et agréablement surpris par Eric que je considère comme étant très exigeant envers les joueurs, lui qui était un joueur facile à coacher. Cela a été ma grande surprise. Il est très professionnel dans l'approche de n'importe quel match. Pour lui, le travail collectif est gage de réussite. Pour moi, c’est une valeur importante ».