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1988/1989 (N1A)

1er rang : Gilles Bernard (Kiné), Jean Galle (Entraîneur), Laurent Buffard (Entraîneur Assistant).

2ème rang : Michel Léger (Président), Antoine Rigaudeau (14), Didier Dobbels (7), Graylin Warner (9), Bruno Constant (15), Jean-Pierre Ville (8), Maguette N'Doye (12), Kenny Austin (11), Jim Bilba (6), Patrick Cham (13), Thierry Chevrier (10), Philippe Hervé (4), Valéry Demory (5).

CHAMPIONNAT

CB confirme en France

Le début du Championnat montre bien les intentions de Cholet dans ce Championnat. Après 4 journées, CB s’installe en tête de la ProA en compagnie d’un groupe de quatre. La défaite dans les derniers instants du match à Mulhouse fait que Villeurbanne prend la tête seul. Mais après trois victoires consécutives les choletais recollent en tête avec Paris et Villeurbanne.

Petit souci auquel Cholet ne pensait pas être confronté, Kenny AUSTIN se blesse et doit se faire opérer. Jean GALLE doit trouver un joueur capable de le remplacer et le choix s’arrête sur Orlando GRAHAM qui participe activement à la victoire choletaise sur Villeurbanne avec 19 points et 11 rebonds. Mais huit jours plus tard, il ne peut rien faire pour éviter la défaite face à Montpellier. Dès lors l'équipe va alterner le bon et le moins bon et s’accroche à la seconde place jusqu’à la fin de la saison. Cholet Basket confirme ainsi son statut de "cador" du championnat. GRAHAM n’ayant pas réussi à convaincre le staff choletais, quitte le club.

Play-Offs

Passé le tournoi, il faut se concentrer pour les play-offs. En quart de finale CB affronte St Quentin. Pas de soucis pour les choletais qui écartent leur adversaire en deux matches secs (66-65 et 74-69). Ils retrouvent en demi-finale Pau-Orthez qu’ils avaient éliminé au même stade au Tournoi des As. Malheureusement, Pau va prendre sa revanche et éliminer Cholet Basket en demi-finale.

Tournoi des As

Le Tournoi des As au Mans va voir s’affronter CB face à Pau-Orthez et le CSP Limoges face à la surprenante équipe de Mulhouse en demi-finales. Les choletais éprouvent peu de difficultés à écarter Pau (86-72). Cholet Basket retrouve Mulhouse en finale. Trop sûrs d’eux ou bien trop stressés par l’enjeu, les choletais manquent leur finale et échouent pour la 2ème année consécutive à ce stade de la compétition. 

Coupe Korac

La campagne Européenne débute par deux matches contre les hollandais de Weert. Après le premier match, les choletais accusent un retard de 19 points. La tâche promet d’être ardue et Jean GALLE décide de lancer un appel aux supporters afin de créer un électrochoc pour les joueurs : 6000 spectateurs se pressent dans l’enceinte de la Meilleraie. Face à ce public impressionnant Weert n’inscrit que 42 points alors que Cholet en marque 81. Le retard est largement comblé et la joie des spectateurs fait trembler la salle de la Meilleraie. 

Ce tour préliminaire passé, Cholet se tourne vers Munich où a lieu le tirage au sort. La main du Président de la FFBB René David décide que CB va rencontrer le grand Real Madrid, Caserte ainsi que le club de Galil Elyon. Sur ces 6 matches Cholet Basket va en remporter deux contre le Real Madrid et Caserte, ce qui ne suffira pas pour se qualifier.

Dans une salle de la Meilleraie pleine jusqu’aux cintres et contenant plus de 7000 spectateurs, CB et le Real Madrid vont se livrer un match très disputé. Dans la première mi-temps, le Real montre l’étendu de son potentiel, à l’image de Drazen PETROVIC qui régale les spectateurs par ses prouesses techniques. En seconde période, les choletais reviennent sur le terrain avec de meilleures intentions et agresse dans le jeu les espagnols. Le match sera même temporairement interrompu suite à l’envahissement du terrain par le banc choletais. Graylin WARNER, impérial ce soir-là, inscrit 47pts et offre la victoire à Cholet (95-85). Ce match restera le match légende et de référence dans toutes les mémoires des supporters choletais.

Malgré l’élimination en poule, Cholet Basket n’avait pas à rougir de son parcours Européen. Et pour l’anecdote Madrid remportera la Coupe d’Europe contre Caserte.

Extrait du livre "Cholet Basket : 25 ans au sommet" de Michel Gourichon

88/89 : L’année de la confirmation

Après la superbe saison de l’an passé, Cholet Basket doit maintenant confirmer que ses prétentions sont à la hauteur des ses ambitions. Jouer les troubles fêtes en position d’outsider a marché une saison mais maintenant Jean Galle et sa troupe seront attendus et nombre d’équipes voudront avoir CB à leur tableau de chasse. Face à ce genre d’exercice, la stabilité est un gage de sécurité.

Jean Galle est donc resté aux commandes. Demory, Bilba, Dobbels, N’Doye, Ville sont restés tout comme les Ricains Warner et Austin. Rigaudeau continuera son apprentissage.

B. Ruiz, M. Brangeon et A. Lopez partis, leurs remplaçants sont Bruno Constant et Philippe Hervé qui ont joué avec V. Demory à Challans. Mais CB, pour se préparer aux joutes européennes a besoin d’un plus qui sera P. Cham. Redoutable défenseur, l’ex-parisien apportera son expérience à une équipe qui selon les spécialistes a fière allure.

CB confirme en France

L’année démarrait d’ailleurs bien pour les joueurs choletais : victoire face à Tours 90.68 (Warner 30 pts), à Caen 80.70 (Warner 37 pts), face à St Quentin 90.74 (Demory 27 pts) et à Gravelines 75.55 (Warner 23 pts). CB était dans le groupe des 4 leaders. Szanyel pour Mulhouse, en inscrivant les deux lancers francs à 16’’ de la fin du match, donnait la victoire aux siens 81.82 (Warner 22 pts). Villeurbanne s’installait en tête du championnat.

Une victoire à Monaco 78.73 (Warner 23 pts), une défaite face à Nantes 72.74 (Warner 12 pts), une victoire face à Lorient 76.70 (Warner 23 pts) ramenaient CB en tête avec le Racing Paris et Villeurbanne.

Mais les dirigeants avaient des soucis. Kenny Austin blessé n’a disputé que 4 rencontres. Son genou le fait souffrir. Maguette N’Doye le supplée admirablement mais ne sera pas qualifié pour la coupe d’Europe. Car cette saison, il faudra jouer sur deux tableaux.

Alors qu’Austin se faisait opérer, CB s’inclinait à Orthez 81.82 (Warner 31 pts). Les dirigeants en quête d’un remplaçant se sont arrêtés sur Orlando Graham. Pour son premier match sous les couleurs rouge et blanche, il participa activement à la victoire choletaise sur Villeurbanne 82.73 (Graham 19 pts, 11 rebonds), mais ne pu empêcher la défaite des siens à Montpellier 73.89 (Dobbels 18 pts) huit jours plus tard. CB alternera dès lors le bon et le moins bon. Les victoires face à Antibes 102.86 (Warner 37 pts), à Avignon 81.75 (Warner 39 pts), à Paris 101.100 (Demory 24 pts) permettaient à CB de tenir la seconde place avec Nantes, derrière le CSP Limoges.

Après une défaite à Tours 79.80 (Warner 26 pts), les joueurs de J. Galle repartaient pour une série de victoires, face à Caen 96.77 (Warner 35 pts), à St Quentin 82.77 (Warner 32 pts), face à Gravelines 100.84 (Demory 25 pts), à Mulhouse 73.72 (Warner 28 pts), face à Monaco 109.94 (Warner 29 pts). Les Nantais allaient mettre fin à cette belle série. CB, fatigué par la coupe d’Europe s’inclinait à Nantes 56.66 (Warner 26 pts), mais ne perdait pas sa seconde place, bien calé entre Limoges le leader et Orthez 3ème. Les Choletais allaient se rassurer huit jours plus tard à Lorient l’emportant 88.72 (Warner 27 pts) avant d’accueillir Orthez pour la 24ème journée. Devant les caméras d’Antenne 2, devenues des habituées de la Meilleraie, les Choletais crevaient le petit écran pour s’imposer 86.67 (Warner 28 pts). CB allait s’accrocher à cette seconde place jusqu’à la fin de la saison. La défaite à Villeurbanne 59.80 (Cham 15 pts) avec l’absence de Warner laissait place aux victoires à Antibes 95.92 (Warner 26 pts) et face à Avignon 114.55 (Warner 50 pts). N’ayant jamais réussi à convaincre le staff choletais, Orlando Graham avait été débarqué. L’aventure allait continuer sans lui. Le CSP Limoges était décidé à maintenir son avantage et sa suprématie à domicile. CB s’inclinait 96.71 (Warner 24 pts) face à Dacoury et les siens. Mais les Choletais étaient déjà assurés de finir second. Il restait à tirer le feu d’artifice, ce que faisait CB en s’imposant 101.81 (Warner 29 pts) dans la capitale face à de biens pâles Parisiens.

Le coup de la saison passé n’était donc pas un pétard mouillé. En terminant à la seconde place, les joueurs de Jean Galle faisaient même mieux.

Les Espoirs, dans un championnat très déséquilibré, ont régné en maître toute la saison s’adjugeant le titre de champion de France pour la seconde fois, ne concédant que deux défaites. Face à Monaco, en s’imposant 98 à 29, A Rigaudeau et ses partenaires ont établi deux records «espoirs » : le plus gros écart dans une victoire (+ 69 pts) et le moins de points concédés dans un match (29 pts). Avec leur succès dans le Trophée du Futur, l’équipe entraînée par L Buffard réussissait le doublé.

Le tournoi des As du Mans allait opposer Cholet à Orthez et Limoges à un Mulhouse qui surprenait quelque peu les pronostiqueurs cette saison et qui ne les faisait pas démentir en faisant tomber le CSP Limoges dans la première demi-finale. Les Choletais, quant à eux éprouvaient peu de difficultés à se défaire des Orthéziens 86.72. Cham (15 pts) mais surtout Rigaudeau (14 pts) ont été époustouflants devant de nombreux supporters choletais qui avaient fait le déplacement. CB en était à sa deuxième finale des As consécutive et devenait du coup le favori. Est ce l’excès de confiance, la peur de gagner qui tétanisa les Choletais ? Ils avaient fait le plus gros du travail en menant de main de maître la première mi-temps. Mulhouse, par un Ron Davis impeccable était revenu à égalité à 37‘’ du terme. Un shoot raté de Demory était capté par Szanyel qui laissait à Davis le soin de crucifier les Choletais. Mulhouse l’emportait 82.80 devant des joueurs choletais et leurs supporters, tous médusés. Une si belle occasion de remporter les As ne se représentera peut être pas de sitôt, pensions-nous.

Il fallait se reconcentrer sur les play-off car, au-delà de la phase finale, il y avait aussi la distribution des places pour la coupe d’Europe. Cholet y avait goûté et semble t’il pris goût.

En ¼ de finale, face à St. Quentin, CB s’imposait difficilement en deux matchs 66.65 (Warner 26 pts) et 74.69 (Warner 30 pts). Fortier et ses équipiers avaient rendu la vie difficile à des Choletais qui avaient du mal à se remotiver après la déception des As. Cependant, par cette victoire, l’équipe avait gagné son billet pour une coupe d’Europe (coupe Korac).

En 1/2 finale, CB retrouvait Orthez. Mais la magie des As était passée et les Choletais s’inclinaient à Orthez 68.90 (Warner 22 pts). Le retour à Cholet était très indécis. Pour CB, la défaite signifiait la fin de saison, la victoire aurait permis d’espérer dans une belle à quitte ou double.

Mais de belle, il n’y en eut point. Après un match très intense, les Choletais devaient s’incliner 69.73. Malgré les 41 points de G. Warner, impérial et un travail de ses coéquipiers tout aussi méritants, ils n’ont rien pu faire face à des verts d’Orthez déterminés, emmenés par un Carter et un Hufnagel survoltés.

CB avait confirmé qu’il faudrait dorénavant compter sur lui pour jouer les premiers rôles dans le basket français. En deux saisons de N I A, le club avait conquis un grand nombre de supporters. Remplir la Meilleraie à chaque match était une seconde victoire. Du Bellay avait écrit une première partie de l’histoire de ce club ; la Meilleraie était bien partie pour en écrire une seconde. D’autant que CB avait fait connaissance avec la Coupe d’Europe.

Bruno Constant fait partie de ces joueurs qui ne sont pas souvent sous les projecteurs parce qu’on leur confie des tâches défensives. Mais sans eux, les shooteurs ne s’exprimeraient peut-être aussi aisément :

« Il est vrai que durant une carrière sportive et entre autre les deux saisons passées à CB (88/90), les différents coachs m'ont souvent offert la possibilité de m'exprimer sur le terrain par des tâches défensives, ingrates et pas toujours reconnues, il est vrai. Mais ceci étant, je suis devenu peut-être l'un des précurseurs des tâches difficiles et ingrates, comme d'autres à l'époque.

Aujourd'hui, dans le championnat français, cela est devenu coutumier et plus valorisé.

On peut le remarquer aussi dans d'autres sports où ces rôles ingrats ont une importance primordiale.

Maintenant, le seul regret que je puisse avoir en ayant connu le haut niveau pendant près de 15 ans, c'est de n'avoir jamais gagné ou remporté de championnat ou de Coupe de France, malgré deux finales de tournoi des AS.

Ceci étant le plus beau souvenir pour moi et je le pense pour beaucoup d'autres, est d'avoir battu le Real Madrid qui à l'époque était l'ogre européen avec un certain Pétrovic, aujourd'hui malheureusement disparu.

La peur de ma vie avec CB, fut le déplacement Cholet-Rimini en avion huit places, pour un match à Pesaro. Le vol ainsi que l'atterrissage furent des plus mouvementés (des trous d'air de 10 mètres) à tel point que les deux pilotes repartirent seul, et notre retour se fit en train (moins périlleux, mais plus galère).

Un souvenir de fou rire, et il y en a eu :
- Match à Lorient,
- -20 dans la musette,
- Retour à un hôtel pour un repas d'après match.

Tout se déroula bon enfant, avec quelques blagues de-ci, de-là. Quant arrive le moment de choisir le dessert. Le serveur apporta le plateau et demanda à chacun le dessert qu'il souhaitait.

Arriva le tour de notre ami Patrick (Cham, le plus blagueur d'entre nous) qui demanda le nom du gâteau qu'il voulait. Ennuyé, le serveur bafouilla et tarda à donner le nom. Après maintes réflexions, le serveur répondit : "c'est une tête japonaise".

Je ne vous dis pas le fou rire et les larmes de rire qui suivirent. Car, il est vrai que c'était une tête de nègre, mais vous comprendrez la difficulté du serveur en regardant Patrick.

Sinon pour moi, il n'y eut que des moments de joie et de bonheur, que ce soit dans la victoire ou la défaite, car sportif de haut niveau est une vie privilégiée ».

Le baptême Européen

Grâce à sa place de finaliste des As l’an passé, CB va faire son baptême des joutes européennes. La coupe des coupes paraît difficile, peut être est ce un peu prématuré ? Quelques doutes s’installent dans la tête des dirigeants, vite balayés car l’attrait est le plus important.

Jean Galle et sa troupe vont découvrir l’Europe aux Pays Bas, à Weert plus précisément le 1er novembre 1988. Ce baptême va s’accompagner d’une «douche Ecossaise ». Jusqu’à la 30’, le match était équilibré ; puis tout se précipita. Les locaux allaient infliger un véritable KO à Cholet Basket (25.7 en 10’), ce qui portait le score à 75.56 (Warner 24 pts) en faveur des Hollandais. Dix neuf points, ce sera le handicap de CB. Il faudra se surpasser au retour si les joueurs ont envie que l’aventure continue. Jean Galle lançait même un appel au public pour qu’il soit encore plus que d’habitude le 6ème homme. Huit jours plus tard ce 6ème homme avait répondu à l’appel et les 6000 spectateurs entonnaient une Marseillaise qui faisait trembler les murs de la Meilleraie, comme pour montrer à J. Galle et à ses joueurs qu’ils avaient entendu le message.

Un vent de folie souffla sur la Meilleraie ce soir là, faisant plier les grands gabarits hollandais. A la 27’, le retard était comblé (50.31) mais Demory et ses équipiers ne pourraient plus s’arrêter et le fossé se creusait. Dans les ultimes minutes Warner, auteur de 31 points avait rejoint le banc, laissant la place aux Chevrier, Ville et Rigaudeau. Les 6000 spectateurs ponctuaient chaque passe de «olé ! » dignes des grandes corridas. Et au coup de sifflet final, CB avait doublé son retard 80.42 soit +38. La Meilleraie pouvait fêter les héros d’un soir. L’aventure continuait mais le couperet n’était pas passé loin.

Avant le tirage au sort des poules, les supporters piaffaient d’impatience ; il y aura 3 matchs à la Meilleraie. En voyant les équipes affichées pour ce tirage au sort à Munich, M. Léger ne se faisait pas d’illusion. Ce sera très dur : Madrid et Caserte d’un côté, Zagreb et Kaunas de l’autre. Il restait à savoir dans quelle poule allait tomber CB. La main de René David, président de la FFBB répondit au souhait de Michel Léger. Le réal Madrid, Caserte et l’Haopel Galil Elyon viendront à la Meilleraie. Les noms de Petrovic, Biriukov, les frères Martin pour le Réal, Oscar Schmidt, Esposito pour Caserte ; Lear et Freaman pour Galil Elyon faisaient déjà frissonner les supporters. Th. Chevrier n’en revenait pas : « Devoir rencontrer en compétition le Réal de Madrid, c’est quelque chose ; c’est grandiose ! C’est, en tant que club omnisports, ce qui se fait de mieux en Europe avec le foot et le basket. On ne peut qu’être admiratif. Mais il ne faudra pas pour moi être qu’admiratif. D’un côté voir de près Drazen Petrovic, c’est déjà exceptionnel pour un basketteur. Alors, pensez, jouer contre lui ou le voir du banc de touche… »

En six matchs les Choletais ont obtenu deux victoires. Celles ci resteront à jamais gravées dans la mémoire du club et de ses supporters. De plus CB n’a pas à rougir  de ses 4 défaites. Personne n’aurait imaginé que Madrid et Caserte mettraient pied à terre à la Meilleraie, que CB abattrait donc deux géants d’Europe. Les Choletais allaient découvrir dans leurs rangs un joueur d’exception en la personne de Graylin Warner. Celui qu’on allait appeler «le lévrier des Mauges », tant son basket était rapide et fluide, allait signer deux exploits personnels face à Caserte (44 pts) et au Réal (47 pts).

Cholet-Basket avait fêté de la plus belle manière, son entrée dans le cercle des Européens. Les joueurs et le public y avaient pris goût et en redemandait. Il fallait espérer que CB venait de signer un bail à long terme car sans Europe, les saisons risquaient de devenir un peu fade.

Inconnu du basket à son arrivée à Cholet, l’actuel capitaine de l’équipe de France est aujourd’hui un des meilleurs joueurs européen. Jim Bilba nous livre ses souvenirs sur sa découverte de l’Europe du basket :

Rencontre avec Weert :

« Quand nous sommes arrivés, ce qui m'a le plus marqué c'est que tout le monde était en vélo (du plus jeune au plus vieux).
Deuxième surprise, concernant la salle qui était une salle omnisports. Il y avait tellement de lignes de toutes les couleurs. Nous n'avions aucun repère pour savoir si nous étions sur ou hors du terrain. Nous avons perdu d'une vingtaine de points : on pouvait les battre mais on a manqué de repères et on était inexpérimenté, nous sommes arrivés la "fleur au fusil" ».

-Tes 17 points contre Caserte :

« Ce soir là, j'ai eu pas mal d'opportunités. Comme personne ne me connaissait, ils allaient "traper" sur les autres et me laissaient du champ libre. La salle était impressionnante : c'était un chaudron du basket. Le public était chaud, on nous lançait des rouleaux de papiers toilettes, ils crachaient... Nous n'avions pas l'habitude, on était déstabilisé. A Caserte, il y avait Gloukov qui avait une expérience NBA, c'est moi qui défendais sur lui, j'étais comme sur un nuage de pouvoir jouer contre des gars comme ça. Je me souviens d'autres grands joueurs comme Gentile, Esposito, Oscar Schmitt. J'étais content de ma prestation mais aussi déçu car on s'est fait éliminer, mais je pense honorablement par une grosse équipe italienne qui, d'après moi, a remporté le championnat cette année là.
A cette époque, tout ce qui nous arrivait, c'était du bonus. C'était notre deuxième année de Pro A donc déjà un parcours comme ça, c'était extraordinaire.

-Le Real de Madrid :

« Très impressionnant de recevoir une telle équipe avec un tel palmarès (avec Pétrovic). Nous avec notre modeste équipe, on les a bousculé. Je me rappelle des frictions pendant le match, interventions de Maguette, N'Doye et Kenny Austin (en civils !). C'est quelque chose à mettre dans les annales du club. Ce fut un grand tournant du match, il a bousculé. Les images resteront toujours gravées. Pétrovic nous a montré toute l'étendue de son talent. Ca s'est terminé par une grosse fête dans la salle et dans les vestiaires ».

-Quelques souvenirs :

« Voyage à Pesaro épique. Les conditions climatiques étaient déplorables. Il y avait beaucoup de turbulences (pendant 2h30). Tout le monde était bouleversé. On s'en souvient encore, j'en ai encore reparlé récemment avec Stéphane Lauvergne.
Autre voyage mouvementé : Je ne me souviens plus si c'était Nantes, Nice ou Montpellier. Au départ, des mouettes se sont infiltrées dans le réacteur. Résultat en plein envol, l'avion s'est brutalement stoppé, plus personne ne parlait dans l'avion !!! On a pris un autre avion mais ce ne fut pas de gaieté de cœur, autant dire que le soir, nous n'étions pas dans notre assiette.

-Les Derbys Cholet / Nantes

« On s'en rappellera toujours, avec les Billy, Reid, Andy Fields, G.Montgomery, S.Lauvergne, O.Ruiz. L’accident de Bruno Ruiz, ça nous a refroidi. On ne savait pas ce qu'il aurait comme séquelles. Je l'ai revu depuis, il va bien, il fait du scouting.
A CB j'ai vu passer plusieurs générations : de Nicky White jusqu'à Yan Lockhart et G.Warner. J'ai pu voir l'équipe de Cholet gravir les échelons de la Pro B à la Pro A, devenir ainsi un ténor du basket français. C'est grâce à un grand président Michel Léger, ainsi que tous les bénévoles et le public. Toutes ces personnes m'ont accueillis à bras ouverts et je profite de l'occasion qui m'est donné pour les en remercier ».

A l’issue de la dernière rencontre du championnat, le président Léger déclarait : « Ce qu’il faut retenir ce soir c’est que Cholet-Basket a confirmé cette saison qu’il faisait parti des meilleures équipes du championnat et était capable d’exploits en coupe d’Europe. Ce que je peux dire, c’est que nous serons plus fort l’an prochain que cette saison. »

Mais le succès, que Cholet-Basket a acquis dans ce vertigineux décollage, lui a peut-être apporté le revers de la médaille. Sevré de caviar, le public est devenu très exigeant, en demandant toujours plus et n’acceptant pas certaines erreurs de leur équipe. Pourtant, en voyant le palmarès de CB, il n’y a pas de quoi rougir.

En cette fin de saison, Cholet-Basket allait fermer une seconde page de son album. Th. Chevrier tirait sa révérence après 12 années passées au club. A 29 ans, il aura tout connu avec CB, et plus symboliquement tous les échelons du basket. Du niveau départemental à la coupe d’Europe en passant par la coupe de l’Anjou, le titre de champion de France de N II, la finale du championnat de N I A face à Limoges. Il aura également eu le privilège d’inscrire son nom au palmarès des marqueurs européens en inscrivant les deux derniers points de la victoire face à Caserte et Oscar Schmidt. Th.Chevrier est resté fidèle au Maine et Loire. A la fin de sa carrière de joueur, il prend en main l’équipe féminine de CB, et puis jusqu’à aujourd’hui, il était l’entraîneur d’Anjou BC. Quel chemin parcouru pour celui qui venait à ses premiers entraînements en mobylette depuis Trémont !

« Et c’est lorsque Trémont rencontrait la JF (avant 75) que Francette (la mère de Th.Abélard) m’avait remarqué. Avec M.Léger qui connaissait mes parents, ils m’ont décidé à venir à Cholet. Moi, j’étais gamin et mes parents ne connaissaient rien du basket. J’aurais aussi bien pu signer ailleurs. Cholet, ça me permettait de continuer mes études. C’est comme ça que je suis arrivé, en 77. Douze ans après, en raccrochant les baskets, je me suis rendu compte que j’avais vécu un truc super, surtout quand tu touches à la Pro A et que tu regardes d’où tu es parti. Mais jamais, je n’aurai imaginer cela ».

Dès qu’il s’agit d’évoquer les souvenirs, Thierry devient intarissable. Chaque match a son anecdote :

« En départementale et en région, chaque match était une fête. Nous étions jeunes et nous pensions surtout à nous amuser. Les soirées à la brasserie de la gare duraient… Et puis, il y a eu ces deux matchs perdus contre Bégrolles. C’était plus que chaud. D’ailleurs, aller jouer dans les Mauges, c’était quelque chose.

Il y a eu aussi cette demi-finale de Coupe de l’Anjou entre CB 1 et CB 2, à la Pommeraye. On s’est tiré la bourre pendant tout le match.

J’ai aussi connu le coach M.Léger, le seul coach de CB à être resté invaincu. D.Calzonnetti était quelqu’un de très sympa. Il venait faire les vendanges chez mes parents. C’était une fête. Une fois, nous étions en retard et c’est M.Léger qui est venu nous chercher pour nous conduire à Angers, salle Jules Ferry. Le brouillard était tellement épais qu’on est arrivé en retard. Le match était commencé… »

En feuilletant l’album photo, Thierry se souvient :

« - du match nul de CB à Evreux, le seul de son histoire, obtenu par Rudy Jackson. Un tir désespéré qui monte à n’en plus finir avant de retomber dans le cercle. Un jour, sa femme est carrément intervenue sur le terrain pour que Rudy rentre en jeu.

-du match à la JALT le Mans. J’étais mal parce que j’avais oublié mes lentilles. Au finish, j’inscris 44 points ; sans doute mon record…

-du match à Doazit en finale N III. Nous étions partis avec un bus, joueurs et supporters ensemble. Pour moi, jouer face à Perpère et Duquesnoy, c’était un honneur. Ils avaient un sacré palmarès avec Orthez. Et puis ce petit village des Landes gros comme Trémont… »

Arrive la Nationale II :

« Ça devenait déjà impressionnant. Du Bellay avait vraiment des allures de chaudron. C’est peut-être l’année qui m’a le plus marqué car on sentit vraiment la montée en régime du club. Et puis ce match du maintien à Rennes, avec tous ces supporters. » Les deux autres années et la Pro B m’ont laissé moins de souvenirs, hormis le titre le titre de N II. J’ai eu une blessure. L’année de Pro B, c’était le salaire de la peur à tous les matchs. Ça ne marchait pas. Et puis, il y a eu ce match à Vichy ou M. Léger a donné l’ordre de retour au bus alors qu’il manquait des joueurs à l’appel. Cela a du servir car ça a été le déclic, l’année se finit bien peut être grâce à l’arrivée de Warner. Pour moi, Tom (Becker) n’était pour rien dans les mauvais résultats du début. L’équipe était mal équilibrée, ça ne pouvait pas marcher.

La Pro A, la Coupe d’Europe, c’était magnifique, même si ça devenait difficile pour moi. Je continuais à bosser comme éducateur sportif dans les écoles primaires. C’était un choix mais ce n’était pas toujours facile à concilier avec le basket.

La première saison avec la finale du championnat face à Limoges, c’était exceptionnel.

Et puis CB, c’était un peu la deuxième famille de Thierry Chevrier. « Le foyer de Du Bellay me servait parfois de chambre. On y était bien, c’était une ambiance particulière. Tous les lundis, c’était la «grande messe ». M. Léger épluchait tous les résultats du week-end.

C’est moi qui a lancé l’idée des stages d’été dés le départ. Ça a marché tout de suite. »

Quant au désir de gravir tous les échelons, au pari d’accéder à la N I en 10 ans, TH. Chevrier vivait les choses différemment : « J’arrivais de l’extérieur. Je n’était pas de la scission. Je ne me rendais pas compte de l’enjeu qui existait pour les autres, de ce désir de monter, bien que les équipiers me mettaient souvent la pression. Si j’étais rentré dans ce truc là, peut être que je n’aurais pas été aussi bon. Moi je jouais, je faisais mon match pour me faire plaisir .

Les anecdotes, les souvenirs sont encore nombreux. Th. Chevrier se souvient très bien de son premier et de son dernier match avec CB.

«Le premier, c’était à St. Laurent de la Plaine en 1977. Il fallait que j’y aille en stop depuis Trémont. Je suis parti la veille et j’ai dormi dans le camion de la famille Jobard. Et le dernier, c’était aussi à St Laurent de la Plaine en 1989. C’était un match amical. La boucle était bouclée. »