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1991/1992 (N1A)

1er rang : Laurent Buffard (Entraîneur).

2ème rang : Michel Léger (Président), Simon Guillou (Entraîneur Assistant).

3ème rang : Éric John (11), Olivier Roi (13).

4ème rang : Antoine Rigaudeau (4), Teddy Citadelle (7).

5ème rang : Gildas Aubert (12), Thierry Zaire (14), Jim Bilba (6).

6ème rang : Graylin Warner (9), Bertrand Van Butsele (10), Ian Lockhart (15), Bruno Coqueran (5).

CHAMPIONNAT

Avec toutes ces arrivées, accompagnées des restants tels Rigaudeau, Bilba, Warner… CB fait encore le pari de la jeunesse. Formule qui jusqu’ici a bien fonctionnée. Cette équipe manque aussi d’un coach. Cette tache est confiée à un ancien de la maison choletaise, à savoir Laurent Buffard, qui a tenté une expérience à Sceaux puis à Gravelines. Avant même que la saison commence, Buffard connaît des coups durs avec la blessure de Warner et le fait que Rigaudeau, Coqueran, Allinei et John soient partis aux championnats du monde militaire en Grèce. A cause de cette préparation retardée, Cholet doit batailler dur pour aller gagner le premier match de la saison à Mulhouse. CB arrache la prolongation et arrive à s’imposer 110-108. La saison est lancée : Cholet gagne tous ses matches à domicile et ne perd que deux fois hors de ses bases, une fois à Beaublanc contre le CSP Limoges et l’autre à Gravelines. CB est adepte des fins de matches à suspens et prend 3 fois recours à des prolongations pour s'imposer à la Meilleraie. Pour la première fois, Cholet Basket termine 1er de la phase aller du championnat devant Limoges et Pau.

La phase retour démarre sur les chapeaux de roue : Les Choletais ont de plus en plus faim de victoires. Mais Le 3 février 1992, Limoges vient gagner à la Meilleraie et le CSP met ainsi fin à une invincibilité qui date du 20 octobre 1990. Cela constituait une série de 22 victoires à domicile. Une longévité qui n’a pour l’instant pas été égalée.

Play-Offs

En quart de finale des play-offs, CB se débarrasse facilement de Villeurbanne en deux manches : 86-70 à la Meilleraie et 88-64 à Villeurbanne. Pour sa demi-finale, Cholet Basket retrouve une vieille connaissance : Pau-Orthez. Tout commence bien puisqu'au match aller, Cholet s’impose 77-68. Au retour, les Palois vont écœurer les choletais avec une adresse foudroyante aux shoots. La belle à la Meilleraie promet un grand spectacle. Dans un match très disputé, les Choletais laissent finalement s’échapper le match en s’inclinant de trois petits points (85-82). 

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photo-ian-lockart.gif, par a3web

 Ian LOCKART, le calme avant le jump.

Tournoi des AS

Pour la 5ème fois consécutive, Cholet Basket est présent au Tournoi des As mais son parcours s’arrête en demi-finale contre l’ogre palois qui a effectué une énorme pression défensive. Laurent Buffard déclare à l’issue du tournoi : « La jeunesse aura peut être été notre principal handicap ». Néanmoins, Cholet termine 3ème en disposant de Gravelines lors de la petite finale. Dans le championnat, CB finit 2ème derrière Limoges et termine en apothéose à la Meilleraie face à Saint Quentin (116-74).

Coupe Korac

Cholet se retrouve directement au second tour contre l’équipe de Kiev qu’ils éliminent sans éprouver de grandes difficultés. Pour le tirage au sort des poules CB va être servi puisqu’ils vont jouer contre Saragosse, le Panathinaïkos Athènes et enfin le prestigieux Messagero Rome avec ses deux stars Dino Radja (Champion du monde avec la Yougoslavie) et Rick Mahorn (Champion NBA 1989 avec les Détroit Pistons). Malheureusement, CB ne créé pas la surprise malgré de très bons résultats comme la victoire sur le géant Messagero Rome. Le parcours est fini mais Cholet Basket est loin d’avoir été ridicule

Extrait du livre "Cholet Basket : 25 ans au sommet" de Michel Gourichon

91/92 : la montée des jeunes

CB est reparti pour une nouvelle saison parmi l’élite. Pour se mettre en accord avec la réglementation sur le sport professionnel, les dirigeants créent une SAOS le 1er janvier 1992, séparant ainsi la section pro de la section amateur. M Léger reste à la tête du navire. Officiellement, CB s’appelle Pitch Cholet Basket. C’est une première en matière de sponsoring.

Les «déboires » de la fin de saison dernière ont apporté des changements. Devereaux et Courtinard n’ont pas été reconduit. J. P. Rebatet est parti pour Villeurbanne. P. Cham est retourné vers la capitale tenter l’expérience en pro B à Levallois.

B. Van Butsele arrive de St. Quentin. Th. ZaÏre revient de Sceaux. Le Bahaméen Ian Lockart arrive de Porto Rico et espère faire aussi bien que ses prédécesseurs au poste de pivot. Avec Rigaudeau, Coqueran, Bilba, Citadelle, Allinei, Warner et John, CB fait encore le pari de la jeunesse et de la formation interne.

Pour coacher tout ce petit monde, les dirigeants ont rappelé un habitué de CB. Après une année à Sceaux puis à Gravelines, L. Buffard prend en main une équipe qu’il connaissait du temps ou il était l’adjoint de J. Galle et le coach des espoirs. Mais la préparation est difficile. Outre Warner blessé, L. Buffard doit se passer des services de Rigaudeau, Coqueran, Allinei et John. En ce mois d’août 91, ils participent aux championnats du monde militaire en Grèce.

Ils en reviendront avec 4 médailles d’or après avoir dominé les Etats Unis en demi-finale et l’Urss en finale. Un exploit car la France n’avait pas réussi un podium international (toutes compétitions confondues) depuis trente ans.

Cette préparation, contrariée, obligeait les Choletais à batailler dur pour leur premier match à Mulhouse. Et c’est au terme d’une prolongation que l’équipe des Mauges ramenait la victoire 110.108. B.V.B. auteur de 20 pts avait rassuré ses nouveaux équipiers.
La saison s’engageait sous les meilleurs auspices. Invaincu, en phase régulière à la Meilleraie depuis le 20 octobre 90, CB le restera jusqu’au 3 février 92 soit une série de 22 matchs. Cela reste le record de la longévité du club. Le CSP Limoges mettra fin à cette belle série.

Dans la phase aller, CB ne chutera d’ailleurs que deux fois hors de ses bases. A Limoges tout d’abord ou CB repartait avec un déficit de 24 pts (104.80) et ensuite à Gravelines où CB ne su se défaire de la «défense maison » préparée par J. Galle (67.64 pour le B.C.M).

Sinon, le culot des «jeunots » encadrés par Warner et BVB était sans égal. Il permit quelques retournements de situation spectaculaires.

Par 3 fois CB dut recourir aux prolongations, comme ce match à la Meilleraie face à Pau pour la 14eme journée. Il faut dire qu’après Paris, Dijon, Athènes et Saragosse, la réception de Pau avait des allures de dessert indigeste. M. Jones et O. Philips, les deux ricains d’Orthez enfilaient les paniers mais CB ne lâchait rien.

Même le poids des fautes ne faisait pas plier les Choletais. Jones avait accroché la prolongation, mais c’est Warner qui parachevait la victoire de CB 103.102.

CB terminait ainsi la phase aller à la 1ere place devant Limoges et Pau.

A St. Quentin (95.64) Lockart se déjouait de tous les pièges inscrivant 31 pts et captant 14 rebonds. Les Choletais avaient de plus en plus faim de victoires. Seuls Limoges à la Meilleraie ; Antibes et Pau chez eux arrivaient à faire déjouer l’équipe de L. Buffard. Lockart améliorait son record : 33 points et 17 rebonds face à Montpellier (85.73). Face à Reims (97.71) Warner inscrivait 40 pts avec un 21.27 aux tirs. A Villeurbanne (83.78), Rigaudeau arrêté pour soigner une pubalgie, c’est Allinei qui se mit à faire des étincelles. 13 points au Mans, 14 passes décisives face à Reims, 13 passes décisives face à Roanne (89.59). CB s’était accroché à la seconde place derrière Limoges et finissait en apothéose face à St. Quentin (116.74). Mais la pubalgie de Rigaudeau était tenace et CB commençait à boiter.

Cholet-Basket était encore présent pour la 5eme édition des As. Mais en demi-finale, face à l’expérience des Béarnais (Demory, Gadou, Jones Philips, Carter, …), les Choletais ne trouveront pas le moyen de se défaire de la pression paloise et s’inclinent d’un petit point 79.80. «La jeunesse aura peut-être été notre principal handicap » concluait L. Buffard. CB terminait néanmoins troisième de ce tournoi disposant de Gravelines dans la «petite finale ».

Dans le play-off, CB espérait fournir une belle prestation et se hisser à la hauteur des ambitions que laissaient envisager cette seconde place de championnat.

En quart de finale, les Choletais disposaient des Villeurbannais en deux manches 86.70 à la Meilleraie puis 88.64 à Villeurbanne. Lockart avait la main chaude et profitait des caviars de ses partenaires (25 pts à l’aller, 34 pts au retour).

CB retrouvait une vieille connaissance pour la demi-finale avec l’Elan Béarnais. Mais le métier, l’esprit guerrier des Palois et une insolente réussite à trois points useront les Choletais en trois manches. Tout avait bien commencé pour CB avec une belle victoire 77.68 sur l’Elan. Le match retour à Pau était la copie conforme de l’aller mais en sens inverse (victoire de Pau 90.74).
La belle à la Meilleraie avait des goûts de finale avant l’heure.

CB démarrait tambour battant et s’échappait (17.5) avant que les Béarnais sortent leur arme secrète : le missile à 3 points. Mike Jones, avec trois tirs primés consécutifs a remis Pau sur les rails. Lorsque Warner se réveille, c’est D. Gadou qui prend le relais.

CB viendra mourir à 3 points de la finale (85.82 pour Pau). Seul BVB (4/4 à 3 points) avait pu rivaliser avec les Béarnais (10/15 à 3 points), rois d’un soir du tir longue distance.

A l’heure des bilans, les dirigeants balançaient entre regrets et espoirs. M. Léger déclarait : « Cette équipe a largement répondu à nos attentes. Nous nous étions fixé trois objectifs. Ils ont été tenus pour notre participation aux As et à la ½ finale du championnat et dépassé en coupe Korac. Reste que nous avons tous le sentiment que nous aurions pu faire mieux. Sans la pubalgie d’Antoine… »

Bertrand Van Butsele a terminé sa carrière de joueur à CB. Il porte aujourd’hui la casquette de coach à Orléans (NI) mais n’a pas oublié la saison 91/92, sa première avec CB :

« En fait, j'arrivais de St Quentin avec qui j'avais connu une très bonne saison au niveau individuel mais l'équipe avait eu des résultats moyens. Michel Léger m'avait contacté assez tard alors que je m'étais presque engagé à Dijon. Dans un premier temps j'ai dis non, car il voulait ma réponse dans les 24 heures. Avec 2-3 jours de réflexion, j'ai réalisé que sportivement je laissais passer une chance d'évoluer avec les meilleurs (Rigaudeau, Bilba, Allinéi, Coqueran, Warner) et je l'ai rappelé en pleine nuit pour lui demander s’il était toujours d'accord. Le lendemain, j'étais à Cholet pour signer.

Cette saison 91/92 reste un très bon souvenir, car ce résultat (2ème) reste le meilleur que j'ai pu obtenir en saison régulière. Le groupe était très sympa, je suis resté en contact avec plusieurs joueurs dont Coqueran et Allinéi. Avec Antoine nous nous sommes perdus de vue avec le temps, mais nous faisions chambre commune et cela reste un très grand souvenir, d'avoir évolué avec un tel joueur, d'avoir vu son évolution aussi.

La saison 91/92 c'est le championnat bien sûr. A un moment vers décembre j'avais vraiment le sentiment que rien ne pouvait nous arriver et c'était vraiment très fort d'avoir ce sentiment. C'est la seule saison ou je l'ai eu d'ailleurs. Cela reste aussi la campagne européenne Kiev / Rome / Athènes / Pesaro. Rencontrer le Messagero de Rome de Radja et Mahorm c'était quelque chose.

Enfin, c'est aussi des personnes que j'ai beaucoup appréciées tels que J.F.Grève et sa femme, le président Léger que j'aimais bien et Pierre Boissié qui malgré sa fonction savait être près des joueurs et à qui je pense encore de temps en temps pour sa compétence et sa chaleur ».

Les minimes féminines étaient de nouveau sacrés championnes de France sous la conduite de L. Bodet. Quant aux seniors, après une saison en N III ; elles accédaient à la nationale II. Une quatrième montée en quatre saisons. Ca ne vous rappelle rien… Serait ce le label CB ?

Coup de tonnerre en cette fin de saison. Le «lévrier des Mauges » ne fera pas de 7eme saison à Cholet Basket. Contre toute attente, Graylin Warner quitte les Mauges pour la Grèce.

91/92 Coupe KORAC

L. Buffard est aux commandes d’un nouveau groupe. Lockart et Van Butsele intègrent une équipe où sont restés : Warner, Allinéi, Coqueran, John, Rigaudeau, Bilba, Zaïre.

Ensemble et selon le souhait du président Léger ils espèrent faire un bon parcours dans cette Coupe Korac. Exempt du premier tour préliminaire, CB passe sans encombre le second tour face au Budivelnick Kiev (Ukraine).

En poule de huitième, CB va retrouver sur sa route, pour la 3ème fois le C.A.I. Saragosse (fortement remanié).

Deux nouveaux clubs découvriront la Meilleraie : le Panathinaïkos Athènes (Grèce) et ses internationaux mais surtout le Messagero Rome avec ses deux stars : Dino Radja (champion du monde avec la Yougoslavie) et Rick Mahorn (champion de NBA en 1989 avec les Détroits Pistons.

Les vœux du président étaient comblés : « Je souhaitais de superbes affiches. On les a. Pour ce qui concerne Trévise, je me fais une saison : on se retrouvera en quart de finale ! ». Mais Trévise avec Toni Kukoc n’ira pas en quart de finale.

CB créa une première surprise sur le parquet du «pana » en s’imposant. A. Rigaudeau, auteur de 28 points, avait survolé le match et crée l’émerveillement chez l’entraîneur du Pana et ex-entraîneur de Kukoc à Split : « Il est vraiment l’un des meilleurs d’Europe » avait-il complimenté à l’issue du match.

Une défaite d’un point à Saragosse et un authentique exploit à la Meilleraie face à Rome permettait à CB de croire en une qualification pour les ¼ de finale. Radja mis sous l‘éteignoir par Lockart et Bilba privant de ballon l’ex star NBA : la Meilleraie chavirait de bonheur.

Elle était à peine remise de ses émotions que ses protégés passaient une correction au Panathinaîkos, les Grecs repartant avec un déficit de 22 points. Entre le 11 et le 18 décembre, le père Noël était déjà passé à Cholet.

La qualification était presque en poche mais Saragosse se présentait à Cholet le 8 janvier bien décidé à saisir sa chance. A 19’’ du terme, CB croyait avoir fait le plus dur et comptait 6 points d’avance. Mais Pépé Arcega, le meneur international du C.A.I. ne l’entendait pas ainsi. A 2’’ du terme, il avait à lui seul ramené son équipe à un point. Sur un ultime entre deux, Yan Lockart permettait à son équipe de conserver ce petit avantage, synonyme de qualification. En un mois, la Meilleraie avait vécu sur un nuage. Le président ne devait pas regretter ces superbes affiches. A. Rigaudeau rendait hommage aux 6000 supporters qui les avaient soutenus pour ces trois matchs : « Pas sur qu’on serait passé sans la salle. Dans les moments les plus durs, elle nous a porté comme rarement ».

La défaite à Rome ne remettait pas en cause la qualification pour les quarts de finale.

Les «gamins » comme on se plaisait à les appeler, par la jeunesse de l’équipe (7 joueurs ont moins de 22 ans) et du coach (28 ans), se mettaient encore à rêver.

Mais les quarts de finale signifiaient la fin du parcours. Comme il y a 2 ans, Pesaro était le bourreau des espoirs choletais en s’imposant 78.74 à la Meilleraie puis 100.89 en Italie. Lockart (23 et 27 points) et ses équipiers n’avaient rien pu faire face à Daye, Gracis, Magnifico et Workman. Mais CB avait grandi et ne sortait pas du tout humilié de cette compétition. En finale le Messagero Rome bat le Scavolini Pesaro.

Thierry Zaïre a fait partie de la bande de jeunots qui a révélé CB au grand public. Pour lui, la Coupe d’Europe était un rêve qu’il pouvait enfin toucher :

« Les faces à faces avec les grands du basket européen se sont toujours bien passés. Quand on est jeune, c'est un rêve réalisé de défendre sur Mahorn (grand joueur NBA). C'était donc contre Rome à Cholet, ce soir là en 5 minutes, j'ai réussi à faire péter les plombs de Mahorn en ne lui lâchant pas les baskets, il m'a éjecté à terre de colère, et l'arbitre l'a éjecté du terrain ! Et voilà, le tour était joué et nous avons gagné !

Jouer contre Radja, Gracis, Magnifico ou Mac Queen, restera aussi à jamais des souvenirs de basket exceptionnels.

Grâce au basket, j'ai pu voyager et visiter de très belles villes d'Europe. Lors du déplacement pour Rome nous sommes allés visiter le Vatican, c'était très impressionnant ! Malheureusement, je n’ai pas eu la chance de rencontrer le pape…Il était occupé... »