Vous êtes ici

1997/1998 (PRO A)

1er rang : Tom Becker (Entraîneur Assistant), Éric Girard (Entraîneur), Jacky Périgois (Entraîneur Assistant).

2ème rang : Gwénaël Sinquin (Directeur), Renzo Gautelier (Kiné), James Blackwell (5), Aymeric Jeanneau (6), Giancarlo Marcaccini (10), Roddy Jarny (8), Cyril Akpomedah (12), Stéphane Ostrowski (9), Paul Fortier (13), Cedric Miller (15), Jean-Adrien Martin (6), Jean-Marc Sétier (14), Olivier Bellony (12), Skeeter Henry (4), Jean-Philippe Méthélie (11), Régis Boissié (7), Jean-Michel Lambert (Président).

CHAMPIONNAT

La saison démarre fort pour Cholet qui remporte les deux premiers matches à la Meilleraie : face à Montpellier et Antibes. Lors de la première rencontre, Cedric MILLER se montre comme un patron dans la raquette puis se transforme en marqueur contre Antibes en inscrivant 25 points. Cholet ne s’incline pas une seule fois sur son terrain durant toute la phase aller du Championnat. Lors de la 7ème journée, les Choletais infligent à l’ASVEL sa première défaite de la saison grâce à un panier à 3 points à la dernière seconde de Skeeter HENRY. Par contre, CB perd hors de ses bases : à Pau (66-74) et à Limoges (78-76). Après 12 journées, Cholet pointe à la 3ème place, derrière Villeurbanne et le PSG.

Cholet Basket réalise une très bonne saison mais, par un matin de décembre, le staff choletais doit faire face à un drame. Dans la nuit, Skeeter HENRY a raté un virage et sa voiture est venue percuter un sapin. CB vient de perdre une de ses pièces maîtresses. Le soir même, les supporters ont la surprise d’apprendre que le remplaçant de HENRY se nomme Mickaël Ray RICHARDSON. A 42 ans, RICHARDSON possède un CV impressionnant. Il a passé 8 saisons en NBA, totalise 556 matches et 4 participations au ALL STAR GAME. En plus de cette recrue, Stéphane OSTROWSKI revient de blessure après une longue convalescence. Cette nouvelle équipe ne va pas entacher le bon parcours que le groupe choletais réalise. Il est très difficile de venir s’imposer à la Meilleraie, seul Limoges réalise cet exploit. Nous ne pouvons pas dire la même chose des performances de l’équipe à l’extérieur. En effet, Cholet voyage mal et ne gagne qu’un match sur deux. A la fin des matches aller, CB pointe à la 3ème position, à égalité avec Dijon, le PSG et Limoges, et derrière l’ASVEL et Pau, qui dominent ce championnat.

La phase retour voit une lutte acharnée entre les équipes classées entre la 3ème et la 8ème place. Journée après journée, Cholet Basket va faire le « yoyo » entre ces places et finit finalement 3ème, après un succès à Montpellier.

Play-Offs

CB affronte Dijon en quart de finale des Play-Offs. Le match aller voit la victoire difficile de Cholet, qui ne doit son salut qu’à un très bon match de « papy » RICHARDSON, marquant en solitaire le dernier panier (82-81). Le match retour tourne en la faveur de Dijon qui s’impose d’un point (66-65). La belle promet donc d’être « chaude » dans la salle de la Meilleraie. Mais cette saison, Cholet est impérial à domicile et remporte la belle avec une grande facilité (87-65).

En demi-finale, Cholet Basket est opposé à Pau Orthez. Cette confrontation devient vite mission impossible pour CB, au regard du nombre d’internationaux que compte dans ses rangs l’équipe paloise. Mais Éric GIRARD tire un coup de chapeau à son équipe, qui a tout donné et qui, malgré tout, a réalisé une excellente saison.

Coupe de France

Depuis la création de cette Coupe, Cholet Basket n’avait pas fait bonne figure. Le parcours de cette année commence par un match à La Pontoise (Nationale 2) : la hiérarchie est respectée et CB gagne 110-84. En huitième de finale, les Choletais s’imposent sur le parquet de Chalon en Champagne. Le match de quart de finale se présente et c’est encore un déplacement qui attend Cholet. L’équipe se rend sur la côte d’Azur pour y affronter Antibes. La rencontre est plus serrée mais CB l’emporte assez logiquement 86-72.

La demi-finale se joue à la Meilleraie, à la grande joie de tous les supporters. D’autant plus que Cholet rencontre son plus fidèle adversaire : Limoges. Disputé dans une salle comble, l’entame de match se déroule dans une ambiance crispée, aussi bien sur le parquet que dans le public, qui connaît l’enjeu de cette demi-finale. Malgré un cinglant 9-0 encaissé en début de partie, les Choletais s’imposent 82-70.

Cholet part donc pour Bercy pour y affronter Levallois, équipe de ProB. En rentrant sur le parquet du POPB, les choletais sont applaudis par un millier de supporters qui ont fait le déplacement.
Il ne faut que 12 minutes à Cholet pour prendre le pas sur leur adversaire. L’écart ne cesse de se creuser et CB remporte la finale sur le score de 95 à 54. Cholet Basket ramène enfin un trophée dans les Mauges.

coupe_de_france_98.jpg
coupe_de_france_98.jpg, par a3web

Le 3 mai 1998, Cholet Basket  remporte la Coupe de France, son premier trophée de l'ère professionnelle.

Coupe Korac

Après deux saisons d’absence, Cholet renoue avec la compétition européenne. Les choletais retrouvent Ovar (Portugal), Manresa (Espagne) et découvrent le club belge de Quaregnon.
Cholet Basket réussit un sans faute (6 victoires) et accède aux 16èmes de finale, où il rencontre les allemands de TGV Trèves. Ces derniers ne sont pas à la hauteur et Cholet s’impose lors des deux matches et prend la route des huitièmes de finale.

Les Choletais ont le désavantage de recevoir en premier les italiens de Varèse. Mais la Meilleraie vit un grand moment car CB inflige un retard de 25 points aux italiens. Varèse s’impose au match retour mais seulement de 9 points : la qualification est donc acquise ! Le tirage au sort des quarts de finale veut que nous assistions à un duel franco-français : Dijon contre Cholet. Comme au tour précédent, les joueurs choletais vont asphyxier l’équipe de Dijon en prenant 20 points d’avance à la Meilleraie. Au match retour, Cholet perd seulement de 5 points et obtient ainsi son billet pour les demi-finales, où il affronte l’Etoile Rouge de Belgrade. Au match aller, CB se fait dominer de toute part et repart de Yougoslavie avec un retard de 32 points. La déception se lit sur les visages choletais, qui avaient fait jusqu’ici un parcours européen impressionnant et qui sont obligés de réaliser un exploit à domicile. Les regrets sont nombreux car, au match retour, à 10 minutes du terme, Cholet mène de 22 points : mais ce sera l’écart final. La Coupe d’Europe s’arrête ainsi pour Cholet Basket.

Extrait du livre "Cholet Basket : 25 ans au sommet" de Michel Gourichon

97/98 : Le premier Trophée

Après l’embellie de la saison passée, CB a retrouvé des couleurs. Le nouveau président et son équipe ont bâti une équipe qu’Eric Girard et T. Becker espèrent pétillante.

Si S. Delorme, V. Demory, B. Coqueran et G. Madkins sont partis. CB a réussi à conserver le très convoité P. Fortier.

Pour remplacer B. Coqueran, CB donnera sa chance à un joueur qui a évolué en pro B depuis les années 90 et qui a souvent été dans les meilleurs marqueurs et rebondeurs de ce championnat. Les deux Américains ne sont pas des étrangers du championnat. J. Blackwell arrive d’Antibes avec ses 18,4 pts de moyenne. Après Dijon et Montpellier le spectaculaire et fantasque Skeeter Henry pose ses alises à CB. Avec Bellony et Jeanneau, CB retrouve une équipe de prestige qui espère aller le plus loin possible en championnat, coupe de France et coupe Korac.

D’ailleurs la saison démarre assez bien pour les Choletais qui s’imposent par deux fois à la Meilleraie. En ouverture face à Montpellier, Miller s’impose dans la bataille du rebond avec 12 prises et Méthélie avec 17 points est le meilleur marqueur de cette rencontre. Le même Miller est le meilleur marqueur de la soirée de championnat (25 points) pour la venue d’Antibes. Dire que certains doutaient de sa capacité à jouer en pro A.

CB allait d’ailleurs rester maître sur son parquet durant cette phase aller.

Lors de la 7ème journée, les joueurs d’E. Girard infligeaient à l’ASVEL sa première défaite de la saison, grâce à un panier à 3 points de S. Henry à la dernière seconde du match. Il avait déjà donné la victoire aux siens, huit jours plus tôt (70/69) grâce à deux lancers francs. Les Choletais étaient 3ème du championnat à cause de deux défaites, à Pau (66.74) et à Limoges (76.78).

Au bout de 12 journées CB semblait bien accroché à cette 3ème place qu’il partageait avec Pau-Orthez, derrière Villeurbanne et le PSG.

Mais par un petit matin de décembre, CB se réveillait avec une mauvaise surprise. Le moustique Skeeter Henry avait raté un virage dans la nuit choletaise et sa voiture s'était écrasée contre un sapin. C’était l’ébullition dans le club car CB venait de perdre une de ses cartes maîtresses. Une deuxième surprise attendait les supporters, le soir même et beaucoup écarquillèrent les yeux en voyant Mickaël Ray
Richardson s’entraîner avec les Choletais. A 42 ans, le «papy » du basket européen reste une valeur sure. Lui qui a passé 8 saisons en NBA totalise 556 matchs pour 14,8 points de moyenne, quatre participations au All Star Game. « Meilleur intercepteur en 80, 83 et 85, meilleur passeur en 80. Il a déjà croisé la route de CB en 1990 alors qu’il était sous les couleurs du Virtus Bologne ainsi qu’en 1995 lorsque Antibes avait battu CB en demi-finale avant d’être sacré champion de France.

Richardson retrouve d’ailleurs à CB J.P. Methelie, J. Blackwell ainsi que S. Ostrowski qui va faire son grand retour après sa longue convalescence.

Les nouvelles donnes n’allaient pas altérer l’enthousiasme de l’équipe. A domicile, il était très difficile de faire vaciller les Choletais. Seul le CSP y arrivait en s’imposant 58.60 à la Meilleraie. Le PSG et Pau venaient s’y casser les dents.

Si CB faisait un superbe 7/8 à la maison, ses déplacements étaient un peu plus délicats. Sans doute le parcours européen laissait-il des traces ; en tout cas les Choletais ne s’imposaient que par 5 fois en 10 sorties.

Hormis l’ASVEL et Pau qui dominaient le championnat, la bataille était rude entre la 3ème et la 8ème place et plus particulièrement entre Dijon, Paris, Limoges et Cholet.

A la faveur d’un dernier succès à Montpellier, les Choletais terminent à la 3ème place et retrouveront Dijon en quart de finale. Les deux clubs en étaient déjà à 4 rencontres cette saison puisqu’ils avaient déjà disputé un quart de finale… de Coupe Korac. A chaque fois, chacun avait gagné à domicile.

Les Choletais allaient souffrir à nouveau à la Meilleraie et ne devaient leur salut qu’à la volonté de «papy » Richardson. En marquant, en solitaire, le dernier panier, il donnait la victoire 82.81 à CB. Au match retour, les Dijonnais allaient l’emporter d’un petit point (65.66) après que Richardson ai ramené son équipe à 65.65 à 25’’ du terme.

Ces deux équipes étaient vraiment très proche l’une de l’autre et la belle s’annonçait indécise. Mais cette saison, les Choletais étaient souverains chez eux. Dans toutes les compétitions, la Meilleraie n’avait vu qu’une seule défaite de ses protégés, contre le CSP Limoges. Et CB ne laissait planer l’ombre d’aucun doute. Emmenés par un Blackwell, chef d’orchestre et marqueur (24 pts), un Miller maître du rebond (11 prises), ils s’imposaient de 22 points (87.65) s’ouvrant ainsi les portes des demi-finales du championnat pour la sixième fois de son histoire.

Ces demi-finales n’étaient pas inédites à la Meilleraie puisque Pau-Orthez était pour la troisième fois l’adversaire de CB à ce stade de la compétition. Lors des deux premiers face à face les Béarnais avaient privé les Choletais de finale. Le célèbre «jamais deux sans trois » allait être vérifier.

Après une première victoire sans contestation (74.90), les joueurs du président Seillant venaient s’imposer à Cholet, malgré une belle résistance des joueurs des Mauges. Blackwell, Jeanneau, Ostrowski, Marcaccini, Méthélie, Richardson, Fortier et Miller avaient tout donné. Mais face à Pau et son armada d’internationaux, le challenge était trop fort. Pourtant E. Girard tirait un grand coup de chapeau à ses joueurs pour une saison magnifique avec deux demi-finales (championnat et coupe Korac).

Mais ce groupe allait surtout apporter au club son premier trophée pro au travers de la coupe de France : le 3 mai 1998, 12 ans exactement après le titre de champion de France de Nationale II : le 3 mai 1986.

CB allait démarrer son périple dans la Loire, face à un club de Nationale II, La Pontoise. La hiérarchie était respectée malgré une belle opposition des locaux. Les Choletais s’imposaient 110.84.

En 1/8ème de finale, les Choletais s’en allaient encore loin de leur base, à Chalons en Champagne, club de pro B. CB faisait parler sa défense et les Chalonnais en étaient réduits à ne marquer que 42 points dans la rencontre. Les Choletais s’imposaient donc 74.42 et la route des quarts était ouverte.

Il fallait aller le disputer sur la côte d’Azur, à Antibes. Les débats étaient un peu plus équilibrés mais CB s’imposait assez logiquement 86.72. E. Girard était heureux car son équipe offrait ainsi aux supporters choletais le premier match de Coupe de France à la Meilleraie en trois ans, de plus contre Limoges. D’ailleurs si l’on ajoute les As et la Coupe Busnel, CB n’a joué qu’un seul des ces matchs à la Meilleraie (contre Pau en 94/95).

Un vrai match de Coupe en perspective pour cette demi-finale. Les spectateurs qui s’étaient déplacés en masse furent cloués sur leur siège à l’entame du match. Crispés, les Choletais encaissaient un cinglant 9/0. Mais cette équipe avait relevé d’autres défis cette saison et enfilait le bleu de chauffe pour recoller au score, dépasser et déposer les joueurs du CSP pour une victoire sans contestation 82.70. CB était en finale de la Coupe de France.

Levallois, club de pro B avait également gagné son billet pour la finale. Les banlieusardes avaient sorti trois clubs de Pro A de cette compétition, ce qui permettait à E. Girard de tempérer les ardeurs de ceux qui voyaient déjà CB avec la Coupe : « l’excellent parcours des clubs de Pro B en Coupe est du en grande partie à l’excès de confiance des équipes de Pro A. Nous ne devons pas tomber dans ce piège. On va tout mettre en œuvre pour gagner. Hors de question de plonger dans l’euphorie, tant que l’on n’a pas ficelé le paquet cadeau. »

Bercy tendait les bras aux Choletais. En rentrant dans le POPB les joueurs furent applaudis par près d’un millier de Choletais qui avaient fait la route vers la capitale pour voir leurs protégés brandir à bout de bras ce premier titre.

Levallois ne tiendra que douze minutes, le temps que ceux qu’on surnommait affectueusement les «papys » (4 joueurs à plus de 34 ans) se mettent en route et développent le basket «made in CB ». Avec Jeanneau, Marcaccini et Méthélie qui enfilaient les paniers, l’écart se creusa rapidement et CB s’envola vers un succès (95.54) qu’il pouvait maintenant déguster à loisir.

Tom Becker, qui était aux commandes, de CB en 1986 déclarait : « Je suis vraiment content de ce titre qui vient récompenser des années de travail, aussi bien des dirigeants successifs que des entraîneurs et des joueurs. »

Richardson et Ostrowski, qui avaient connu bien d’autres succès (titres nationaux, Coupe d’Europe) savouraient ce succès comme des jeunes premiers.

Jeanneau, Boissié, Jarny, après de nombreux titre chez les jeunes (champions de France minimes, cadets, espoirs) et du haut de leurs 19 ans jubilaient d’avoir participé à rapporter cette Coupe à Cholet.

Avec ses moyens, CB avait encore montré qu’il fallait compter sur lui. Pour sa première saison le président Lambert savourait lui aussi son premier trophée.

Les cadets ramenaient au club un 5ème titre de champion de France. R. Boissié avait participé aux deux fêtes de CB cette saison.

Paul Fortier aura laissé un grand souvenir dans le cœur des supporters par son professionnalisme et sa gentillesse. Il a quitté CB pour Séville, après trois superbes saisons et deux Coupes de France.

« A part avoir perdu à Belgrade de 33 points, nous avons fait de bonnes choses puisque nous sommes allés en demi-finale de Coupe d'Europe et presque fait un miracle car nous avons gagné de 20 points chez nous mais cela n'était pas suffisant.

Nous avons réussi une très bonne saison, nous avons eu des hauts et des bas, surtout nous avons pas mal de blessures en début de saison, pour finir la saison très fort. Dommage que nous ne soyons pas allés jusqu'au bout.

La première Coupe de France restera pour moi un grand souvenir puisque c'était mon premier trophée en Europe avec l'équipe de Cholet. J'étais très content d'être avec cette équipe pour gagner le titre de Coupe de France pour la ville de Cholet.

Pour les trois ans passés dans ce club, j'ai trouvé l'ambiance superbe, le public très motivant et chaleureux et je vais garder un très grand souvenir de mes équipiers et du Staff Technique ».


97/98 Coupe KORAC

Après 23 mois d'absence, la Meilleraie se pare à nouveau de ses oriflammes européennes.

E.Girard et Tom Becker ont pris les commandes de Cholet Basket depuis un an.

A.Jeanneau,S.Ostrowski,G.C.Mareacccini, J.P.Methélie, Paul Fortier ont permis à CB de gagner un billet pour la Korac. Avec Skeeter Henry, J.Blackwell et C.Miller, ils espèrent bien y faire un bon parcours.

Le Président Lambert, pour sa première sortie ramène de bonnes nouvelles du tirage au sort de la poule de 32ème de finale.

CB retrouvera Ovar (Portugal), Manresa (Espagne) et découvrira le club belge de Quaregnon.

Réussissant un sans faute (malgré quelques frayeurs) avec 6 victoires, CB accédait en bonne place aux 16ème de finale.

La victoire à Manresa était une première pour CB qui n'avait jamais gagné un match en Espagne (Madrid 88, Saragosse 89-90-91, Vitoria 93, Manresa 94).

Mais CB devait continuer sans Skeeter Henry. Pour le remplacer les dirigeants faisaient appel à Mickaël Ray Richardson.

En 16ème CB allait découvrir l'Allemagne et le TGV Trèves. Mais de TGV il n'y en eut point, les basketteurs d'outre Rhin restant par deux fois sur le quai.

En 8ème de finale, CB avait le désavantage de recevoir d'abord. D'autant que les Italiens de Varèse étaient des clients plus redoutables que les Allemands.

Mais la Meilleraie allait vivre à nouveau un grand moment de basket. Littéralement pris à la gorge, les transalpins allaient se noyer, cumulant un retard de 25 points au coup de sifflet final. Malgré une défaite de 9 points en Italie, CB accédait au quart de finale.

En quart de finale, le duel franco-français allait encore tourner à l'avantage de CB. Comme en 8ème, CB allait asphyxier les joueurs de Dijon à la Meilleraie, prenant 20 points d'avance pour le retour. En s'inclinant de 5 points en Bourgogne, les équipiers de Fortier emmenaient le club en demi-finale pour la 3ème fois de son histoire.

Le parcours de CB avait été jusque là éblouissant. Mais l'Étoile Rouge de Belgrade, tel un raz de marée, allait faire sombrer Cholet Basket, lui infligeant son plus gros revers européen : 81-49. Un retard de 32 points qui semblait irréversible. CB avait été laminé par les missiles à 3 points de l'équipe serbe.

E.Girard, assommé, était malgré tout admiratif "Une fois de plus les Yougoslaves ont montré que le plus grand basket, c'est le leur. J'espère avoir perdu contre l'équipe qui gagnera la Coupe Korac. J'espère aussi que mes joueurs sauront faire preuve de fierté au match retour".

Pendant ce temps, au SMASH, les 250 spectateurs réunis devant l'écran géant étaient abasourdis. Ils n'avaient par reconnu leur équipe, la même qui en avait fait tant plier depuis le début de la saison.

Le match retour sera celui des regrets. Avec 22 points d'avance à 10 minutes de la fin, chacun s'est senti envahi des espoirs les plus fous. L'écart final (+22 pour CB) amène les regrets les plus forts au regard des 32 points encaissés à Belgrade.

Mais Belgrade ne remportera pas la Coupe Korac. Elle prendra la route de Vérone en Italie.

En Italie, justement, un français brille en ce printemps 98. Nombreux sont les Choletais qui ont un petit pincement au cœur en voyant l'enfant du pays, Antoine Rigaudeau, prendre à deux mains la Coupe de champion d'Europe.

Celui qui a foulé les parquets de Du Bellay et de la Meilleraie pendant plus de 15 ans vient, avec le Kinder Bologne d'obtenir la consécration suprême en Europe.

Aymeric Jeanneau, le saint-Fulgentais, est aujourd’hui meneur de CB, après avoir fait ses armes en espoirs, à l’ombre de Rigaudeau et Demory. 

"La saison 97/98 a été pour moi une, voir la plus belle saison de ma vie. Nous étions plus qu'une équipe, nous étions une "famille".
Pour moi, cette saison était ma première année "professionnelle" (avant, j'étais espoir), à 100 % avec le groupe pro. Je découvrais le vrai basket professionnel avec des nouveaux coéquipiers, des nouveaux américains.

Dès le début de la saison, l'équipe a su se souder, trouver des affinités. Dans cette équipe, il y avait des grands joueurs de très haute renommée, tels que Ostrowski, Fortier, Méthélie, Blackwell et le "fou" Henry comme on le surnommait avant de mieux le connaître. Mais, il n'y avait pas de star. Personne n'a voulu tirer la couverture pour lui-même. Nous travaillions tous ensemble vers la même direction : LA VICTOIRE.

J'ai quelques bons souvenirs comme ce match contre Quaregnon, un club belge. Dès le début du match, un spectateur qui avait reconnu Skeeter Henry, a voulu le chambrer. Et comme la salle n'était pas trop grande, Skeet' a pu le repérer très vite. Skeet' a commencé le match en réussissant chaque tir à 7/8 mètres. Boum !!! Boum !!! Skeet' était euphorique, il ne ratait aucun tir et bien sûr, vous connaissez bien Skeeter, il n'a pas lâché la personne du match en le fixant, en le chambrant, en faisant le spectacle à lui seul. Un phénomène ce Skeet'.

Contre Manresa, à Manresa, le match était dur et serré, mais en 2ème mi-temps, Skeet' a pris les rênes de l'équipe et l'a conduit à la victoire. A lui seul, il avait gagné le match avec environ 35 points. Trop fort ! Mais quelque temps après, on arrive un jeudi matin à l'entraînement (au mois de décembre) et on nous annonce que Skeeter a eu un accident et qu'il s'est brisé les deux poignets. La saison est finie pour lui. Et pour nous ?

Sans Skeeter, l'équipe n'était plus la même.

Il nous fallait vite un remplaçant. Et quel remplaçant nous avons trouvé : « Monsieur » Mickaël Ray Sugar Richardson. On n'avait pas de "Star", en voici une, une VRAI. Une "Star" de la NBA, au point que James Blackwell avait un poster de Mickaël dans sa chambre lorsqu'il était petit. J'étais impressionné de voir ce monsieur dans nos vestiaires. Moi, un jeune de 18 ans qui découvre la pro A, dans la même équipe que M.R.S. Richardson. Ouah ! Incroyable.

Il était peut-être une "Star", mais il était surtout une personne très sympa avec le cœur sur la main, une personne qui inspire à beaucoup de respect.

Dès son arrivée, il a su entraîner toute l'équipe derrière lui avec son tempérament de gagneur, de compétiteur. N'importe quel match que ce soit, à l'entraînement, en amical ou en championnat, il ne voulait que gagner, gagner et gagner. Et nous, on n'avait pas le choix. Il nous motivait tellement. A 41 ans il plongeait pour attraper un ballon ; alors si à 41 ans il plonge, moi à 18 ou les autres, on était obligé de plonger.

C'est ce qui a fait notre force. L'équipe, la "famille" a pris une autre dimension, celle d'une équipe qui avait encore plus faim et qui n'allait rien laisser aux autres.

Le championnat continuait à bien se dérouler ainsi que la Coupe d'Europe. Match aller / retour où le gagnant était celui au meilleur point avérage. Nous commencions vraiment à croire en nos réelles possibilités et de faire quelque chose de grand dans cette compétition.

Les 1/8ème, puis les 1/4 de finale, tout se passait bien. En 1/4 nous avons rencontré Dijon. Cette saison là, nous étions très confiants à la maison et nous les avons battus largement au match retour."

Avec cette victoire, nous nous sommes qualifiés pour les 1/2 finales.

L'équipe que nous affrontions était l'Étoile Rouge de Belgrade. Nous allions d'abord chez eux pour les recevoir ensuite. Nous étions reçus dans un hôtel 4 étoiles, très grand, très joli, mais le jour du match, il n'y avait plus d'eau, même pour se laver...

Les conditions n'étaient pas superbes et en plus pour moi, je ne pouvais pas jouer car j'avais une entorse.

La salle était grande et pleine bien sûr. Le public était chaud et depuis ce match, je n'ai pas encore joué devant un public aussi chaud.

Lorsque nous sommes entrés sur le terrain avant le match pour la séance de shoots, nous nous sommes fait siffler de façon agressive, on sentait que le public allait être hostile. Et dès le début du match, nous sommes partis sur un faux rythme. On ne réussissait rien et eux tout ! Nous n'avons pas su réagir, ils étaient euphoriques. Résultat final : -32 points. Incroyable, mais hélas vrai !

Autant vous dire que pour nous, la Coupe d'Europe allait s'arrêter là, sur cette "grosse" défaite.

Nous n'avions qu'une chance sur 100 de les battre de plus de 32 points. Alors nous nous sommes appuyés sur cette petite chance en se disant qu'elle existait et qu'elle était vraiment là. De toute façon, Mike était là pour nous le rappeler.

Le soir du match retour, la salle de la Meilleraie était pleine à craquer ! Nous n'avions aucune pression car c'était presque une mission impossible.

Le match commence, et nous nous sommes tous donnés à 100 %. Nous commencions à prendre l'avance sur Belgrade et à se dire que 33 points ce n'est peut-être pas aussi loin que ça ! Il restait 10 minutes à jouer et nous avions plus 22. Tout était jouable mais il nous a tout de même manqué un petit souffle passé de l'autre côté.

Nous avions fait ce soir là un de nos meilleurs matchs. La Coupe allait s'arrêter là, mais nous avions pu sauver notre honneur et notre fierté de porter le maillot de CB. Ce fut pour tous les joueurs une expérience unique. La Meilleraie nous a applaudi, nous avions beaucoup de regrets mais nous sommes sortis la tête haute.

La saison n'était pas finie, il restait le championnat et la Coupe de France.

On avait encore faim…. »