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ITW Antoine Rigaudeau : « Le basket a été une part très importante de ma vie »

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Formé à Cholet, Champion de France avec Pau ou encore vainqueur de l’Euroligue avec Bologne, Antoine Rigaudeau a accordé à Basket Rétro de son temps. Surnommée le Roi en Italie, l’ex-meneur de jeu revient notamment sur ses années à Cholet, en Équipe de France et son passage aux Dallas Mavericks. Il nous parle aussi de deux anciens coéquipiers avec lesquels il a joué : Tony Parker et Manu Ginobili. Et en plus de retracer sa carrière, l’ancien joueur tricolore nous en dit plus sur ses activités depuis la fin de sa carrière pro, le basket actuel et la ProA.

Comment avez-vous découvert le basket ?

J’ai découvert le basket par l’intermédiaire de mon frère ainé Etienne. Il était lui-même joueur de basket. Pour la petite anecdote, mes parents devaient l’inscrire au foot. Les inscriptions étaient terminées. Le club de Cholet Basket s’est crée à 200 mètres de la maison et mon frère s’y est mis et a été inscrit. Et à partir de là, je l’ai suivi dans les catégories supérieures au fil des années. Comme ça se passait pas trop mal au niveau des entraînements et des matchs dans les catégories de jeunes, on m’a proposé la possibilité de jouer en espoir puis d’avoir des minutes de jeu dans l’équipe pro de Cholet ainsi qu’un contrat pro. Je n’avais pas au départ l’ambition de devenir un joueur professionnel. Je pensais pas à cela. Je voulais surtout faire du sport, m’amuser sans aucune réelle ambition.

À quel âge avez-vous commencé à jouer ?

J’ai eu ma première licence à 7 ans. Et j’ai commencé le basket à 5 ans.

Tout a commencé à Cholet. C’est une ville que vous portez dans votre cœur. Vous y êtes né. Elle vous a beaucoup apporté dans le basket avant que vous évoluiez à l’étranger par la suite durant votre carrière.

Bien évidemment, j’ai fait toutes mes catégories de jeunes à Cholet. J’ai été dans les sélections Maine-et-Loire. J’ai fait des stages dans les Pays de la Loire. Cholet, les Mauges ont été les endroits de mes années de formation de jeune basketteur. Quand on est joueur pro et surtout jeune joueur, tous les ans, toutes les nouvelles expériences sont celles de la formation.

Avant de revenir sur votre carrière, nous allons aborder maintenant avec vous la NBA. Quels sont vos premiers souvenirs du basket américain ?

J’ai découvert la NBA en en parlant avec des jeunes de mon âge. Puis on découvre les premières images grâce à Canal Plus. Ils ont été les premiers diffuseurs de la NBA. C’était l’époque des Larry Bird, Magic Johnson, Michael Jordan, soit les joueurs de grandes renommées internationales.

Quels sont les joueurs/équipes (actuels ou passés) que vous aimez en NBA ?

Je n’ai pas spécialement de joueurs ou d’équipes favorites. Quand on est jeune joueur, j’ai surtout le souvenir d’avoir été attiré par tels styles de joueurs. On y prend plus facilement goût. Ainsi, des joueurs comme Magic, Bird ou Jordan ont baigné dans ma jeunesse.

Et quels sont les joueurs/équipes (actuels ou passés) que vous aimez le moins ?

Je suis un fan de sport en général. Autant je suis pas fan-fan de telles équipes ou tels joueurs, autant je ne hais pas d’équipes ou de joueurs. Je suis un spectateur qui essaie de lire, de voir ce qui se passe à tous les niveaux : le plan tactique ou technique, le comportement, le mental des différentes équipes que je vois à la télé.

Avez-vous le souvenir d’un match NBA marquant : All Star Game, Play-Offs, performance d’un joueur ?

Non pas spécialement. J’ai plus une vision globale. J’ai pas de matchs marquants. Après c’est vrai qu’en regardant les flashs, on retient les passes magnifiques de Magic Johnson, les paniers décisifs de Michael Jordan. Il se passe beaucoup de choses au niveau de la NBA. Il y avait beaucoup de matchs qui arrivaient en Europe. Le fait d’avoir vu des matchs en live, c’est toujours des émotions importantes. La qualité sonore dans les salles NBA est toujours quelque chose d’impressionnant.

Peut-être un match marquant en Europe ?

Whaou ! Moi personnellement, non. Quand je regarde l’actualité en globalité, c’est un peu plus compliqué. J’en ai joué des matchs importants et qui m’ont marqué où j’ai un souvenir. Il y en a plusieurs. C’est difficile d’en détacher un. Je m’en rappelle d’un qui était passé à la télé sur France 2 tard. C’était à Coubertin, une finale de Coupe d’Europe entre Orthez et un adversaire dont je ne sais plus le nom. Je me souviens aussi des samedis basket sur la chaîne publique Antenne 2 à l’époque.

Quel serait le 5 majeur idéal de toute l’histoire de la NBA pour vous ?

Il y a tellement de joueurs. Michael Jordan, Magic Johnson, Wilt Chamberlain, Tim Duncan, puis Larry Bird. Et aussi Lebron James.

La NBA a repris ses droits. Suivez-vous la saison actuelle ?

Oui, je suis de loin les résultats. Je lis la presse. Je tombe sur un match à la télé. Je le regarde.

Vous pensez que San Antonio va garder son titre ?

C’est difficile de le dire aujourd’hui. Il y a eu pas mal de changements dans les équipes. Certaines sont en reconstruction. Difficile de pronostiquer quelles équipes peuvent aller jusqu’au bout. La compétition est très rude. Je pense que San Antonio a la possibilité de le faire. Le souci des Spurs est que ses joueurs majeurs soient prêts physiquement et mentalement à l’approche des Play-Offs.

Qui voyez-vous en Finales NBA ?

C’est difficile de faire un pronostic aujourd’hui. Pour renouveler un peu. On va dire San Antonio à l’Ouest et Chicago à l’Est.

Qui serait champion NBA en 2015 dans ces cas-là ?

Je sais pas. Je suis très mauvais pronostiqueur.

Venons désormais à votre carrière. Vous avez commencé vos débuts professionnels à Cholet. D’autres clubs vous ont-ils proposé un contrat pro ?

Non. Comme j’étais dans le Centre de Formation à Cholet, j’étais entre guillemets propriétaire de Cholet. C’est le seul club qui pouvait me proposer un contrat pro. C’est ce qu’ils ont fait.

Vous êtes resté 8 ans à Cholet (1987-1995). Quels sont les meilleurs souvenirs que vous gardez de ce passage dans ce club ?

Le fait de jouer devant la famille est quelque chose d’assez fort. C’est une équipe qui est basée sur un noyau de jeunes joueurs français pour épauler les joueurs américains confirmés. C’est l’ambiance qui pouvait y avoir à la Meilleraie dans certains matchs. Sur les dernières saisons, on était assez proche de pouvoir aller assez loin en championnat. Mais on a eu des blessures des joueurs américains. Ça nous a coupés dans notre élan. C’est aller jouer des matchs de Coupe d’Europe avec une ambiance dans le groupe assez captivante. On est allé gagner à Athènes. On a pu rivaliser contre les équipes italiennes ou espagnoles et aller les battre souvent à la Meilleraie. On a joué une demi-finale de Coupe d’Europe même si ça reste un souvenir amer car on n’a pas atteint la finale. Mais cela reste une expérience très intéressante.

Forcément en revenant sur votre carrière, nous allons vous parler de votre court passage en NBA. Avec le recul, n’est-ce pas un regret de n’avoir pas duré en NBA avec Dallas, de faire au moins une saison complète ?

Pas du tout non. Aucun regret. Je me sentais pas spécialement à l’aise au niveau de la NBA. Sur ce que j’avais construit moi comme joueur, comme personnalité au sein d’un groupe, je savais que je n’aurais jamais pu l’avoir au sein d’un groupe NBA. Ca ne m’intéressait pas d’aller plus loin. J’ai donc préféré revenir en Europe pour vivre ce que j’avais envie de vivre à l’intérieur d’un groupe, d’une équipe au niveau du leadership.

Peut-on dire que c’était une erreur de parcours ?

Non ce n’est pas une erreur de parcours. J’ai eu cette opportunité à ce moment-là de ma carrière qui était déjà bien remplie et avancée. Quand se présente cette opportunité, je pense que c’est intéressant d’y aller. Et moi je suis pas allé seulement sur le plan basket, mais c’est la curiosité, l’envie aussi de découvrir l’intérieur de la NBA que ce soit sur le terrain et ses à-côtés. J’ai pu donc découvrir ce que c’était. Même si ca s’est pas bien passé sur les parquets, on sait que j’ai pas mis les paniers que j’aurais dû mettre. Je m’en prends qu’à moi. Au niveau de la condition et de ce qu’on me demandait, j’ai pas répondu présent. J’assume que c’est un échec et que ça s’est pas bien passé. C’est pas pour ça que je le regrette. Par contre, tout ce qui est autour, la découverte de la NBA reste une expérience très positive et très intéressante.

Comment Dallas vous a contacté ?

En général quand on est basketteur, sportif de haut niveau, la plupart des joueurs ont des agents. Dallas est passé par mon agent. Et a demandé s’il y avait une possibilité. Mon agent m’en a parlé. On en a parlé avec le club italien dans lequel j’étais (ndlr : Bologne). On a trouvé un accord. A partir de là, j’ai franchi le pas.

Quelles ont été vos impressions quand vous avez foulé les parquets NBA pour la première fois ?

J’étais arrivé dans l’équipe de Dallas qui était à Seattle. Deux jours après, j’étais sur le terrain sans connaître vraiment mon équipe, les joueurs. Je connaissais que les noms. Il y avait aucun automatisme. C’était donc un peu impressionnant. C’est quand même une autre mentalité, une autre culture basket, une autre culture de vie, une autre dimension. Il y avait un coté impressionnant malgré une certaine expérience que je pouvais avoir en Europe.

Les joueurs avaient-ils une idée de qui vous étiez à votre arrivée, que vous étiez un grand nom du basket européen ?

Ils avaient peut-être lu 2-3 lignes dans la presse. Steve Nash me connaissait puisque j’ai joué contre lui. Il se rappelait vaguement qui j’étais. Je ne pense pas que les joueurs me connaissaient.

Vous avez joué dans deux clubs français (Cholet, Pau) mais aussi en Italie (Bologne) en Espagne (Valence). Pouvez-vous nous parler de la différence de culture basket entre ces différents pays. Que retenez-vous de ces expériences à l’étranger (ambiance, entraînements, supporters) ?

La France et l’Espagne sont un peu similaires au niveau des ambiances et des supporters. C’est plus l’envie d’aller voir un match de sport, une rencontre de basket pour supporter son équipe, pour le côté festif. Ils pardonnent sans pardonner. Ils veulent que leur équipe gagne et voir quelque chose d’agréable. En France ou en Espagne, si une rencontre est agréable, on est plus indulgent alors qu’en Italie, les supporters sont là que pour gagner (rires). Ils sont beaucoup plus exigeants au niveau du résultat. Quant aux entraînements, en Italie, dans le club où j’étais, c’était l’exigence à tous les niveaux et dans les moindres petits détails. Cette exigence nous mettait une pression plus importante que celle que je pouvais connaître en France ou en Espagne. En Italie, il y a un coté plus passionnel. Il y a des moments très très intenses qui se jouent. Et c’est ce qui manque un peu à mon avis du côté de la France et de l’Espagne pour pouvoir éventuellement encore être plus performant. Quand on a de l’exigence et qu’on attend des résultats, ça met de la pression. Et c’est pas forcément très facile à vivre.

Et concernant les entraînements avec Dallas, quelle différence avez-vous pu observer le peu de temps que vous étiez ?

Oui, c’est un peu différent. Il y a beaucoup moins d’entraînements pendant la saison. Il y a des rappels de temps en temps technico-tactique. Pour les joueurs qui jouaient beaucoup de minutes, c’est plus du travail dans les soins, des entraînements individuels. Ceux qui jouaient le moins comme moi, on faisait des 3 vs 3, 4 vs 4, un peu de matchs sans obligatoirement être très très intense. En Europe, il y a plus d’entrainements et ils sont plus basés sur du collectif, de la préparation collective liés aux conditions de matchs. Sur ce que j’ai connu moi en NBA, c’est pas le cas. Mais ils le font beaucoup en avant-saison.

Vous avez vécu aussi une grande expérience en Équipe de France. Vous avez endossé le maillot bleu pour la première fois en 1990 et pris votre retraite internationale en 2005. Quel effet cela fait de porter le maillot tricolore pendant plus de 10 ans ? Et quels souvenirs gardez-vous avec la sélection nationale ?

Quand on est sélectionné en Équipe de France, on a une certaine reconnaissance de nos capacités. Ca fait toujours plaisir d’aller jouer dans ce qui est la meilleure équipe représentative du pays. Moi personnellement, je suis jamais allé en équipe de France en me disant que je vais représenter mon pays. C’est plus se dire que je vais jouer avec les meilleurs joueurs de ma nationalité, d’avoir la meilleure équipe possible, pour avoir des résultats, gagner le plus de matchs possible, me mesurer à d’autres grands joueurs. Réellement, j’ai ressenti le fait d’avoir fait quelque chose pour la France quand on a gagné la médaille d’argent aux Jeux Olympiques en 2000. Dans un premier temps, quand on est sportif, on se concentre, on va s’entraîner, se préparer pour une compétition avec un groupe : joueurs et staff technique. Ensuite, on se rend compte qu’on l’a fait pour la France. Il y a un côté patriotique. Et ça je l’ai découvert après ma carrière. L’équipe de France, c’est intéressant car c’est aussi des campagnes à l’étranger, des championnats qui durent 15 jours. Le meilleur souvenir avec l’équipe de France, c’est les JO. Le pire souvenir, c’est la demi-finale de l’Euro 2005 perdue contre la Grèce. C’est peut-être le pire souvenir sur le plan basket.

Vous parliez à juste titre de la médaille d’argent au JO de Sydney. Nous avons interrogé Laurent Sciarra il y a quelques semaines et lui nous répondait qu’inconsciemment que la France s’était relâchée ce jour-là. Avec le recul qu’a-t-il manqué à la France pour décrocher l’or face aux Etats-Unis ? On se souvient que vous êtes revenu à -4 en finale face à Team USA. Qu’aurait-il fallu faire pour créer l’exploit ?

Pour pouvoir battre les Etats-Unis, c’était compliqué. Sur les quatre dernières minutes, on a été dominé sur le plan physique et de l’agressivité. Les Américains ont appuyé sur cet aspect-là du jeu. On a eu du mal à briller sur le plan défensif et au niveau du rebond. Il a peut-être manqué un ou deux paniers dans les moments importants. On a aussi subi trop leur agressivité défensive.

Tout le monde a été surpris que vous réussissiez à tenir les Américains en finale, même en match de poule. Aviez-vous senti l’arrogance des Etats-Unis lors de ces deux confrontations.

Oui, il y avait une sorte d’arrogance chez l’équipe américaine. Eux-mêmes s’en sont rendus compte, peut-être pas en 2000 mais les années suivantes. Ils ont changé pas mal leurs structures basket.

Vous avez aussi évoqué cette fameuse demi-finale contre la Grèce à l’Euro 2005. Comment expliquez-vous que ce match vous ait échappé alors que vous meniez de sept points ?

On oublie peut-être réellement de soigner les petits détails qui font la différence dans ces matches-là. On oublie d’être tous conquérants au même moment. A partir de là, on perd des ballons. Moi, j’ai loupé des lancers-francs dans les moments cruciaux pour gagner ce match-là. Toute l’histoire des matches serrés dans le basket montre plus ou moins la même chose. Dans la dernière minute, c’est un rebond à prendre, une bonne défense, et/ou une bonne passe à faire, un ballon perdu à éviter, un lancer-franc à ne pas louper. C’est aussi s’exposer à prendre un panier à trois-points à la dernière seconde.

En Équipe de France, vous avez donc côtoyé Tony Parker, quel regard portez-vous sur sa progression ? Vous saviez qu’il excellerait dans les années à venir surtout pour le basket français et en NBA ?

C’est difficile de dire qu’un joueur va exceller dans les années à venir. La chose la plus importante qu’il pouvait se voir est que Tony est toujours très attentif à ce qu’il y a autour de lui. Il a une très grande capacité à apprendre et à comprendre les choses. Tony Parker est égal à lui-même par son courage, son travail, son envie d’arriver là où il est arrivé.

Un de ses coéquipiers aux Spurs Manu Ginobili est un joueur avec qui vous avez joué également à Bologne. N’êtes vous pas étonné de la réussite de l’Argentin en NBA ?

Non. Je l’ai côtoyé plus que Tony pendant deux ans et presque tous les jours. Ginobili est un énorme talent, gros travailleur, très fort mentalement. Il a une envie d’aller de l’avant et des capacités physiques différentes de celles des autres joueurs. Il a une compréhension du jeu. Puis tactiquement, son expérience européenne l’a énormément aidé pour la NBA. C’est un talent exceptionnel, pur au niveau de l’adresse. Il fait quelque chose d’incroyable pour un gaucher. 

Pour ceux qui vous connaissent pas, quel type de joueur étiez-vous sur le terrain ? Comment décrire votre jeu ?

(Rires) Ce n’est pas à moi de décrire mon jeu. Je pense que j’étais un joueur assez complet. De grande taille, je jouais arrière ou meneur de jeu. Au niveau offensif, j’étais capable de mettre des paniers de loin, de pénétrer toujours à l’intérieur d’un système collectif, d’un jeu collectif. J’étais un joueur avec une capacité de passe et avais une compréhension de ce qui se passait devant moi que ce soit pour mes adversaires ou mes coéquipiers. C’est de la compréhension, du travail que de connaître les automatismes entre deux touches. Il faut avoir une certaine adresse. J’étais un gros gros travailleur. Je suis pas d’un naturel explosif. Défensivement, j’avais plus des capacités par l’étude du jeu adverse et des adversaires directs que celles physiques.

Vous avez parlez de vos souvenirs en Équipe de France, à Cholet. Avec tous les titres et distinctions personnelles de votre carrière, quels sont ceux que vous gardez fortement dans votre mémoire ?

Tous les titres collectifs sont forts. Il y a le titre de Champion de France avec Pau avec la victoire lors du cinquième et dernier match gagné au Palais des Sports. Il y a aussi les titres en Euroligue. Il y a le côté passion du public qui est très fort lorsqu’on joue des matchs à Bologne. Ce sont les matches d’Euroligue aussi à Pau. Ce sont toutes ces rencontres où c’est fort émotionnellement. Cette passion autour du match fait que c’est quelque chose de très particulier et très personnel.

Y a t-il des joueurs, des entraîneurs, des adversaires qui vous ont le plus marqué dans votre carrière ?

Tous les entraîneurs que j’ai croisés m’ont appris des choses. C’est évident. C’est vrai qu’avec Bologne, et Ettore Messina, on a eu des résultats, des moments qu’on a vécus qui étaient très forts. Ca s’est pratiquement bien passé avec les tous les joueurs avec lesquels j’ai joué. Ils m’ont aidé comme moi je l’ai fait. Il y a des joueurs qui étaient chacun complètement différent dans sa façon de voir les choses et dans le basket également.

Quelles sont les qualités/défauts que disaient vos coéquipiers, coachs pendant votre carrière ?

C’est difficile. Je me rappelle plus spécialement de ce que disaient les autres. Peut-être que je faisais pas trop attention à ce que disaient les coéquipiers. Après évidemment, je faisais attention à ce que pouvait dire les entraîneurs plus pour le bien du collectif et pas obligatoirement pour mon bien personnel.

Entraîner un club ne vous a pas tenté après votre carrière ?

Pas spécialement. Je suis intéressé par tout ce qui est la formation. Je pense que y a toujours la possibilité de faire mieux et des choses intéressantes. Aujourd’hui, tout l’aspect du travail au niveau des jeunes est en constante progression. J’ai pas trouvé non plus l’endroit où le faire. Rien ne m’a pour le moment attiré à ce niveau-là.

Faire de la formation à Cholet, là où tout a commencé est envisageable ?

Je sais pas du tout. Pour le moment, je vis sur l’Espagne. Je pense que c’est une bonne chose pour mes enfants d’avoir la double culture : espagnole et française. Et ce pour la langue, l’expérience de vie. Pour le moment, je suis sur l’Espagne.

Vous avez été directeur sportif du Paris Basket Racing.

(Il rectifie) Non, je n’ai jamais été directeur sportif dans ce club. C’est une erreur journalistique.

Quelle a été votre rôle exactement alors ?

J’ai été actionnaire d’une société qui elle-même était actionnaire du Paris Basket Racing. Comme le club n’avait pas les moyens de pouvoir embaucher certaines personnes, on m’a demandé d’intervenir au niveau basket et de m’occuper avec l’aval des autres actionnaires de la partie sportive, des choix des joueurs avec les entraîneurs. C’était en aucun cas pour moi un rôle de directeur sportif. Si c’était le cas, j’aurais vécu 24 heures sur 24 à Paris.

Que retenez-vous de cette expérience ?

Plutôt pas trop bonne, pas très intéressante. De la manière dont ça s’est passé, dont je l’ai faite, je ne pense pas que ça soit positif. Après j’ai compris qu’au niveau de ces expériences-là, l’aspect politique entre les personnes intervenait beaucoup au niveau du sport français. Et je me considère pas comme une personne très politique.

Quelle différence faites-vous dans l’évolution du basket masculin au niveau du jeu entre votre époque à aujourd’hui (techniquement, tactiquement) ?

Je pense qu’il y a des évolutions. Le basket évolue en fonction de la pratique. Je pense que les joueurs d’aujourd’hui sont plus développés physiquement, sont de plus en plus grands, ont plus d’envergure. Obligatoirement, le jeu évolue. Il est plus fin, moins construit, ce qui peut lui permettre d’être plus spectaculaire et plus efficace.

Et en terme tactique ?

C’est plus dans cet aspect-là que le jeu est plus simple et basé sur les rapports de force entre les joueurs. Même s'il n'y a pas de grosses grosses différences. Après, au niveau tactique, tout dépend de comment on s’entraîne au quotidien et comment les joueurs ont la capacité à reproduire lors d’un match ce qu’ils ont appris lors des entraînements. 

Vous avez joué longtemps en Pro A. La suivez-vous toujours ?

Je suis de loin. Je ne vois pas beaucoup d’images. Si je suis sur la France, et que j’ai la possibilité de voir un match, je le regarde ou je vais le voir.

On assiste à un championnat de France de Pro A irrégulier avec des champions différents en presque 10 ans. Quel est votre regard à ce sujet ?

C’est difficile d’analyser. Je pense pas que ça soit une bonne chose pour la France et le basket en général. Je pense que c’est mieux lorsque le championnat est un peu plus hiérarchisé vis-à-vis des annonceurs. Le fait d’avoir beaucoup d’étrangers au sein des équipes ne sont pas entre guillements « le top des étrangers » qu’on peut avoir en Europe, et ils sont souvent de passage pour un an ou 2 ans. Il y a un noyau dur de joueurs étrangers dans les équipes. Et beaucoup d’équipes françaises sont dépendantes de ce noyau. Ces étrangers évoluent et bougent beaucoup. Les équipes varient en fonction de cela. C’est pour cela qu’il y a beaucoup de variation.

Si on note une irrégularité dans le championnat de France, que faire pour que les clubs français brillent en Euroligue ? Les clubs ont du mal à atteindre le Top 16. On attend toujours un successeur à Limoges, vainqueur en 1995.

C’est très compliqué. La première chose que doit faire un club est de se requalifier l’année d’après en Euroligue dans le championnat français. Mais c’est quelque chose de compliquer. Même si je pense que le basket français depuis 2-3 ans, grâce aussi à l’évolution de l’équipe de France et qui trouve un peu plus de stabilité au niveau du jeu, du terrain, reste quand même en dessous du haut du panier européen en Euroligue. Cependant en Eurocoupe, je pense qu’une équipe française pourrait aller plus loin dans la compétition, de là à la gagner, je sais pas. Il y a toujours des équipes costaudes. Je suis pas sûr que cette politique d’étrangers soit une bonne chose. Même si y a plusieurs étrangers, on constate que dans les équipes, il sera très très difficile d’aller très loin dans l’Euroligue car les budgets sont énormément différents entre les grosses équipes européennes et celles françaises.

Quel regard portez-vous sur les récentes performances des équipes de France : les champions d’Europe 2013 médaillé de bronze en 2014 chez les garçons et les vice-championnes olympique 2012 et vice-championne d’Europe en 2013 ? Pensez-vous que la France va dominer sur le plan européen voire mondial sur les cinq années à venir ?

Sur les cinq années à venir c’est très long, dans les équipes de France et sélections, ça bouge très vite, ce qui est très bien justement, et ça contredit ce que je viens de dire, il y a une certaine stabilité dans le groupe France depuis quelques années. Ça permet de travailler dans la sérénité, la tranquillité et le temps. Et ça va continuer au moins jusqu’en 2016 sur ce que j’ai vu. Ensuite, ça ne veut pas dire que les autres nations ne vont pas évoluer, changer en arrivant dans des compétitions internationales. Ce groupe France mérite ce qu’il l’a. C’est le meilleur groupe France qu’il y ait jamais eu dans l’histoire je pense. Je parlerais pas seulement que sur les résultats. Les résultats sont ce qu’ils sont et très aléatoires. Il y a vraiment une équipe, un groupe en nombre de joueurs assez conséquent. Il y a quelques joueurs indispensables au niveau du jeu et de l’image de l’équipe de France. Maintenant le staff technique fait du très bon travail depuis 2-3 ans. Elle est stable, donc y a pas eu de changements. C’est une bonne chose. Elle a la possibilité vraiment de choisir parmi un certain nombre de joueurs importants et ce qui fait que ce groupe France est le meilleur de toute l’histoire.

Quels conseils donneriez-vous aux garçons et filles qui veulent effectuer une carrière comme la vôtre ?

La première chose, que ce soit dans le basket ou le sport de haut niveau ou en général, est d’avoir une capacité de travail très importante et à tous les niveaux : technique, tactique, voire mental. De plus en plus, on parle de cet aspect-là. En plus du travail et d’avoir de la dureté, jouer aussi avec passion. Prendre du plaisir, pas seulement en qui concerne les matches, mais aussi les entraînements, des séances de travail, et c’est ce qui nourrit le joueur de haut niveau.

Par rapport à votre carrière, avez-vous gardé tous les maillots que vous avez porté ?

Oui au moins un de chaque.

Et en avez-vous fait une collection ?

Ils sont rangés dans un meuble, ils ne sont pas étendus.

Vous possédez des produits dérivés ?

Non.

Quels sont vos activités en ce moment ? Etes-vous toujours dans le basket ?

Je suis pas dans le milieu du basket. Je vis en Espagne et je m’occupe de 2-3 choses dont un petit centre de soin. Mais ce n’est pas mon activité principale. J’ai des déplacements pour aider certaines personnes à pouvoir faire leurs activités au quotidien.

On va conclure cette interview avec votre mot de la fin ?

Au revoir (rires). Je dirais que le basket a été une part très très importante de ma vie. Cela a pris beaucoup de mon temps pendant un certain nombre d’années. Cela restera au fond de moi et pour toujours. Aujourd’hui, je suis un peu plus en dehors du monde du basket. Je suis spectateur. Ca veut pas dire que je reviendrais pas un jour dans ce milieu. Et cela dépendra des opportunités ou de mes envies. Et je suis très heureux dans ce que j’ai pu faire et vivre. Ca a toujours été des expériences très importantes à tous les niveaux. Ca m’a permis de me former en tant qu’homme par rapport aux différentes cultures et rencontres que j’ai pu faire au fil des ans.


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